Trois en Un Homélie Trinité B 2012.06.03

Dimanche 3 juin 2012 Trinité B St Etienne St Henri Colombes

 

Trois en Un

 

Hier, j’ai passé toute la journée avec les 84 collégiens de 5° de Colombes pour leur retraite de profession de foi. Ils ont pris le temps d’approfondir chacune des phrases du Symbole des apôtres. Dimanche prochain, à St Pierre St Paul et dans deux semaines au Sacré Coeur, la plupart d’entre eux professeront la foi de l’Eglise. Ce que beaucoup ont découvert, c’est qu’au-delà des affirmations, c’est dans une relation profonde et vraie avec le Dieu trois fois saint qui leur est proposée. Ils ont aussi pris conscience que c’était à chacun d’eux de répondre, personnellement, et que s’ils le faisaient, cela était possible parce qu’e d’autres avant eux avaient dit ce « je crois en Dieu », jusqu’au martyre pour certains.

 

Le signe de la croix

Chaque messe, commence par cette formule du baptême « Au nom du Père et du Fils et du St Esprit ». Cette formule n’est pas une invention de l’Eglise, mais nous vient de Jésus ressuscité, comme nous l’avons entendu dans les derniers versets de l’Evangile de St Matthieu. De toutes les nations faites des disciples, baptisez-les au nom du Père, et du Fils, et du Saint Esprit. La bénédiction finale nous fait aussi dessiner le signe de la croix de la tête au nombril et de l’épaule gauche à la droite.

Lorsque nous prions seuls, celle-ci peut être encadrée par ce même signe et ces paroles. Nous nous décentrons de nous-mêmes. Au début et à la fin de la prière. Mais il nous prendre le temps de mieux connaître Celui que l’Eglise et les théologiens ont désigné sous le mot de Trinité, un mot absent, en effet, du Nouveau Testament.

 

Les 3 premières lectures nous éclairent sur le Dieu unique :

null1° lecture : à un moment difficile pour le peuple d’Israël, Moïse le met face à tout ce que le Seigneur notre Dieu a fait, depuis la création jusqu’à la sortie d’Egypte, en passant par l’épisode du buisson ardent. Est-il un peuple qui ait entendu comme toi la voix de Dieu parlant du milieu de la flamme, et qui soit resté en vie ? Est-il un dieu qui ait entrepris de se choisir une nation, de venir la prendre au milieu d'une autre, à travers des épreuves, des signes, des prodiges et des combats, par la force de sa main et la vigueur de son bras, et par des exploits terrifiants — comme tu as vu le Seigneur ton Dieu le faire pour toi en Égypte ?

Le psaume que nous négligeons trop souvent, pendant lequel nous sommes moins concentré, comme une pause que nous nous offrons lors de la publicité entre deux émissions télévisées, est centré sur le Fils de Dieu, la Parole de Dieu : elle est droite, la parole du Seigneur, il est fidèle en tout ce qu’il fait. Le Seigneur a fait les cieux par sa parole. Il parla et ce qu’il dit exista.

nullLa 2° lecture, cet extrait de la lettre de St Paul aux Romains, est une méditation sur l’Esprit Saint, le même qui est venu sur Marie après l’annonciation (Lc 1), le même qui est descendu sur Jésus sous la forme d’une colombe lors de son baptême dans le Jourdain (Mc 1), le même qui est descendu sur l’Eglise lors de la Pentecôte (Ac 2). Ici, il n’est pas tant question des 7 dons de l’Esprit, mais de l’Esprit de filiation, l’Esprit d’adoption filiale reçu au baptême. L'Esprit que vous avez reçu  […] est un Esprit qui fait de vous des fils ; poussés par cet Esprit, nous crions vers le Père en l'appelant : « Abba ! » C'est donc l'Esprit Saint lui-même qui affirme à notre esprit que nous sommes enfants de Dieu.

 

Lors de l’envoi des apôtres, Jésus fait découvrir l’unité des trois personnes divines dans la formule reprise par l’Eglise pour le baptême. Pour l’expliquer dans sa catéchèse, fort de son don d’observation, l’évêque irlandais St Patrick utilisait un trèfle à 3 feuilles : chacune représente l’un des Trois et la fleur qui est une. Ou pour le dire autrement, il y a l’Aimant, Dieu le Père, l’aimé, le Fils unique, unis dans leur amour commun, l’Esprit Saint.

Dans cette révélation, nous découvrons que Dieu est relation, qu’Il est communion, qu’il est solidaire et n’est pas solitaire.

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Et depuis 2000 ans, l’Eglise fait l’expérience que Dieu continue à être fidèle à ses promesses, comme il l’a été pour Israël. Une des prophéties d’Isaïe concernant le Messie (Is 7,14) est son nom en forme de mission et que l’évangéliste St Matthieu a reprise au début de son Evangile (Mt 1,23) : l’Emmanuel que Jésus explicite dans le dernier verset de l’Evangile : Et moi, je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin des temps. Et rappelons-nous que Dieu n’est pas un danger pour l’homme mais plutôt la condition pour qu’il existe !

 

Dt 4, 32-34.39-40 ; Ps 32 ; Rm 8, 14-17 ; Mt 28, 16-20

P. Olivier Joncour

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