Les pauvres, acteurs de l'Eglise Homélie 33° dimanche du temps ordinaire A (19.11.2017)

Dimanche 19 novembre 2017 33° dim TO A St PP Colombes

Les pauvres, acteurs de l'Eglise

Etienne Villemain a inspiré au Pape la Journée Mondiale des Pauvres

En cette 1° Journée Mondiale des pauvres créée par le Pape François sur l’idée d’un Français, Etienne Villemain qui a créé l’association Lazare et la Maison pour l’Amitié, où vivent en colocation des jeunes professionnels, et des personnes qui ont vécu dans la rue, je me suis mis dans la peau d’un pauvre qui entendrait pour la première fois cette parabole de Jésus.

Dans cette parabole, nous faisons plusieurs découvertes :

La maître confie des talents à ses serviteurs

- Le maître confie des talents à ses serviteurs : il les leur remet pour qu’ils en fassent quelque chose, pour qu’ils s’en servent ! Il les leur confie, autrement dit : il a suffisamment confiance en eux si bien qu’il le fait : il ne fait pas semblant ! Ce n’est pas non plus un jeu : c’est la vie ! c’est la foi de Jésus dans les hommes, ses frères et sœurs humains. Ces talents, c’est une somme d’argent importante. Cela peut aussi représenter des talents sportifs, artistiques. Avons-nous déjà repérés quels talents nous avons reçus ?

Les serviteurs rendent compte de leur gestion des talents reçus

- A son retour, le maître demande à chaque serviteur de rendre compte de sa gestion, un par un. Dans ce que nous avons reçu, sommes-nous attentifs à la manière de les faire grandir, se développer, de les faire progresser, tout ces talents dont nous ne pouvons tirer orgueil car nous les avons reçus de Dieu et que c’est par notre collaboration à sa grâce qu’ils ont pu se fortifier, se renforcer et finalement être mis au service des autres. N’attendons pas le retour du maître pour être attentifs à la manière dont chaque talent reçu peut grandir.

N'enterre pas ce que tu as reçu : ton amour, ta vie, ta foi, ton espérance, ...

- Chez les serviteurs à qui le maître a remis les talents, nous voyons deux types d’attitudes : d’un côté, ceux qui ont compris que le maître leur faisait confiance. Ceux-là osent, font preuve d’audace. Ils ont sûrement aussi compris qu’ils avaient un droit à l’erreur. Mais au moins, ils ont essayé ! De l’autre côté, il y a celui qui a eu peur, qui a été paralysé au point d’aller enterrer le talent reçu. Il a eu trop peur de tout perdre et de se faire gronder comme un petit enfant. D’où cela vient-il ? J’ai l’impression qu’il y a une différence entre l’image qu’il a de son maître et ce qu’il est réellement. Nous aussi, nous avons parfois des idées reçues, des fausses représentations de Dieu. Et sur ces images faussées, nous avons alors raison d’être athées, c’est-à-dire de refuser cette idée de Dieu qui n’est pas le vrai Dieu. Mais nous ne pouvons pas en rester là : nous devons réellement et vraiment nous mettre à l’écoute de ce qu’Il dit sur Lui, de ce que nous découvrons sur lui à travers ce qu’il fait, de ses réactions, … en lisant et méditant la Bible.

La reconnaissance est un moyen puissant pour fortifier les relations humaines

- Pour les deux qui ont osé, nous voyons que le maître a su leur exprimer sa reconnaissance. Il n’agit pas comme un professeur qui distribuerait les bons points et les images. Non, il sait reconnaître ce qu’il attendait et surtout, il le dit. Il ne fait pas que le penser dans sa tête. Et il invite à partager sa joie, ce qui lui donne confiance dans ses serviteurs. N’est-ce pas ce que font aussi des parents vis-à-vis de leurs enfants qui se sont surpassés, ou qui sont allés au-delà de ce dont ils se pensaient capables. « C’est bien mon chéri ! Continue comme cela. Je suis fier de toi ! » Et également dans son couple lorsque l’on voit la personne que l’on aime réussir, faire des progrès, … Et comme curé, j’en profite pour féliciter tous ceux qui se lancent dans un nouveau service cette année, ou ceux qui ont accepté une responsabilité dont ils pensaient que le costume qu’ils allaient endosser était trop grand pour eux, jusqu’à comprendre que le Seigneur les conduit et leur permet de s’étoffer, de prendre de la carrure au point que le costume qui semblait bien trop grand devient le nôtre au bout d’un certain temps. Et ce n’est pas parce que le costume aurait rétréci au lavage !

Journée Mondiale des pauvres

En cette 1° Journée mondiale des pauvres, je me dis que nous sommes tous le riche d’un autre : qu’est-ce que je lui confie comme responsabilité en tenant compte de ses possibilités, de ses capacités et faire en sorte qu’il puisse réussir ? La tentation est alors grande de vouloir le faire seul ou à sa place et de ne pas lui laisser prendre ses responsabilités, même si ce sera fait autrement. L’aider, ce n’est pas alors le faire à sa place ni pour lui, mais le faire avec lui, à ses côtés : lui montrer pour qu’il prenne confiance et le fasse à son tour, seul !

Nous pouvons aussi être le pauvre d’un autre. Est-ce que je fais suffisamment confiance à celui qui me demande quelque chose qu’il croit possible, alors que moi, je manque encore de confiance en moi, que je ne vois pas encore bien comment cela va se réaliser, … ? La tentation est de penser que l’autre veut me piéger, qu’il veut me conduire à l’échec pour m’humilier. Cela peut arriver si l’autre est manipulateur, pervers, … Mais si nous savons que l’autre a une bonne intention, allons-y et nous pourrons aussi tirer des leçons de nos erreurs, de nos échecs. C’est la vie ! C’est de la mort que jaillit la résurrection. C’est de l’hiver que sort le printemps ! C’est de la nuit que jaillit l’aube !

Pr 31, 10-13.19-20.30-31 ; Ps 127 ; 1 Th 5, 1-6 ; Mt 25, 14-30

P. Olivier Joncour

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