Des vocations au sein d'une Eglise priante et joyeuse Homélie 4° dim TP C (17.04.2016)

Dimanche 17 avril 2016 4° dim TP C St PP Colombes Vocations

Des vocations au sein d'une Eglise priante et joyeuse

Quel est le point commun entre l’Evangile, l’extrait de l’Apocalypse, et les Actes des Apôtres ? Les auteurs commencent par l’Eglise avant de parler du ou des pasteurs, comme si c’était une indication sur l’articulation l’une par rapport à l’un. Jésus dit : "Mes brebis écoutent ma voix ; moi je les connais et elles me suivent."Dans l’Evangile, Jésus dit : Mes brebis écoutent ma voix ; moi je les connais et elles me suivent. Dans l’Apocalypse : Voici une foule immense, que nul ne pouvait dénombrer, une foule de toutes nations, tribus, peuples et langues. Ils se tenaient debout devant le Trône et devant l’Agneau. Et dans les Actes des apôtres : Une fois l’assemblée dispersée, beaucoup de juifs et de convertis qui adorent le Dieu unique suivirent Paul et Barnabé. Ce n’est pas l’Eglise pour le prêtre, mais le prêtre qui est pour l’Eglise.

Le document du Concile Vatican II sur l’Eglise (Lumen Gentium) exprime cette idée dans son plan : l’Eglise voulue par Dieu (chap. 1) ; le Peuple de Dieu (chap 2) au sein duquel Dieu appelle certains pour prendre soin et nourrir ses enfants (chap 3). Retenons que l’Eglise est première. L'Eglise est une MèreSi on parle d’elle comme une Mère comme le Pape dans son message pour cette Journée des vocations, c’est parce que c’est en Elle que naissent les vocations, qu’elles s’approfondissent, qu’Elle accompagne des vocations. Les prêtres sont donnés par Dieu à l’Eglise car Elle vit des sacrements et des grâces  que Dieu donnent. Les prêtres ne sont pas là pour tout faire, mais pour être des leaders qui en forment d’autres  qui responsabilisent les baptisés qui grandissent.

Je vous invite maintenant à fermer les yeux et à imaginer ce que Dieu a donné à St Jean de voir : Une foule immenseVoici une foule immense, que nul ne pouvait dénombrer, une foule de toutes nations, tribus, peuples et langues. Vous la voyez, cette foule ? Si vous avez du mal à vous la représenter, rappelez-vous lorsque vous êtes allé au marché, Gare St Lazare, dans rue la St Denis ou au supermarché : notre paroisse, elle est là : dans cette foule immense de ceux que nous croisons : c’est l’ensemble de la population qui est autour de nous. La paroisse, ce ne sont pas les 1700 qui viennent à la messe chaque dimanche, mais ce sont les 45 000 qui habitent le territoire ou qui viennent y travailler tous les jours. C’est énorme, vous ne trouvez pas ? Mais pour cela, il nous faut commencer par prier, par confier au Seigneur tous ces visages dont nous ne connaissons pas tous les noms mais que nous croisons à la sortie de l’école, chez les commerçants, dans les transports, dans nos activités sportives, artistiques, associatives, politiques, d’Eglise … Saisissons toutes les occasions pour un contact avec ces personnes qui sont loin et nous pourrons ensuite permettre à chacun de grandir dans sa foi, personnellement et avec d’autres, en petites équipes pour se former, prier, servir, mieux connaître Jésus pour rejoindre nos groupes de prière, se laisser saisir par le Christ et grandir en maturité. C’est envisager les choses selon un processus de croissance personnelle. Ce que nous voulons vivre, n’est-ce pas une vie motivée par l’essentiel en tant que disciple heureux de grandir, de progresser et de se fortifier. Un chemin de disciple de Jésus, c’est vivre avec d’autres

C’est être accompagné, si bien que chacun peut grandir personnellement. Ce qui est formidable c’est d’en voir d’autres grandir à leur tour parce qu’ils ont la possibilité de marcher sur ce chemin de vie et de foi ! Ce que nous pouvons expérimenter, c’est que c’est un chemin qui est bon pour chacun. C’est pour cette raison que cette foule immense se tient debout, comme des ressuscités, relevés et guéris de leurs blessures, réveillés de leur torpeur, tous dans leur diversité, devant l’Agneau, devant Jésus, devant la croix du Sauveur. Nous avançons chacun à notre rythme, à notre vitesse, selon une progression personnelle qui nous fait avancer d’étapes en étapes, mais en lien avec d’autres. Le Christ est au centre. Vous le voyez ? Jésus est au centre. Et on peut s’approcher de plus en plus de lui. C’est cette rencontre les uns des autres, à partir de ce que nous sommes, là où nous sommes que nous vivons des rencontres transforment, qui changent les cœurs, les esprits, dans un climat de fraternité, où nous prenons soin les uns des autres, en nous écoutant, en nous accueillant comme si nous arrivions pour la première fois. 

Regardons l’expérience vécue par l’Eglise de l’époque des apôtres, des Paul et Barnabé. A qui s’adressent-ils ? Paul et Barnabé à la synagogueDans un premier temps, ce sont les Juifs qui prient à la synagogue. Dans un second temps, ce sont tous les autres. J’ai bien dit, tous les autres que le Seigneur veut rejoindre. Car si nous ne formulons pas comme a priori que Jésus mort et ressuscité est une bonne nouvelle pour tous, dans notre monde désagrégé, paumé sans Dieu, déboussolé, axé sur la jouissance des autres et de soi-même. Comment toucher des personnes qui n’ont pas de limites, qui n’ont plus de repères, ne serait-ce pas en étant attentifs à tous ces paumés de l’Evangile : les Zachée qui courent après le fric, les Marie-Madeleine que l’amour tarifé dessèche, les Nicodème qui se posent des questions essentielles pour lesquelles ils ne trouvent personne pour leur donner des réponses qui comblent, des Samaritaines qui sont fatiguées d’être abandonnées et jetées comme un vulgaire mouchoir en papier. Chacun peut s’identifier à ces anonymes de l’Evangile et découvrir que ce que leur dit Jésus, il leur parle à eux aussi, ici et maintenant.

Vous avez remarqué que j’ai peu parlé des vocations. Je ne vais pas commencer une seconde homélie sur ce sujet. Cependant, nous le savons : ce n’est que si un jeune vit dans une communauté vivante, priante et joyeuse, de façon enthousiasmante, qu’il peut avoir envie de répondre positivement si Dieu l’appelle.

Ac 13, 14.43-52 ; Ps 99 ; Ap 7, 9.14b-17 ; Jn 10, 27-30
P. Olivier Joncour

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