Ecouter notre entourage Homélie 23.06.2013 12° dim TO C

12° dim TO C 23 juillet 2013 St Pierre St Paul de Colombes

Ecouter notre entourage

En cette ‘Année de la foi’, nous ne pouvons pas nous habituer à la nouveauté du baptême ni à la souffrance. C’est aussi l’occasion d’approfondir notre amitié avec le Seigneur Jésus.

Quand je fais défiler sous nos yeux cette première partie de l’‘Année de la foi’, je réalise que nous sommes très gâtés : la confirmation de 45 lycéens, les rencontres de l’Ecole de la Foi à partir du livret diocésain « Croyants, en marche, … », les rencontres mensuelles Questions Essentielles, le Forum des Acteurs paroissiaux le 17 février, la semaine sainte où nous avons accueilli la messe chrismale et vécu le baptême et la confirmation de 6 adultes lors de la veillée pascale, le baptême d’une trentaine d’enfants et la 1° communion de 130 enfants du catéchisme, la profession de foi de 100 collégiens, les 24h pour Dieu qui avait pour thème « Veux-tu monter dans la barque ? » (14-15 avril). Je n’oublie pas la délégation de Colombiens qui ont participé au rassemblement Diaconia à Lourdes.

Frères, en Jésus-Christ, vous êtes tous fils de Dieu par la foi. St Paul décrit la nouveauté des baptisés en tant qu’ils sont unis au Christ. L’apôtre insiste sur cette réalité que nous ne devons pas oublier : au risque d’être taxé de relativisme – ‘tout se vaut, même son contraire, tout est respectable tant qu’on est tolérant’ -, au risque de nier les origines religieuses - il n’y a plus ni Juif ni païen -, au risque de nier les différences sociales – il n’y a plus ni esclave ni homme libre - et les particularités au point que l’apôtre faisait l’éloge de la théorie du gender avant l’heure - il n’y a plus l’homme et la femme. Paul ne fait pas l’éloge de la confusion, mais il remarque que tout ce qui différencie une personne d’une autre et à l’intérieur de la société, disparaît devant cette réalité nouvelle, plus grande encore. Aujourd’hui, pour notre communauté, nous pouvons dire : il n’y a plus ni Colombiens de naissance ni ceux qui sont arrivés récemment, il n’y a plus ni Africains, ni Asiatiques, ni Européens, il n’y a plus ni enfants, ni parents, ni grands-parents, il n’y a plus ni bien-portants, ni malades, ni handicapés, il n’y a plus ni riche ni pauvre, mais il n’y a qu’une seule famille où nous sommes tous frères et sœurs en Jésus-Christ, enfants d’un même Dieu et Père qui nous initie à la Vie divine.

En ce jour-là, il y aura une grande lamentation dans Jérusalem. En ce jour-là, il y aura une source qui jaillira pour la maison de David et les habitants de Jérusalem : elle les lavera de leurs péchés et de leurs souillures. C’est une des annonces de la Passion et de la résurrection du Christ dans le 1° Testament. Bien avant la première des 3 annonces de Jésus : il faut que le Fils de l’Homme souffre beaucoup, qu’il soit rejeté par les Anciens, les chefs des prêtres et les scribes, qu’il soit tué, et que, le 3° jour, il ressuscite. Jésus annonce ensuite notre propre croix : qu’il prenne sa croix et qu’il me suive. A ce sujet, j’aimerais évoquer le pèlerinage des mères de famille le WE dernier sur le thème difficile « évangéliser la souffrance » : comme prêtre, j’ai été le témoin de femmes qui sont venues avec leurs souffrances et qui les ont déposées humblement au pied de la croix et confiées à la prière des autres et de Marie. J’y ai vu des femmes arrivées courbées sous le poids du fardeau, repartir allégées, comme l’une me l’a écrit cette semaine : « j’ai toujours eu beaucoup de mal à laisser mes souffrances au Seigneur. Je considérais qu’il avait eu sa part. Je n’avais rien compris. Il les voulait toutes en bloc. Sur le chemin de Boulogne où j’ai eu l’impression d’être partie des mois, je lui ai enfin remis toutes mes peurs et plus je m’abandonnais, plus j’étais légère. » Ou comme l’a témoigné une participante aux autres : c’est au cœur de la souffrance qu’elle a été relevée, qu’elle a vécu une renaissance.

Dans l’évangile qui nous fait découvrir la manière de faire de Jésus, nous risquons de passer à côté d’un point important. Avant d’interroger les apôtres sur leur réponse, il leur demande : pour la foule, qui suis-je ? Autrement dit, il les oblige à être attentifs à ceux qui les entourent. Nous aussi, comme eux, nous devons écouter ce que les autres nous disent sur cette personne célèbre mais dont il reste encore tant à découvrir. Comme au temps de Jésus, les réponses sont nombreuses et variées. Pourquoi est-ce si intéressant d’écouter ces réponses ? Mais parce qu’en insistant sur un des aspects de l’identité de Jésus, ils nous disent sans le savoir ce qui les a marqués chez lui. Bien sûr, ce ne sera pas la réponse complète de la foi définie par l’Eglise, mais en partant de l’aspect qui les a touchés au cœur. C’est dans un second temps que nous pouvons apporter notre réponse personnelle. En effet, notre formulation personnelle est aussi attendue. J’ai bien parlé de formulation personnelle, c’est-à-dire en nous exprimant à partir de cette amitié que nous vivons avec Jésus. Non pas un Jésus connu par l’intelligence, mais avec le cœur, dans la prière seul et avec d’autres. Il n’y a qu’une question à laquelle nous devons répondre : qu’est-ce que Jésus a fait pour moi ?

Za 12, 10-11a . 13,1 ; Ps 62 ; Ga 3, 26-29 ; Lc 9, 18-24

P. Olivier Joncour

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
DiMails © 2006 -  Hébergé par Overblog