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De Jérusalem à Emmaüs avec le Ressuscité Homélie 3° dim de Pâques A (19.04.2026)

3° dimanche de Pâques A sainte Marie-Madeleine Gennevilliers

De Jérusalem à Emmaüs avec le Ressuscité

Qui n’a jamais été triste à l’occasion de la mort d’un ami, d’un parent, d’un frère ou d’une sœur ? Que l’on soit chrétien, juif, musulman, bouddhiste, agnostique ou athée, les larmes sont le langage partagé par toute l’humanité lors de la perte d’un être proche et cher. Y compris pour Jésus de Nazareth, mort crucifié. Encore plus pour celles et ceux qui avaient tout quitté pour le suivre. Encore plus pour les disciples qui savaient qu’il était innocent. Et donc le chagrin était encore plus important pour eux vis-à-vis de lui !

Jésus disciples Emmaüs

Et c’est là que nous assistons à l’inimaginable : Jésus ressuscité rejoint incognito ceux qui sont éprouvés, dans le deuil. Il sait le chagrin que c’est de perdre un ami, comme c’est arrivé pour son ami Lazare, le frère de Marthe et de Marie (cf Jn 11,33), comme nous l’avons entendu le 5° dimanche du Carême. Jésus se fait proche discrètement, sans forcément être reconnu, ou par l’intermédiaire d’une autre personne. Jésus pose les questions pour faire avancer la conversation et la réflexion personnelle : de quoi discutez-vous en marchant ? Et un peu plus loin : quels événements ? Et comme pour ces deux disciples mis en confiance, même s’ils sont étonnés que cet homme soit passé complètement à côté de ce qui vient de se passer à Jérusalem, lorsque nous sommes concernés, nous pouvons tout lui raconter dan la prière, à commencer par nos espérances déçues. Il est le Dieu qui écoute. Le Dieu qui marche à nos côtés. Il avance à notre rythme, à notre vitesse. Même si nous sommes lents ! Le principal est de marcher ensemble.

Jésus est le Dieu humble qui ne s’impose pas, qui est patient, qui nous laisse le temps de mettre des mots sur ce que nous vivons – c’est l’importance de ce petit exercice de la relecture de notre journée que nous pouvons faire chaque soir pour rechercher ce qui nous a marqués et les signes de la présence du Seigneur dans nos rencontres. Après avoir reconnu Jésus, les deux disciples se souviendront que leur coeur était brûlant.

Lire la Bible : ^pourquoi et comment ? (Alpha)

Après avoir longuement écouté, Jésus prend la parole. St Luc ne nous rapporte pas ce qu’il a dit. Mais Jésus a invité ses deux compagnons à vivre une randonnée biblique : à parcourir toute la Loi et les Prophètes pour découvrir ce qui le concernait. Jésus tisse des fils entre des annonces et ce qu’il a vécu pour l’accomplir. C’est ce long travail, avec l’aide du St Esprit, que les apôtres et l’Église ont fait et continuent de faire. On le retrouve de façon très concrète dans l’évangile selon saint Matthieu, dans le discours de St Pierre le jour de la Pentecôte dont nous avons écouté un extrait. Les Pères de l’Église le font de façon savoureuse. Nous ne pouvons donc pas faire l’économie de lire la Parole de Dieu, pas seulement le Nouveau Testament, mais aussi le Premier. Et comme l’a écrit saint Jérôme, « ignorer les Ecritures, c’est ignorer le Christ ». Nous avons tous fait l’expérience qu’il est facile d’ouvrir Bible, mais compliqué de s’y retrouver : on est vite perdu ou on se décourage au bout de quelques chapitres. C’est pourquoi il est important de ne pas rester seul, de rejoindre un groupe de partage comme il en existe dans la paroisse. Et en guise d’introduction générale, je vous invite tous à venir à 16h30 à ND des Agnettes à la réunion d’Alpha dont le thème est « Lire la Bible : pourquoi et comment ? ». C’est la base comme dans la collection des livres avec un sujet « pour les nuls ». Cela fait toujours du bien de réviser et de compléter ses connaissances : c’est cela la formation permanente.

Au sein de notre paroisse et de l’Église, nous continuons ce que le Christ a fait : c’est la mission de l’équipe d’accompagnement des familles en deuil. Par l’écoute des proches qui racontent la vie du défunt, nous cherchons à reconnaître ce qui était évangélique. Dan un second temps, nous préparons la célébration qui n’est pas forcément une messe. Le lectionnaire des obsèques à l’église propose une grande diversité de textes bibliques en lien avec l’espérance en la résurrection de morts : dans la Bible juive, les Paumes et le Nouveau Testament. Au cours de la célébration, c’est l’occasion de faire un bout de chemin avec la très grande diversité des personnes présentes et d’annoncer que Jésus qui était mort a été ressuscité, point d’appui de l’espérance en la résurrection de la chair et la vie éternelle.

Le récit continue : les 2 endeuillés invitent l’inconnu à rester un peu plus. Et la reconnaissance du Ressuscité ne se fera pas par la vue, ni par le son de la voix comme pour Marie-Madeleine (Jn 20,16), ni par les plaies de la crucifixion comme Thomas (Jn 20,27-29) mais par un geste posé et reconnu : la fraction, le partage du pain, après la prière.

Jésus est le Dieu inattendu par son incarnation et par sa proximité avec tous dont les grands pécheurs et les oubliés de la société. A fortiori par sa résurrection ! Jésus a rejoint d’une façon personnelle et originale chaque personne qui demande le baptême ou qui revient à l’église après une période d’absence ou d’éloignement. Il nous connaît très bien et sait nos blessures, nos manques y compris celle dont nous n’avons parlé à personne. C’est cela qui prouve sa divinité et qu’il est surtout l’Ami qui nous veut du bien !

Ac 2, 14.22b-33 ; Ps 15 ; 1 P 1, 17-21 ; Lc 24, 13-3

P. Olivier Joncour

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