Ouverture Homélie 2012.09.09 22° dim TO B

9 septembre 2012 23° dim TO B St Pierre St Paul de Colombes

Ouvertures

En allant en territoire païen, l’action de Jésus ne connaît pas de frontières, ni celles de l’espace, ni celles du cœur. Nous verrons l’enjeu pour le sourd-muet qui est amené à Jésus qui débloque les situations avant de mesurer nos conversions personnelles

1) Le sourd-muet

langue des signesIl est dans une situation de blocage. Rappelons-nous qu’à l’époque de Jésus, on n’a pas encore inventé la langue des signes. Il est donc isolé et fortement marginalisé.

Il est sourd. Comme il ne peut entendre ni la Parole de Dieu, ni les paroles des hommes et encore moins les bruits du monde et de la vie, il est enfermé sur lui. A moins d’avoir appris à lire sur les lèvres, il est dans un grand silence.

L’oreille est un organe de la réceptivité, de l’intériorité, féminin pourrait-on dire. Le psalmiste demande « Aujourd’hui, écouterez-vous sa Parole ? » (Ps 94) L’écoute est en effet une attitude fondamentale pour le disciple de Jésus.

Il est muet. Plus exactement, il est bègue. Comme il ne peut pas parler, il ne peut entrer en communication avec les autres que par l’écrit, le regard ou le toucher.

parlerLa parole est le résultat conjoint de la pensée, de l’articulation de la bouche et du son qui passe à travers nos cordes vocales.

Le psalmiste demande : « Seigneur, ouvre mes lèvres. Et ma bouche publiera ta louange. » (Ps) Après avoir écouté, médité et prié dans son cœur, le disciple peut répondre par la parole, chanter les merveilles du Seigneur et témoigner auprès de ceux qui L’ont oublié ou qui ne Le connaissent pas.

2) Jésus vient débloquer des situations délicates

Effata Ouvre-toiJésus ouvre un temps nouveau. Il réalise ce qui était annoncé par le Seigneur au temps du prophète Isaïe : Alors s’ouvriront les yeux des aveugles et les oreilles des sourds. Ce que le psalmiste voyait déjà dans un présent éternel : le Seigneur ouvre les yeux des aveugles. Nous remarquons que Jésus le fait à l’écart, loin de la foule. Si Jésus pose un geste différent pour les oreilles et pour la langue, il suffit d’une seule parole - effata - pour que les deux organes soient guéris. Il rétablit dans leurs fonctions respectives ces deux moyens pour entrer en relation avec d’autres et avec Dieu. Cela va dans la même logique que lorsque Jésus rend la vue aux aveugles, une peau guérie aux lépreux et donne le pardon aux pécheurs. A chaque fois, Jésus vient délier ce qui est lié.
Jésus ouvre aussi un espace nouveau. Il agit ici en faveur d’un païen, comme il l’a fait dans le passage qui précède en faveur de la fille d’une Syro-phénicienne dont il a chassé l’esprit mauvais à distance (Mc 7, 24-30). Non seulement, il se déplace en terre étrangère, il quitte les terres où il était attendu et où il peut être reconnu comme le Messie, le Christ, mais il agit en dehors du cadre juif et faire découvrir aux disciples qu’il est envoyé à tous les hommes. Il ne fait pas de différences. Et comme St Jacques le reprend à son compte, il nous demande de ne pas juger selon les apparences, la condition sociale ou l’origine.

3) Sommes-nous sourds et muets ?

Si, de notre côté, il nous arrive de ne pas vouloir écouter ce que le Seigneur nous propose comme chemin de vie, ou d’être sourds à ce que des personnes que nous rencontrons nous disent, Jésus, au contraire, permet au sourd d’entendre. Dans la Bible, quelle(s) parole(s) me semble(nt) insupportable(s) à écouter et à mettre en pratique ?

Si, de notre côté, il nous arrive de crier « Ferme-la ! » à celui que nous ne voulons pas entendre, Jésus, au contraire, permet au muet de l’ouvrir : effata. Dans nos discussions, est-ce que nous libérons l’expression des autres ou est-ce que nous l’empêchons ?

Si, de notre côté nous sommes mal à l’aise face aux malades et aux personnes handicapées, Jésus, au contraire, les accueillent et est attentif à chacun. Il les considère chacun comme des personnes au-delà de leur maladie ou de leur handicap. Face à une personne déficiente que je rencontre dans mon travail, dans la rue ou les transports en commun, comment est-ce que je réagis ? Avec supériorité ? avec pitié ? avec condescendance ? avec fraternité et en me demandant comment elle peut m’aider à mieux aimer ?

 

Finalement, si nous reconnaissons qu’il y a un certain nombre de circonstances où nous sommes nous-mêmes sourds et muets, le Christ peut nous ouvrir les oreilles pour l’écouter autrement, nous faire professer notre foi et proclamer que tout ce qu’il fait est admirable. En nous reconnaissant handicapés, nous l’autorisons à venir agir en nous. Il nous invite aussi à sortir de nos cercles idéologiques, politiques, économiques, religieux, culturels et spirituels restreints pour nous ouvrir à d’autres manières de prier, de vivre, d’aimer, de travailler.

Is 35, 4-7 ; Ps 145 ; Jc 2, 1-5 ; Mc 7, 31-37

P. Olivier Joncour

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