La sainteté n'est pas une option Homélie 2013.11.01 Toussaint

Vendredi 1° novembre 2013 Toussaint St Pierre St Paul Colombes

La sainteté n'est pas une option

SaintsComme baptisés, nous portons chacun un prénom qui est souvent celui d’un saint reconnu par l’Eglise. Cette tradition est belle et pleine de sens. Elle place la vie de son enfant sous la protection et l’éclairage d’un grand ami du Christ Jésus. Il est dommage que cette tradition se perde chez certains parents. Néanmoins, la fête de la Toussaint nous aide à mieux comprendre l’affirmation du Symbole des apôtres : « je crois à la communion des saints ».

Le diable chuchote à l'oreilleA certains moments, nous entendons la voix de l’Adversaire chuchoter : ‘chantez « on ira tous au paradis »’, ‘vivez de nuit serrés dans vos boîtes avec un bruit d’enfer’, ‘vous pouvez très bien compter sur vous seuls’ et ‘n’occupez pas la ligne de Dieu en Le priant, Il ne peut pas vous répondre.’ ‘Surtout, ne faites pas d’affaires avec l’Esprit du Grand Patron : il est capable de chambouler toute votre vie. Restez pépères. A fortiori, le mal rapporte plus et plus vite !’

Il n’est pas facile de ne pas se laisser séduire ou tenter par certaines de ces propositions qui ne rendent pas heureuses. C’est ce qu’un Augustin, un François ou un Charles de Foucauld ont cru. Or, dans la vie des saints, Dieu contemple le travail de la grâce et de l’Esprit. Ils sont la meilleure part de l’histoire humaine et « la preuve de la vitalité de l’Eglise et de la force inouïe de l’Evangile. » (Poupard La sainteté au défi de l’Histoire Presses de la Renaissance 2003, p. 45) En effet, à plusieurs moments de la vie de tout être humaine, peut se produire la rencontre du projet de Dieu de nous rendre participants à sa dynamique amoureuse et du désir d’infini qu’il y a dans le cœur de chacun. Quel que soit notre parcours, une question demeure : « Oui ou non, la vie a-t-elle un sens ? » (Maurice Blondel L’Action).

La légion d'honneurLa sainteté, ce n’est pas comme la promotion annuelle de la Légion d’honneur. Ce n’est pas une promotion au sein du Peuple de Dieu. Ce n'est pas une option qu'on cocherait ou non. La sainteté, c’est la condition ordinaire des fils et fille de Dieu. C’est l’état en devenir des enfants de Dieu. C’est une tension entre ce qui a déjà commencé en nous et ce que nous serons qui ne paraît pas encore clairement, mais lorsque le Fils de Dieu paraîtra, nous serons semblables à Lui parce que nous le verrons tel qu’Il est. Notre destinée, c’est de Lui ressembler. En vivotant, nous ne sommes pas des vivants. (cf P-G Frassatti) Au contraire, en visant haut, nous ne perdons pas notre temps, ni notre vie.

Dieu nous donne pourtant des moyens bien concrets :

+ des frères et des sœurs vêtus de blanc, qui ont été purifiés, comme nous, dans le sang de l’Agneau lors du baptême et lavés à chaque fois que nous sommes pardonnés. Des frères et des sœurs dans la foi, ceux dont nous sommes fiers et tous les autres que nous n’avons pas choisis, pécheurs comme nous, mais tous membres du Corps du Christ, car c’est dans l’Eglise que nous pouvons nous entraider dans la foi et l’amitié. C’est dans l’Eglise que nous pouvons nous soutenir dans l’espérance quand nous traversons l’é-preuve ou la maladie. A certains moments, ce sont eux qui nous soutiennent. A d’autres, c’est nous qui les soutenons, sans le savoir.

+ les sacrements à commencer par l’Eucharistie où le Seigneur Jésus nous assimile à Lui, la Communion où ce n’est pas notre organisme qui digère les aliments, mais où c’est le Christ qui nous fait devenir membres de son Corps, en communion avec les autres baptisés de par le monde et le temps.

la Parole de Dieu partagée entre croyants+ la Parole de Dieu : une Parole qu’Il nous adresse au sein de notre assemblée réunie en son Nom, une Parole qui résonne dans le silence, une Parole qui fait vivre, une Parole qui fait découvrir que l’Amour de Dieu est premier et que la bonté et le bien sont plus forts que tout le mal que nous subissons ou dont nous sommes les auteurs ou complices. C’est une Parole qui nous met en mouvement, en marche comme ces 9 heureux que Jésus adresse à toute la foule qui le suivait :

+ les pauvres de cœur, comme cet anonyme, mon voisin qui demande au Seigneur : ‘apprends-moi à aimer comme Jésus nous a aimés’ ;

+ les doux, comme Mère Térésa qui s’est occupée des lépreux qui mouraient seuls dans les rues de Calcutta ;

+ ceux qui pleurent, comme ceux qui sont en colère contre eux-mêmes parce qu’ils pensaient pouvoir y arriver seuls, sans Dieu ni les autres ;

+ ceux qui ont faim et soif de justice, comme l’abbé Pierre qui a lancé son cri après la mort d’un homme dans la rue, lors de l’hiver 1954 ;

+ les miséricordieux comme le bienheureux Jean-Paul II qui a pardonné à celui qui avait tiré sur lui, place St Pierre, le 13 mai 1981 ;

+ les artisans de paix comme St François d’Assise qui a dialogué avec le loup de Goubio et le sultan de Jérusalem, comme Robert Schuman, le père de l’Europe qui a vu en la France et l’Allemagne, les frères ennemis, le noyau de peuples décidés à construire ensemble un avenir pacifique commun, dans un contexte difficile ;

+ ceux qui sont persécutés pour la justice comme les chrétiens de Syrie, d’Egypte, d’Inde et d’ailleurs ;

+ ceux qui sont insultés à cause du Christ, comme le sont certains dans certaines banlieues et des quartiers de Colombes.

Ne soyons pas saisis par le syndrome de l’Apocalypse qui nous ferait penser que, puisque Dieu est vainqueur à la fin, nous n’aurions rien à faire ! La communion des saints, c’est le rappel que nous pouvons vivre une communion d’amitié et de fraternité entre nous sur terre, avec ceux au Ciel, et une communion tous ensemble avec le Père et le Fils et le St Esprit ! Car, qu’est-ce qui ne passera jamais ? « L’amour » (1 Co 13,8a) Nous sommes enfants de Dieu pour vivre l’éternité. Et vivre aujourd'hui, c’est croire, espérer et aimer.

Ap 7, 2-4.9-14 ; Ps 23 ; 1 Jn 3, 1-3 ; Mt 5, 1-12a

P. Olivier Joncour

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