Envoyés dans le dynamisme de l'Esprit pour annoncer la Bonne Nouvelle à tous Homélie 2012.07.15 15° dim TO B

Dimanche 15 juillet 2012 15° dim TO B St PP Colombes

Envoyés comme Amos, Jésus et les apôtres, dans le dynamisme de l'Esprit pour annoncer la Bonne Nouvelle à tous.

carte biblique de l'Ancien TestamentAprès le récit de vocation d’Ezéchiel dimanche dernier (2, 2-5), nous venons d’écouter celui d’Amos. Amos est un des douze petits prophètes. Il a exercé son ministère de prophète vers 750 avant Jésus-Christ. Le prêtre Amasias du sanctuaire royal de Béthel, à une quinzaine de km au nord de Jérusalem, est entré en conflit avec Amos alors que ce dernier était originaire de Téqoa, une quinzaine de km au sud de Jérusalem.

Amasias voulait chasser le prophète de Dieu qu’il considère comme un concurrent au plan humain. Mais, l’autorité d’Amos ne dépend pas du roi, mais directement de Dieu, ce qu’il rappelle au prêtre en lui racontant comment Dieu l’a appelé. En s’opposant à Amos, Amasias s’oppose en fait à Dieu. Amos souligne aussi qu’être prophète n’est pas un métier, ni une rente, ni un statut de notable, mais que c’est un service qui lui est demandé par Dieu pour son peuple, Israël.

Pourquoi Amos dérange-t-il ? Il a été saisi par le Seigneur. Il dénonçait des injustices des responsables de son temps et les cultes hypocrites (5, 21-24). Et cela déplaît. Si, dans l’Evangile dimanche dernier, Jésus disait qu’un « prophète n’est méprisé que dans son pays, sa famille et sa propre maison » (6,4), Amos en a aussi fait l’expérience dans un autre pays ! Pourtant, Amos va rester fidèle à la mission confiée.

 

Jésus envoie les Douze une première fois bien avant sa résurrection. On pourrait parler d’un premier stage pratique à la suite de leurs premiers mois de formation avec lui. Ce sont des apprentis qui font l’expérience que Jésus leur fait confiance

apôtres envoyés deux par deuxPourquoi Jésus les envoie-t-il deux par deux ? Déjà, ils sont encore en formation et pour commencer mieux vaut être à deux que seul. Ensuite, aucun envoyé n’agit en son nom propre. Ils le vivent en communauté. De plus, dans le combat contre le mal et le malin, mieux vaut agir en équipe que seul, car le diable est très malin. Enfin, dans la Bible, le chiffre 2 est le nombre minimum de personnes pour qu’un témoignage soit crédible pour un auditeur, pour un auditoire.

Jésus donne aussi ses recommandations. Cela concerne non seulement un pouvoir sur les esprits mauvais, tout ce qui s’oppose au Royaume de Dieu, tout ce qui rend prisonnier, tout ce qui enchaîne et empêche la personne d’être celle que le Seigneur veut qu’elle soit. Jésus n’en reste pas là. Il continue et donne des consignes matérielles. Nous remarquons que le bagage est léger. Tout ce qu’ils seraient tentés d’emporter en plus, Jésus les en dissuade. « Voyagez léger », leur dit-il : un bâton, comme celui qui servit à Moïse lors de certaines plaies d’Egypte, à ouvrir la Mer Rouge, et à faire jaillir une source d’eau en touchant un rocher en plein désert, une ceinture, des sandales et une tunique. Les moyens semblent dérisoires par rapport à la mission. « Faites confiance. Confiance en mon Père pour ce qu’il vous donnera de dire et de faire. Confiance dans les hommes et les femmes que vous rencontrerez et qui vous accueille-ront. » C’est l’hospitalité du Moyen-Orient. La question pour les envoyés, est alors : en quoi mettons-nous notre sécurité ? Dans la nourriture ? dans l’argent ? Parce que nous avons peur de manquer ! Parce que nous avons peur que Dieu ne nous vienne pas en aide et qu’il ignorerait nos besoins y compris primaires. En qui mettons-nous en notre confiance ? En nous-mêmes ? en Dieu ?

Jésus donne ensuite un principe : restez là où vous serez accueillis, mais ne restez pas où l’on ne veut pas entendre la Bonne Nouvelle du salut de Dieu. Surtout, ne vous entêtez pas. Jésus fait dépendre les Douze de ceux qui les accueillent.

le bon Samaritain prend soin de l'homme blesséLes Douze mettent ensuite en application ce que Jésus leur a demandé : ils parlent et guérissent, au nom de Dieu. Les onctions d’huile fait penser à celle racontée dans la parabole du Bon Samaritain qui panse les plaies de l’homme laissé pour mort, et annonce l’onction du sacrement des malades qui n’est pas réservée aux derniers instants de la vie terrestre. La Bonne Nouvelle rejoint l’humanité dans sa chair : elle apporte également santé et réconfort.

 

En conclusion, Amos comme Jésus, puis les apôtres, sont allés jusqu’au bout de la mission que le Seigneur notre Dieu leur avait confiée. L’évangélisation est le déploiement du projet de Dieu dans le temps grâce à des acteurs nombreux dans le temps et l’espace. C’est ce que St Paul a résumé de façon éblouissante et trinitaire dans l’hymne aux Ephésiens. Tout part de Dieu le Père. Tout se réalise par Jésus-Christ, son Fils, et en Lui. Dieu fait tout pour nous, ses enfants d’adoption, en nous donnant déjà l’Esprit Saint. Béni soit Dieu, le Père. Béni soit son Fils. Béni soit le Souffle de Vie qui fait de nous ses envoyés porteurs de la Bonne Nouvelle.

 

Am 7, 12-15 ; Ps 84 ; Ep 1, 3-14 ; Mc 6, 7-13

P. Olivier Joncour

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