Le bonheur des disciples de Jésus Homélie 4° dim TO A (29.01.2017)

Dimanche 29 janvier 2017 5° dim TO A St PP Colombes

Le bonheur des disciples de Jésus

Entrée en catéchuménatHier soir, 3 adultes E, J et K ont fait leur demande pour entrer dans l’Eglise. C’était une joie pour eux. C’est une belle expérience pour notre communauté d’accompagner des personnes qui demandent à mieux connaître Jésus et à entrer dans son Eglise pour y grandir dans l’amour du Seigneur et des autres en rendant service, pour apprendre à prier, tout en se formant dans un climat fraternel. Quel bonheur pour eux de voir que leur demande est prise au sérieux, que leur démarche les fait grandir. Pour eux, cela veut dire parfois beaucoup : de nouveaux repères, une nouvelle lumière qui vient éclairer leur vie, une Parole que Dieu leur adresse. Ils acceptent d’entrer dans une communauté composée de femmes, d’hommes, d’enfants et de jeunes qui ne sont pas meilleurs que les autres, mais qui acceptent de se laisser déplacer, de se convertir, de dépendre d’un Autre qui leur veut du Bien, qui les aime indéfectiblement, avant même qu’ils en aient conscience. Ce thème du bonheur rejoint aussi très fortement les couples qui se préparent au mariage qui sont présents aujourd’hui dans notre assemblée. Le mariage, une vocation au bohneurLe sacrement de mariage n’est-il pas un des chemins de bonheur que Dieu propose à la grande majorité des hommes et des femmes, même s’il y a aussi des épreuves et des difficultés ? D’ailleurs, l’évangile de ce jour est proposé pour la célébration du mariage à l’Eglise.

Ce que j’ai dit pour nos trois amis est aussi valable pour nous tous, leurs frères et sœurs aînés dans la foi, des disciples de Jésus en formation permanente : nous aussi, nous avons été appelés par Dieu. Nous aussi nous avons à vivre ce renversement de la logique naturelle pour entrer dans la logique de Dieu : c’est le chemin des béatitudes, des neuf heureux que Jésus adresse à ses premiers disciples sur la montagne. Ce dimanche, nous sommes contemporains. Nous avons écouté Jésus nous dire: heureux. Vous avez remarqué qu’il y a trois situations qui sont subies : ceux qui pleurent, ceux qui sont persécutés pour la justice et ceux qui sont insultés, persécutés ou si l’on dit faussement toute sorte de mal contre nous à cause de Jésus. Les six autres situations demandent du temps. Elles exigent tout un travail de changement, long patient, intérieur. C’est une transformation qui part d’un appel et qui demande à la fois l’aide de Dieu, sa grâce, mais aussi notre volonté, notre persévérance, et de l’endurance. C’est un processus qui est lent, un dynamisme qui nécessite que l’on y revienne : alors que tout dans notre monde nous donne comme critère de réussite la richesse et la performance, Jésus nous propose de nous faire pauvres de cœur.

Alors que tout dans notre monde incite à la violence, à des rapports de force, dans les mots, dans les gestes, Jésus nous dit que le bonheur, c’est d’être doux.

Alors que tout, dans notre monde, semble nous montrer les injustices économiques, sociales, politiques, familiales, salariales, Jésus creuse en nous la faim et soif de justice.

Alors que, dans notre monde, beaucoup croit que c’est par la vengeance qu’on peut reprendre pied après avoir été humilié, qu’il faut montrer qu’on est forts, qu’il ne faut surtout pas se laisser marcher sur les pieds, Jésus, au contraire, nous recommande d’attendrir notre cœur, Cour nouveau : coeur de pierre en coeur de chairde changer notre cœur de pierre en cœur de chair (Ez 36) pour devenir misécordieux, en aimant comme Dieu aime. L’Année de la Miséricorde que nous venons de vivre nous a tous aidés à progresser, je l’espère. Continuons dans cette logique pour que notre famille-Eglise reste « une oasis de miséricorde » (François Le Visage de la Miséricorde, n°12) ouverte à tous, à tous les blessés de la vie, à tous les mal aimés et les mal aimants.

Alors que tout, dans notre monde, nous pousse à être séduits par le mal, par les ténèbres, à être fascinés par le voyeurisme, par l’intimité qui est étalée sur la place publique aux yeux de tous, sur les écrans de télévision et les magazines, Jésus nous invite à garder notre cœur pur.

Alors que tout, dans notre monde, encourage les oppositions, les clivages, les divisions, les tensions, Jésus nous demande d’être des artisans de paix et de réconciliation, à l’intérieur de soi, avec sa propre histoire, son enfance, ses choix, avec ses parents, l’être aimé, ses enfants si on en a, au travail, dans les transports en communs et individuels, avec ses voisins.

un saumon remonte le courantNous mesurons que la logique des béatitudes nous oblige à adopter le style de vie des prophètes en allant à contre-courant dans une forme paisible de résistance spirituelle pour le bien commun, la justice et au service de la vérité. Rappelons le saumon qui vit dans a mer et qui remonte pondre dans la rivière où il est né. Nous devons être des saumons.

So 2, 3 ; 3, 12-13 ; Ps 145; 1 Co 1, 26-31 ; Mt 5, 1-12a

P. Olivier Joncour

Le bonheur des disciples de Jésus Homélie 4° dim TO A (29.01.2017)
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