Homélie 2012.02.22 Mercredi des Cendres

Mercredi des Cendres 2012 22 février 2012 St Pierre St Paul de Colombes

 

nullLe carême dure 40 jours. Ce n'est pas une mise en quarantaine, pour le dire autrement, ce n'est pas une mise à l'écart du reste de la société. En fait, c'est tout le contraire ! Le carême est un temps favorable, cette opportunité qui nous est proposée pour retrouver le sens de Dieu et des autres, comme de soi-même. Or, notre société nous oblige à nous centrer sur nous, à chercher notre plaisir et notre épanouissement à tout prix, voire à se faire plaisir tout seuls, au détriment des autres, ou l'on peut parfois considérer que Dieu viendrait contrecarrer nos projets personnels. Dans l'Evangile, au contraire, Jésus nous autorise à accepter de dépendre d'un Autre et des autres. Jésus nous permet de ne pas croire que nous pouvons nous en sortir seuls, voire en écrasant les autres. En suivant la révélation biblique, nous percevons une progression, une avancée en cinq étapes :

 

1° étape : Dieu nous invite à revenir vers Lui.

Avant d'avoir le désir de revenir à Dieu et de revoir Dieu, le prophète Joël nous fait découvrir que, malgré notre péché, Il veut nous revoir. C'est Lui qui nous a lancé l'invitation : Revenez vers moi de tout votre cœur. Revenez au Seigneur votre Dieu, car il est tendre et miséricordieux. St Paul nous révèle qu'Il nous envoie des messagers, des ambassadeurs qui sont des relais de son appel. Autrement dit, je vois Dieu qui m'attends, qui m'invite à me retourner. Il m'ouvre une porte que j'avais fermé tout seul. Nous voyons Dieu qui nous envoie des anges qui nous font découvrir que nous nous enfonçons dans une impasse, que nous fonçons dans le mur.

 

null2° étape : Nous retourner vers le Seigneur et nous adresser à Lui.

Alors que nous ne sommes jamais fiers de nous être éloignés du Seigneur, de L'avoir oublié ou de L'avoir déçu, le remord nous ronge parfois, le repentir et le regret sont une première prise de conscience. Le psalmiste ne se renferme pas sur lui, il a encore un peu de force pour s'adresser au Seigneur et reconnaître son égarement, son manque d'amour : Pitié pour moi, mon Dieu, efface mon péché. Lave-moi tout entier de ma faute. Contre toi et toi seul, j'ai péché ; ce qui est mal à tes yeux, je l'ai fait. Autrement dit, nous voulons voir Dieu nous pardonner, nous purifier, nous sauver, créer en moi un cœur pur, renouveler et raffermir au fonds de moi mon esprit.

 

3° étape : Qui donc est vraiment Dieu ?

Alors que nous aurions mérité une bonne correction, comme un enfant recevrait une bonne fessée de son père après une grosse bêtise ou une désobéissance à la limite de la provocation pour provoquer ou vérifier son amour, nous découvrons que nous nous sommes trompés sur Lui : Il est tendre et miséricordieux, lent à la colère et plein d'amour, renonçant au châtiment. Et veut même nous combler de ses bienfaits. Et effectivement, il ne se venge pas, il ne se rend pas justice. Au contraire, Il est remué dans ses entrailles, au plus intime de Lui-même : Il s'est ému en faveur de son pays, il a eu pitié de son peuple, constate le prophète Joël. Nous voyons Dieu qui pardonne.

 

4° étape : Nous croyons en Dieu qui veut nous sauver.

nullAvant une confession de ses péchés, le Seigneur nous permet de confesser notre foi en Lui : il est tendre, il pardonne, il est si différent de ce que nous pensions. Il est déconcertant aussi pour les païens qui étaient prêts à se moquer de nous : Dieu n'est pas un père fouettard, ni Celui qui nous snobe. Alors que nous noyons ou que nous nous enfonçons dans des sables mouvants, il nous tend la main. Allons-nous la saisir ? Allons-nous la prendre et ne plus la lâcher ? Nous voyons Dieu qui ...

 

5° étape : la joie d'être pardonnés nous ouvre au Seigneur et aux autres

Après le pardon reçu, notre cœur est dans la joie. Et nous pouvons retrouver le chemin de la prière, et notamment l'action de grâce et la louange. Après avoir été pardonnés et remis en communication directe avec Dieu, nous pouvons retrouver aussi des relations meilleure avec les autres en ouvrant notre cœur, en ouvrant nos mains, en partageant, en faisant l'aumône. En retrouvant le sens de Dieu et des autres, nous nous décentrons de nous-mêmes. Le Seigneur et les autres nous aident à grandir, à nous laisser diviniser et à devenir des êtres de relation, sans pour autant nous mépriser ou nous mésestimer. Nous voyons que Dieu nous connaît si bien !

 

Finalement, Jésus nous demande de ne pas chercher le regard des autres pour susciter leur admiration lorsque nous partageons, que nous prions ou que nous jeûnons, mais d'agir dans le secret. Ce ne sont pas les caméras de Secret Story qui scrutent notre vie. C'est le regard aimant et créateur de Dieu. Ce n'est pas l'objectif de la webcam du voyeur. C'est le regard paternel qui encourage et fait grandir.

 

Jl 2, 12-18 ; Ps 50 ; 2 Co 5,10 – 6,2 ; Mt 6, 1-6.1-18

P. Olivier Joncour

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
DiMails © 2006 -  Hébergé par Overblog