Homélie 2012.02.12 6° dim TO B

  6° dimanche TO B 12 février 2012 St Pierre St Paul Colombes (Onction des malades)

Il n'est jamais facile de parler de la maladie. Elle met le malade à l'écart, comme le lépreux, comme le bon sens et la loi l'impose pour éviter la contagion. Dès le 1° chapitre de l'Evangile, Mc raconte la proximité de Jésus auprès des malades : la belle-mère de Pierre, ceux possédés d'un esprit mauvais. Le Christ nous permet de vivre sans la nier et d’en faire même une vraie expérience de foi.

Nous allons être témoins de gestes : l’imposition des mains et l’onction sur le front et sur la paume des mains. Nous allons entendre une prière avant l’imposition des mains et des mots lors de l’onction avec l’huile des malades qui a été bénie, avec le St Chrême et l’huile des catéchumènes, par notre évêque le mardi saint, lors de la messe chrismale. Ce sont ces prières et ces gestes par lesquels Dieu agit en faveur des malades, par lesquels Il veut faire passer son amour.

Mes amis, le geste d’imposition des mains va nous rappeler celui de Jésus pour leimposition des mains sur la tête lépreux qu'il a touché. Et vous l’avez déjà vu faire par un prêtre à plusieurs occasions : la 1° fois, lors de votre baptême, ensuite lors de chaque messe où le prêtre demande à Dieu le Père d’envoyer son Esprit sur le pain et le vin, enfin, ce fut l’évêque lors de votre confirmation. Et si vous avez déjà participé à la messe d’ordination d’un diacre ou d’un prêtre, ce fut à nouveau le cas.

L’onction avec de l’huile est un rite très ancien que l’on trouve dans le Premier Testament, lors de la désignation d’un roi, et la 1° fois ce fut avec le roi David (2 S 2,4 . 5,3) et ses successeurs. L’huile sert pour des massages et pour hydrater la peau desséchée. Elle pénètre en profondeur et on a du mal à l’enlever. C’est d’aussi d’huile que le bon Samaritain s’est servi pour panser les plaies de l’homme laissé pour mort par des brigands sur le chemin entre Jérusalem et Jéricho (Lc 10,34).

 La grâce que reçoit le malade :

Mes amis, vous avez l’humilité de demander ce sacrement, ce signe visible de l’amour bienveillant de Dieu à votre égard parce que vous avez fait l’expérience de votre propre finitude humaine. Vous avez senti le besoin de ce don de Dieu pour continuer à vivre dans la foi, dans l’amitié avec Dieu et nos frères et sœurs, et aussi dans l’espérance. Au-delà de la révolte, de l’attente d’une réponse qui ne viendra peut-être jamais sur le pourquoi de votre maladie, de votre handicap ou de la perte de vos forces, le Seigneur se fait proche de vous et ne vous abandonne pas. Jésus passe. Il passe dans notre monde. Il passe dans notre vie. Il vient visiter notre souffrance, nos doutes, notre révolte parfois. Par ce sacrement, Il veut vous donner le réconfort intérieur et la paix du cœur. Il ne nous abandonne pas mais nous garde dans sa tendresse, comme une mère tient serré contre elle son enfant qui vient de naître. Il vous donne aussi des frères et des sœurs qui prient pour vous et qui vont continuer à le faire. Et vous allez recevoir, dans la foi, cette force supplémentaire pour traverser ce moment difficile. Comme l'homme guéri, vous pourrez raconter ce que vous avez vécu.

 Ce que nous allons vivre :

Et nous allons prier pour nos frères et sœurs malades pour qu’ils ressentent l’aide de Dieu et tout son amour pour eux. Aujourd’hui, nous avons un pied à Lourdes où les malades sont les premiers à la grotte de Massabielle où les lycéens de l’Aumônerie iront en pèlerinage en avril pour le Frat. Aujourd’hui, les malades nous permettent de prendre conscience de la grâce d’être en bonne santé. Aujourd’hui, ils nous permettent de mieux découvrir le sens de ce sacrement en dehors de toute dramatisation lorsqu’on appelait le prêtre avant le dernier souffle d’une personne avec l’appréhension de lui faire peur et que cela la fasse mourir. Et nous allons aussi sentir un bienfait pour nous-mêmes. Nous découvrons que Dieu ne punit pas ses enfants par la maladie. Et un jour, peut-être pourrons-nous demander pour nous ce sacrement ...

Il faut une sacrée dose d’amour pour s’occuper des malades et des personnes âgées, voire très âgées et certaines très dépendantes, pour continuer à les regarder et les considérer comme des personnes, des vivants jusqu’au bout, alors que certaines sont fatiguées par leur traitement, d’autres souffrent ou d’autres encore perdent en autonomie. Pour certains, c’est leur travail de médecin, d’infirmière, d’aide-soignante à Louis Mourier ou dans une maison de retraite médicalisée. On pourrait dire : "C'est normal qu'ils le fassent: ils sont bien payés pour cela." Mais il y a la manière de le faire : comment est considéré le malade : comme un n°? comme un dossier? comme un organe malade? ou comme une personne en relation avec d'autres, avec sa famille, des amis, ... ? Pour d’autres, c’est lors d’une maladie ou celle d’un proche. Cependant, rappelons-nous ce que dit Jésus à un autre moment : « Je ne suis pas venu pour les bien portants mais pour les malades et les pécheurs. »

Lv 13, 1-2.45-46. Ps 101; Jc 5, 13-16 ; Mc 1, 40-45

P. Olivier Joncour

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