Procès de Jésus sur la croix Homélie 2013.11.23 Dim Christ Roi C

Dimanche 24 novembre 2013 Dim du Christ Roi C Messes en famille, St Etienne St Henri St Pierre St Paul, Colombes

    Le procès de Jésus sur la croix 

Nous venons d'écouter le récit de la crucifixion de Jésus, et les différentes réactions que cela provoque. Combien de fois dessinons-nous le signe de la croix entre le chant d'entrée et celui de sortie ?

5 fois : la première fois après le chant d'entrée et la dernière, c'est la bénédiction finale, avant le chant final. Et entre les deux, il y a les 3 croix sur le front « Seigneur, ouvre mon esprit et mon intelligence », sur les lèvres « Seigneur, ouvre mes lèvres pour que je sache te répondre et témoigner de ta Bonne Nouvelle » et sur le cœur « Seigneur, ouvre mon cœur pour que je sache partager et aimer comme toi, c’est-à-dire jusqu’au bout ». 

Oreiller qui disperse ses plumesRicaner, se moquer, injurier ; comme les rumeurs que l’on colporte et auxquelles nous participons aussi. Un jour, une femme est venue rencontrer un prêtre pour demander pardon à Dieu parce qu’elle disait des choses méchantes sur les autres. Le prêtre lui proposa de prendre un oreiller, de l’ouvrir et d’en sortir les plumes, puis de revenir le voir la semaine suivante. C’est ce qu’elle fit. La semaine suivante, le prêtre demanda à la femme de ramasser toutes les plumes et de les remettre dans l’oreiller. La femme répondit : « Mais c’est impossible, elles sont toutes dispersées, certaines se sont envolées. » La femme en conclut alors : « Je comprends que je ne peux pas réparer les conséquences des méchancetés que jai dites ! »

    Jésus en croix, les deux malfaiteurs, les chefs, les soldats romainsLe récit ressemble à un procès : d’un côté, on trouve les accusateurs, les chefs, les soldats romains, l’un des malfaiteurs. Les uns ricanaient, les autres se moquaient de lui, le dernier l’injuriait. Jésus les laisse parler. Il ne se défend. Il ne répond rien. Il garde le silence. De l’autre côté, Jésus trouve en l’autre malfaiteur un avocat qui a pris sa défense : lui, il n’a rien fait de mal. Il adresse ensuite une demande à Jésus. C’est à lui seul que Jésus répond.

Bienvenue au paradisVous imaginez la tête des anges lorsque le second malfaiteur est arrivé au Paradis ! Ils ont dû être très surpris ! Vous imaginez la scène : la grande banderole « Bienvenue au paradis ». S’il y a de place pour lui, il doit y en avoir pour beaucoup d’autres qui n’étaient pas des enfants de chœur, beaucoup d’autres à qui on n’aurait pas donné le bon Dieu. Et pourtant, si on se rappelle l’Evangile de St Luc, Jésus ne s’est-il pas déjà invité chez le collecteur d’impôts Zachée, à Jéricho (Lc 19, 1-10) ? N’a-t-il pas raconté les paraboles de la brebis perdue et retrouvée, de la pièce perdue et retrouvée, du fils cadet accueilli chez son père après l’avoir abandonné (Lc 15) ?

Mais Jésus n’est pas ce Dieu mal connu qui nous prend tout le temps à contre-pied ? Il n’est pas le roi qui fait sentir sa toute-puissance à ses sujets. Il est le roi serviteur qui prend soin de son peuple : les malades, ceux qui ont fait du mal aux autres, ceux qui travaillent pour les Romains.

Il n’est pas le roi qui est à la tête d’une armée qui va combattre ceux qui ont envahi leur pays. Il est le roi qui entre à Jérusalem sur un ânon, avec ses Douze amis désarmés.

Il n’est pas Celui qui emprisonne ceux qui ne comprennent pas ni ceux qui pensent différemment de lui, ni celui qui censure l’opposition. Il est le roi qui favorise l’originalité et qui empêche la pensée unique.

Il n’est pas le roi qui se prendrait pour Dieu. Il est le Fils de Dieu qui ne demande pas pour lui ce que n’importe quel homme moyen demanderait pour lui : être sauvé.

Il n’est pas le roi qui méprise son peuple. Il est Celui qui garde le silence devant les idées reçues et les fausses idées sur Dieu et le Messie. Il ne répond pas à l’insulte par l’insulte.

Il n’est pas le roi hautain qui condamne. Il est le roi qui donne une seconde chance, celui qui accorde le droit à l’erreur et l’occasion de changer si on s’en est rendu compte.

Il n’est pas le roi qui met à mort. Il est Celui qui rend la vie à ceux qui sont devenus invisibles, des fantômes, les exclus.

Il ne s’est pas sauvé de la croix. Il ne s’est pas échappé ni décroché du bois mort de la croix. Il ne s’est pas sauvé lui-même. Il a sauvé l'humanité.

Il n’est pas un roi qui s’est autoproclamé. Il est le Roi des rois, choisi par Dieu comme David le fut à Hébron.

Finalement, Dieu nous a aimés passionnément. Il n’est pas seulement le Roi des juifs, mais aussi le Roi de tous les hommes, de tous les pécheurs, des malfaiteurs. Je vous invite à répéter après moi : "Seigneur Jésus, c'est toi que je choisis comme le Roi de ma vie." 

2 S 5, 1-3 ; Ps 121 ; Col ,1, 12-20 ; Lc 23, 35-43

P. Olivier Joncour

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