Liant, esprit d'équipe, communion à domicile et pain béni Homélie St Sacrement Corps et Sang du Christ C (22.06.2025)
-
Dimanche 22 juin 2025 St Sacrement du Corps et du Sang du Christ C St Jean des Grésillons Gennevilliers
Liant, esprit d'équipe, communion à domicile et pain béni
Que fait Jésus ? Jésus a travaillé toute la journée : il a enseigné et guéri des malades. Pour le ménager, les Douze veulent l’arrêter. Il a besoin de repos. Les Douze ont besoin de repos. La foule anonyme a besoin de repos. Jésus les fait passer de leur demande de renvoyer la foule à la distribution de ce que Jésus a donné pour la nourrir. Il a changé leur coeur en les obligeant à se décentrer d’eux-mêmes pour être attentifs à ceux qui étaient présents en se mettant à leur service. La foule a écouté et été guérie. La foule devient 5000 hommes à répartir en 100 groupes de 50. Ils ont mangé à leur faim.
/image%2F1489074%2F20250623%2Fob_55e839_5-pains-et-2-poissons-jpg-770x433-q85.jpg)
La seule chose importante dans ce pique-nique géant, ce sont les 5 pains et les 2 poissons du début : il les prit, les yeux levés au ciel les rompit = multiplication ou division. Nul ne sait. L’essentiel est ailleurs. Le Seigneur connaît les besoins, nos besoins. Comme les hébreux pendant les 40 ans désert avec la manne donnée chaque jour, le Seigneur nourrit son peuple. Jésus partagea ce qu’il avait puis il implique ses proches : il les donna aux disciples pour qu’ils les distribuent à tous. Et là aussi, il y a des restes : 12 paniers comme le nombre des tribus d’Israël. Un panier aussi par apôtre.
/image%2F1489074%2F20250623%2Fob_10c1ae_st-jean-mur-drapeaux.jpg)
Pour construire ce mur de briques, qu’a-t-il fallu ? Il fallait un liant, comme c’est le rôle du ciment de les relier les unes aux autres, les unes à côté des autres, et les unes sur les autres. Pour construire un lien entre les peuples et les pays dont les drapeaux sont sur le mur du fond du choeur, que faut-il ? Plus qu’une volonté humaine! Tous les essais de communauté mondiale, comme lors de la construction de la tour de Babel (Gn 11) ou l’Organisation des Nations Unies, ONU, sont difficiles voire impossibles. Et même à un niveau plus petit, cela reste toujours un défi.
/image%2F1489074%2F20250623%2Fob_cc59d5_1200-l-psg-luis-enrique-assure-qu-il-s.webp)
Dans une sizaine, une peuplade, un équipage quand on est scout, une équipe de football, de basket ball ou de handball, il faut des bons joueurs qui sachent jouer collectif, avec un esprit d’équipe. C’est ce qu’a réussi à créer Luis Enrique, l’actuel entraîneur du PSG : il a su insuffler un esprit d’équipe ce qui a permis à ‘équipe de remporter la Ligue des Champions face à l’Inter Milan il y a quelques semaines. Il place tous les joueurs au même niveau, sans faire de différences entre les stars et les autres joueurs. Et ce qu’on peut dire du scoutisme ou d’une équipe sportive, on peut le dire, a fortiori, pour l’Église qui n’est pas un club ni une association. Son coach, c’est le Christ. Tous les joueurs sont sur le terrain autrement dit, nous sommes tous sélectionnés.
Cette unité ne peut pas venir de nous. C’est un horizon, une espérance, un don qui ne peut venir que de Dieu. Comment être unis et le rester comme dans une famille où c’est déjà si difficile ? Le secret qu’il ne faut surtout pas garder pour nous, c’est l’eucharistie : Sans la communion au Corps du Christ, l’Église avec la diversité de ses membres en âge, en origine aurait déjà disparu. La prière ensemble, l’Eucharistie, la prière du Notre Père forment l’Église, la transforment. Nous sommes une famille. Demandons cette unité sans jamais penser que ce sont toujours les autres qui doivent changer. Si je ne commence pas par me laisser changer par le Seigneur, par sa grâce, c’est trop facile de tout attendre des autres et rien de soi.
Recevoir ce sacrement de la communion, de l’unité nous engage. Qui divise ne cherche pas l’unité. Qui cherche à jouer seul, sans son équipe, qui cherche à se faire remarquer, va dans le mur, alors qu’il devrait s’appuyer sur les autres et mettre leurs talents en valeur au service de l’équipe, de telle sorte que le résultat final soit plus que la somme des talents individuels. De quoi d’autre avons-nous besoin ?
Nous avons besoin de suivre des formations comme plusieurs l’ont vécu pendant les vendredis de Carême et le Parcours Alpha, d’entraînement, d’endurance, de silence pour méditer et parler coeur à coeur et des chants de louange joyeux, profonds pour prier le Seigneur tous ensemble, avec nos voix d’enfants, d’hommes et de femmes. Nous avons besoin de vivre des moments de fraternité. Nous avons besoin de servir. Nous avons besoin de raconter, de témoigner. Comme aux Douze, le Seigneur nous demande de faire pour d'autres ce qui semble impossible à vue humaine ; en fait, il le réalise pour nous et avec nous. Le Seigneur se sert de nous pour rejoindre d’autres.
C'est tellement important que nous ne pouvons pas oublier les plus âgés qui ne peuvent pas nous rejoindre car trop malades ou qui ne peuvent se déplacer ou qui vient en maison de retraite. C'est pourquoi il est si important de porter la communion à domicile. Plusieurs le font déjà toutes les 2 semaines à la Maison de retraite du quartier, les Cytises, et à l’hôpital St Jean quand il y a une demande. Avez-vous déjà écouté Emile raconter ses visites à la personne qui habite juste en face de l'église et sa joie? Il y a 2 jours, Jean-Rachid que j’ai rencontré dans la rue m’a parlé d’une personne très âgée qui ne peut plus sortir de chez elle et à qui il faudrait apporter l'Eucharistie. C’est un très beau service. Quand la personne n’a pas pu regarder la messe à la télévision, on écoute ensemble l’Evangile et on partage des intentions de prière. Cela fait un bien fou à la personne visitée ainsi qu’à la personne qui va la visiter.
/image%2F1489074%2F20250623%2Fob_60e553_benediction-pain.jpg)
Ce jour-là, tous ont mangé. Pour que personne reste sans manger, nous reprendrons aujourd'hui la tradition du pain béni comme à Taizé. Je dirai une prière sur le pain que pourront recevoir et manger les personnes qui ne sont pas baptisées ou qui ne communient pas ou ne peuvent pas communier.
Gn 14, 18-20 ; Ps 109 ; 1 Co 11, 23-26 ; Lc 9, 11b-17
P. Olivier Joncour
