Les sarments de la vigne Homélie 5° dim TP B (3.05.2015)

Dimanche 3 mai 2015 5° dim TP B St Pierre St Paul Colombes

Les sarments de la vigne

Dimanche dernier, Jésus s’est présenté comme le bon berger qui donne sa vie pour ses brebis. Ce dimanche, il parle de sa relation avec ses disciples qu’il compare à celle entre les sarments et la vigne.
Vigne dans la BibleJésus prononce cette parabole dans son grand discours d’A-Dieu (Jn 14-16). Il livre son testament spirituel à ses disciples et il parle de sa relation avec eux grâce à cette parabole de la vigne et des sarments. Ce thème de la vigne traverse la Bible depuis Noé (Gn 9,20). Plusieurs fois, c’est la comparaison qui est utilisée pour parler du peuple d’Israël (Ex 15,17 ; Is 5,5 ; Jr 2,21 ; Ez 15, 1-6 . 17,8 .19, 10-14 ; Os 10,1 et 14,9, Jl 1,7 ; Ps 80,9-15 ; Si 24, 1-19). Même si ces paroles sont prononcées avant sa mort, elles se rapportent, en fait, à une réalité qui vient après sa résurrection et son ascension. C’est donc bien de nous aussi que Jésus parle. L’enjeu est notre communion avec Jésus.
L'amour de Jésus, c'est la sève de la vignePlus que de relation, il s’agit de croissance. La croissance de la vigne se vérifie aux sarments et aux fruits qu’elle porte, c’est-à-dire aux grappes de raisins. Quelle est donc cette sève qui part du cep et qui irrigue chaque sarment ? Quel est cet amour qui part de Jésus et qui bat dans le cœur de chaque disciple ? Cette sève-amour, c’est l’amour du Père dont Jésus a été aimé, et dont il nous a aimés (Jn 15,9). Autrement dit, ce n’est pas un amour que l’on met en réserve, mais c’est un amour qui doit circuler, un amour reçu qui est fait pour être donné à son tour. Comme l’amour que les enfants reçoivent de leurs parents, non pas tant pour que les enfants les aiment en retour, car chaque enfant aura toujours une dette qu’il ne pourra jamais rembourser à ses parents, si ce n’est en aimant à son tour d’autres dans de belles amitiés, des amitiés vraies et heureuses, et, plus tard, en aimant de façon pleine et entière l’homme ou la femme de sa vie. L’Amour trinitaire n’est pas autolâtrie, mais il se communique pour devenir amour fraternel au niveau de l’Eglise et de la famille, amour conjugal au niveau du couple, amitié entre amis. Cette sève-Vie, c’est la Vie éternelle du Père dont Jésus vit et qu’il donne. Ce qui vivifie toute la Vigne, c’est sa Vie à Lui, son Sang donné pour tous. « Qui boit mon sang demeure en moi et moi et en lui. » (Jn 6,56).
sarmentAdmirons tous les beaux sarments que Jésus a donnés à l’Eglise et au monde, tant de saints connus et inconnus. Regardons aussi autour de nous et rendons grâce au Seigneur pour ce dont nous sommes les témoins. Quand nous sommes parents ou grands-parents, apprenons à voir dans chacun de nos enfants ou petits-enfants ce qui grandit et se fortifie de la logique de l’Evangile et du Royaume de Dieu, comme le pasteur essaie de le faire pour la communauté qui lui est confiée. Il nous arrive même parfois de voir par avance les fruits qu’un jeune sarment donnera à plus ou moins long terme. Un sarment qui porte du fruit aime en actes et en vérité.
Si notre communauté n’est pas nourrie elle-même de l’amour du Christ, de sa miséricorde, de sa Parole, de ses sacrements, de l’Eucharistie, elle se dessèche. Au contraire, si elle est nourrie de l’intérieur, si non seulement elle annonce mais aussi elle vit la logique de l’Evangile à la suite de Jésus, si elle aime en paroles en apportant des mots de réconfort, d’encouragement à tous ceux qui sont fatigués et épuisés à force de courir après le néant, à force d’être conduits dans des impasses, si elle aime en actes en prenant la défense de ceux à qui on enlève même le si peu qu’ils ont, comme le prophète Amos en son temps, alors la croissance de l’Eglise se fait de proche en proche dans la paix.
Barnabé baptise PaulDans cette croissance, le témoin joue un rôle important : il authentifie la vérité de la démarche : c’est le rôle d’Ananie par rapport pour la communauté chrétienne de Damas que Saul venait persécuter (cf Ac 9, 10-18) ; juste après, c’est le rôle joué par Barnabé par rapport au même Saul pour la communauté chrétienne de Jérusalem. Ananie puis Barnabé se portent garants de l’authenticité de sa rencontre avec le Seigneur et du témoignage qu’il Lui a rendu à Damas. Le persécuteur devient le persécuté. Ce n’était pas sans risque ni sans danger : en effet, cela aurait pu donner l’impression de laisser entrer le loup dans la bergerie.
La croissance, c’est avant tout chercher celle de chaque personne, ce qui a pour conséquence, celle de l’Eglise : pourquoi, alors, ne pas inviter à la messe, dimanche prochain, au moins une personne qui n’y est pas venue depuis longtemps, pour lui permettre de se laisser à nouveau nourrir par le Ressuscité ?

Ac 9, 26-31 ; Ps 21 ; 1 Jn 3, 18-24 ; Jn 15, 1-8
P. Olivier Joncour

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