Quel coeur ! Homélie Toussaint 2018 (1.11.2018)

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Jeudi 1° novembre 2018 Toussaint Sacré Coeur, Colombes

Quel coeur !

Au printemps dernier, le Pape François a publié un texte sur l’Appel à la sainteté dans le monde actuel, "Réjouissez-vous et exultez !" Ce titre est marqué par la joie comme d’autres écrits : La joie de l’Evangile et La joie de l’Amour.

Chapitre 3 de Gaudete et Exsultate : commentaire sur les béatitudes

C’est dans le chapitre 3 que le Pape commente chaque heureux, placés au début du premier discours de Jésus dans l’évangile selon St Matthieu. L’homme et la femme ont été créés par amour. Ils sont faits pour la joie et le bonheur. Nous avons été créés pour la joie et le bonheur. Plusieurs chemins en parallèle existent pour une même direction. Avez-vous remarqué la diversité des heureux ?

Qui s’est fait pauvre de coeur ? Quel coeur a pleuré ? Quel coeur a choisi la douceur plutôt que la violence ? Quel coeur a recherché la justice ? Quel coeur a été miséricordieux, c’est-à-dire qu’il a pardonné car il battait de l’amour de Dieu ? Quel coeur était pur ? Quel coeur était rempli de paix ? Quel coeur a été persécuté pour la justice ? Quel coeur a été insulté, persécuté et contre lequel a-t-on dit toutes sortes de mensonges ? C’est le coeur de Jésus ! A Paray-le-Monial, Jésus a révélé à Ste Marguerite-Marie son immense amour qui est représenté par le Sacré Coeur, le nom de cette église. Au-delà des représentations qu’on peut aimer ou pas, c’est un coeur qui bat et aime de l’amour de Dieu. Et quand le Père Gérard accueillait des personnes qui s’étaient éloignées de l’Église, quand il les écoutait, c’est aussi ce coeur de Jésus qui aimait chaque personne, comme ce qu’un jeune homme riche de l’évangile qui a senti le regard aimant de Jésus se poser sur lui (cf Mc 10,21).

C’est donc un programme de vie pour un disciple de Jésus envoyé témoigner en actes et par ses paroles. De quoi s’agit-il ?

Les béatitudes sur les marches de l'église MEEI, par James Emery de Douglasville (USA) under CC BY 2.0.

- les pauvres de coeur apprennent à aimer en prenant Dieu comme exemple
- ceux qui pleurent le font par compassion, ou sur leur propre misère, ou sur leurs péchés lorsqu’ils ont réalisé qu’ils étaient tombés si bas et que le Seigneur Jésus était venu les chercher si loin sur la croix.
- les doux rejettent la violence, la haine et un esprit de supériorité
- les affamés et assoiffés de justice rejoignent un élan vital et un instinct de survie en dénonçant les injustices économiques, politiques, financières, judiciaires, morales, pas seulement pour eux, mais pour tous !
- les miséricordieux cherchent à aimer au-delà du mal qu’on leur a fait : ils aiment les autres comme Dieu et ils pardonnent.
- les coeurs purs agissent de façon désintéressée, sans calcul, sans désir de manipuler ou posséder l’autre comme un objet.
- les artisans de paix cherchent le dialogue et favorisent la compréhension sur des sujets qui opposent, plutôt que la guerre qui ne résout rien.

Asia Bibi a été innocentée et libérée

- les persécutés, comme Asia Bibi, cette jeune chrétienne pakistanaise dont nous avons appris hier qu’elle avait été reconnue non coupable des accusations de blasphème et qu’elle avait été libérée, mais il y en tant d’autres de par le monde.

 

 

Une seule personne a rarement l’occasion de vivre toutes les dimensions. Et ceux qui sont reconnus comme saints, c’est qu’ils ont vécu comme Jésus, un ou plusieurs de ces heureux. Ils ne sont pas devenus saints au ciel. Ils l’étaient déjà de leur vivant, ici sur cette terre. Et ce n’est pas réservé à une élite. Le pape François parle de la sainteté des gens ordinaire : celle des parents (n°7), d’une grand-mère (n°14), de sa voisine d’immeuble ou de maison (cf n°6). On pourrait continuer avec son voisin ou sa voisine de banc à l’église.

Comme c’est un choix et qu’il n’est pas possible de vivre toutes ces dimensions en même temps, on aurait tendance à ne rien choisir. J’ai trouvé un texte qui n’a pas été gardé dans l’évangile et qui dit que, même pour les premiers auditeurs, ce n’était pas si simple :

« Alors Simon-Pierre dit : ‘Est-ce qu’on doit apprendre tout ça ?’
André dit : ‘Est-ce qu’il fallait l’écrire ?’
Philippe dit : ‘J’ai pas de feuille.’
Jean dit : ‘Les autres disciples n’ont pas eu à l’apprendre, eux !’
Barthélémy dit : ‘Est-ce qu’on l’aura en devoir ?’
Jacques dit : ‘Est-ce qu’on sera interrogé sur tout ?’
Marc demanda : ‘Est-ce que ce sera noté ?’
Matthieu qui voulait descendre de la montagne dit : ‘Je peux aller aux toilettes ?’
Simon le Zélotte demanda : ‘Quand est-ce qu’on mange ?’
Judas dit enfin : ‘Vous avez dit quoi après pauvres ?’
Alors un grand prêtre du Temple s’approcha de Jésus et lui demanda : ‘Quelle était la problématique ? Quels étaient les objectifs et les savoir-faire mis en œuvre ? Pourquoi ne pas avoir mis les disciples en petits groupes pour des exercices pratiques ?’
Jésus s’assit et pleura. »

Chemin de sainteté à la suite du Christ Jésus

Choisissons donc un des heureux pour cette année et demandons à l’Esprit Saint l’inventivité et l’audace de le vivre. Une fois chez vous, écrivez-le dans un lieu bien en évidence. Continuons à marcher sur le chemin de la sainteté qui est pour tous : il est beau, il est grand, il nous fait partager le chemin que Jésus a lui-même emprunté sur cette terre, il nous fait devenir comme Lui !

Ap 7, 2-4.9-14 ; Ps 23 ; 1 Jn 3, 1-3 ; Mt 5, 1-12a

P. Olivier Joncour

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