Jésus, tête d'affiche depuis 2000 ans Homélie 2013.01.13 Baptême B

Baptême C Dimanche 13 janvier 2013 St Pierre St Paul Colombes

Jésus, tête d'affiche depuis 2000 ans

Dans les concerts de musique moderne, il y a souvent deux parties. La première est donnée par un jeune artiste à découvrir qui vient ‘chauffer’ la salle. La seconde partie est la principale avec le chanteur ou le groupe qui est la tête d’affiche du concert.

Jésus, tête d'affiche depuis 2000 ansC’est comparable à ce qui nous est raconté dans l’évangile : Jean a fait l’ouverture et annonce qu’il y a plus puissant que lui, qu’il n’est pas la tête d’affiche. Il n’est pas le Messie. Il n’est pas le premier rôle mais qu’un second rôle. Il n’est pas la vedette. Il passe le relai, car la tête d'affiche, c'est Jésus, et bien plus que pour 3 ans !

Nous avons besoin de Jean-Baptiste pour aujourd’hui, pas des personnes qui aient la grosse tête ou qui cherchent les objectifs des caméras et des appareils photos, mais des personnes qui agissent pour le bien commun.

Servons la fraternitéOn ne cherche pas des rois, mais des serviteurs. Serviteurs du Seigneur et de leurs sœurs et frères. Serviteurs de la liberté, de la vérité et de la Fraternité (cf Diaconia 2013). Non pas des gens qui jouent les gros bras ou qui roulent des mécaniques, mais des laveurs de pieds. Non pas des stars mais des « serviteurs quelconques » (Lc 17,10)Non pas des pharisiens mais des publicains (Lc 18, 9-13) et des prostituées. Non pas des bien-portants mais des malades et des pécheurs. Non pas des mannequins qui défilent sur les podiums, mais des couturières aux doigts de fée. Non pas petits génies en herbe, mais des laborieux qui peinent et persévèrent. Non pas des orgueilleux imbus d’eux-mêmes, mais des modestes et des discrets qui se laissent remplir de la sainteté de l’Esprit de communion. Non pas une girouette mais une personne sur qui on puisse compter.

Toutes les souffrances peuvent s'oublier si la peine est partagée avec de amis et que l'amitié la console.Consolez, consolez mon peuple. C’est le cri divin au début de la deuxième partie du livre du prophète Isaïe (40-55). Cette demande marque l’annonce du retour de l’exil à Babylone vers Jérusalem. C’est l’ouverture d’un temps nouveau. C’est dans ce ‘Livre de la consolation d’Israël’ que l’on compte les quatre chants du Serviteur dont celui du Serviteur souffrant.

Le monde cherche des consolateurs, hommes et femmes qui sachent prendre soin de ceux qui pleurent et qui ont besoin d’être consolés. Pourquoi ? Ils souffrent physiquement, certains malades ou les drogués en manque. Ils souffrent moralement ceux qui ont un lourd fardeau sur la conscience, celles qui ont avorté, ceux dont l’enfance a été abusée, celles qui ont été violées, ceux qui ont tenté de mettre fin à leurs jours. Ils souffrent psychologiquement ceux qui croient qu’ils ne sont pas faits pour vivre dans ce monde, ceux qui se croient rejetés de l’Eglise, ceux qui ont un tel idéal, qui ont une telle soif d’absolu que la médiocrité, la lâcheté ou le mensonge les désolent, les parents qui ne savent pas comment aider leur enfant qui souffre dans sa tête, dans son cœur ou dans son corps.

Dans la vie de l’ami de Jésus qui se laisse guider par l’Esprit qui l’a saisi avec abondance au baptême, il y a des moments de désolation et d’autres de consolation. St Ignace de Loyola définit cet état quand l’âme « verse des larmes qui portent à l’amour de son Seigneur, soit par la douleur de ses péchés ou de la Passion du Christ notre Seigneur, ou d’autres choses droitement ordonnées à son service et à sa louange. » (Exercices Spirituels 316)

En conclusion, notre monde a besoin de fous. Des fous de Dieu et des hommes. Notre monde a besoin de prophètes. Des prophètes de Dieu pour les hommes quitte à être incompris. Notre monde a besoin de prêtres. Des hommes et des femmes qui prient et qui demandent d’agir selon la grâce de Dieu donnée par le St Esprit. Notre monde a besoin de rois. Des rois au service de leurs semblables, croyants ou non, de la même religion ou non, qui rassemblent plus qu’ils ne divisent, qui cicatrisent les plaies et les blessures visibles ou non, en chantant l’amour de Dieu qui pardonne.

Is 40, 1-5.9-11 ; Ps 103 ; Tt 2, 11-14 . 3, 4-7 ; Lc 3, 15-16.21-22
P. Olivier Joncour

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