La porte étroite sera fermée Homélie 2013.08.25 21° dim TO C

Dimanche 25 août 2013 21° dim TO C St Pierre St Paul de Colombes

La porte étroite sera fermée

Ce dimanche, Jésus, en bon pédagogue, nous donne une leçon que nous allons retenir. A la question qui lui est posée sur le nombre de sauvés, il répond plutôt à la question ‘qui peut être sauvé ?’ Plutôt qu’un enseignement, Jésus formule un avertissement : il y a un temps où la porte, même si elle est étroite, est ouverte, et un autre moment où elle sera fermée pour Israël pour qui il sera alors trop tard avant que l’humanité se dirige vers Jérusalem. Nul ne pourra dire qu’il n’aura pas été prévenu.

Face à une porte, que faites-vous ? Il y a plusieurs manières de réagir : A) vous sonnez et attendez qu’on vous réponde ; B) vous ratez la porte et foncez dans le mur, la tête la première ; C) vous ouvrez sans frapper ; D) vous faites demi-tour.

Bien sûr, il y a « celui qui entre par la porte, c’est lui le pasteur, le berger des brebis. » (Jn 10,2) C’est Jésus en personne ! Si nous Le suivons comme ses disciples et ses amis, regardons quelques portes par lesquelles il est passé. Dieu le Fils est venu pousser la porte de l’humanité pour partager notre vie humaine et terrestre. Il a franchi la porte de la maison de Simon-Pierre, celle de la synagogue de Nazareth. Il est allé chez Marthe et Marie, ses amies (Lc 10). Il a passé la porte de Lévi le collecteur d’impôts, celle de Simon le pharisien et enfin celle de Zachée, le repenti (Lc 19). Enfin, il franchira la porte de Jérusalem sur un âne, celle du Temple de Jérusalem, avant de passer la porte des enfers pour aller chercher Adam, Eve, les patriarches, les prophètes et la descendance d’Abraham qui attendait le Messie.

Moi, je suis la porteEt, un jour, nous l’entendons dire : « Moi, je suis la porte. » (Jn 10,7b.9a). La porte est une ouverture possible entre deux espaces, entre l’extérieur et l’intérieur d’une maison. Jésus ajoute ensuite : « si quelqu’un entre en passant par moi, il aura la vie éternelle. » (Jn 10,9b) Autrement dit, il est la porte du Ciel. Il est la porte vers le Père. Il ouvre le Royaume. Passer à côté de la porte n’a alors aucun sens. Et la recherche d’une porte dérobée qui n’existe pas fait perdre du temps.

http://idata.over-blog.com/1/18/09/62/Lapin-Bleu/porte-etroite.jpgJésus précise que la porte est étroite. Comment passer par celle-ci ? On ne peut réussir à la franchir qu’avec la grâce de Dieu, en faisant un régime de notre égo devenu obèse à cause de l’orgueil, dans l’illusion que nous pourrons réussir seuls. Et si nous avons bien écouté, nous avons compris que la vie avec Jésus n’est pas suffisante – nous avons mangé et bu en ta présence, il faut ne pas faire le mal, mais agir, parler, aimer comme le Seigneur le fait.

porte ferméeA certains moments, nous fermons cette porte. A d’autres, nous constatons que nous vivons dans un monde fermé à double tour, verrouillé par des milliers de clé. Chacun a les siennes : celles de sa maison, de sa voiture, de son travail et de son coffre. Pourtant, nous cherchons sans cesse une autre clé : celle de la réussite, celle du bonheur, celle de nos rêves … Le Christ Jésus a ouvert les yeux des aveugles et les oreilles des sourds. Il a ouvert le tombeau de Lazare (Jn 11). Lui seul peut nous donner la clé qui nous manque : celle qui ne verrouille pas, mais celle qui libère, celle qui ouvre un passage à son amour : celle qu’Il a confiée aux mains fragiles de Simon-Pierre et l’Eglise et qui ouvre les portes du Royaume.

Nous n’avons donc rien à perdre à ouvrir notre vie au Christ. Au contraire ! Ouvrons bien grande cette porte. Il veut visiter les pièces à vivre, comme ces lieux où nous rangeons notre passé : exploits glorieux, blessures qui ont du mal à cicatriser, visibles ou non, secrets de famille jamais avoués, … Et là aussi, il nous dit : ‘je peux ouvrir « tous ces verrous fermés. […] Laissez vos peurs au cimetière. C’est aujourd’hui le temps » (L. Grzybowski) de te laisser visiter, aimer, pardonner. Seule la clé du pardon ouvre une relation fermée. Nous savons combien c’est libérateur et libérant. Et quelle joie et quelle légèreté procurées par le pardon de Dieu ! Au-delà du regret et de l’aveu qui ne sont jamais faciles. Mais quelle bonne leçon pour chacun de nous. Tirons-en alors toutes les conséquences pour nous ! Dieu ne cesse de vouloir nous offrir son pardon. Pourquoi sommes-nous si peu nombreux à nous confesser ? Pourquoi ?

Finalement, à qui est-ce que j’ouvre ma porte ? A qui ma porte est-elle fermée ? « Voici que je me tiens à la porte et je frappe. Si quelqu’un entend ma voix et ouvre, je viendrai dîner chez lui et lui avec moi. » (Ap 3,20)

Is 66, 18-21 ; Ps 116 ; He 12, 5-7.11-13 ; Lc 13, 22-30

P. Olivier Joncour

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
DiMails © 2006 -  Hébergé par Overblog