Dragon, femme et naissance Homélie 2013.18.15 Assomption de Marie

Jeudi 15 août 2013 Assomption de Marie St Etienne St Henri, St Pierre St Paul Colombes

Dragon, femme et naissance

En cette fête de la montée au ciel de la mère de Jésus, j’aimerais retenir 3 mots : dragon, femme et naissance.

dragon lors du nouvel an chinoisLe dragon pour commencer. Sa description dans l’Apocalypse avec sept têtes et dix cornes fait penser à ces grands dragons qui défilent dans les rues lors du Nouvel An chinois. Ils dansent au rythme des tambours. C’est la fête. Cependant, dans l’Apocalypse, le climat est bien différent : ce n’est pas la joie. http://www.patricehugues.fr/wp-content/uploads/2009/03/rassemblemnt-images-cahier-iii-a-8.jpgQuand St Jean écrit, il pense à ses frères chrétiens qui sont persécutés au nom de leur foi en Jésus. Dans l’Apocalypse, l’énorme dragon, c’est le serpent du chapitre 3 du livre de la Genèse, qui a grossi au fil des siècles. Le but du serpent est depuis toujours de casser la relation de confiance entre les humains et Dieu. Il cherche à faire passer Dieu pour un menteur. C’est le ‘diabolos’, celui qui divise pour mieux régner. C’est toujours l’adversaire de Dieu qui cherche à étrangler ses victimes. C’est celui qui s’oppose, qui veut contrecarrer le projet de Dieu, celui qui attaque. C’est l’agresseur, le destructeur, le tueur, le serial killer.

Nous faisons le constat d’un combat dans notre monde et aussi à l’intérieur de nous-mêmes. Où est ce combat dans le monde ? A chaque fois que l’homme est un loup pour l’homme, que le mensonge est présenté comme une vérité, que l’intelligence démissionne et suit ses pulsions, que la force physique prend le dessus sur le dialogue, que la corruption l’emporte sur la justice, que l’intérêt particulier de quelques-uns prend le dessus sur le bien commun, que l’égoïsme d’une catégorie prend le dessus sur les autres, que le pouvoir commet des abus ou rend aveugle.

le combat spirituelRegardons maintenant en quoi consiste ce combat en nous-mêmes : il y a en nous des ténèbres, des profondeurs, notre imaginaire, nos pensées, nos rêves, notre cinéma intérieur, nos décisions personnelles, conjugales, familiales, professionnelles. C’est ce que l’on appelle le combat spirituel. Ce n’est pas un combat contre l’Esprit de Dieu, mais un combat contre nos penchants naturels, nos peurs. Nous ne sommes pas seuls pour lutter. Dieu nous donne de combattre avec la force et l’aide de son Esprit contre tout ce qui nous empêche de grandir, de devenir plus libres, d’aimer Dieu et les autres en vivant comme le Seigneur nous le propose.

Femme, ensuite. Non pas que la femme soit au cœur du combat. Bien au contraire ! Les femmes sont souvent celles qui ne fuient pas le combat. Regardons les belles figures de l’Antiquité : Antigone, Pénéloppe l'épouse d’Ulysse, sans oublier celles de la Bible : Esther, Judith, Rahab (Jos 2), ou encore la Bien-aimée du Cantique des cantiques. la Visitation : Marie chez ElisabethLe Nouveau Testament nous rapporte aussi de belles figures de femmes, non seulement de la femme de l’Apocalypse, mais aussi de ces deux femmes, Marie et Elisabeth qui prennent le temps de s’accueillir mutuellement, qui vivent une belle rencontre, qui prient ensemble. 2 femmes qui sont de deux générations différentes. 2 croyantes qui ont un point commun : elles sont enceintes. Elles vont donner naissance à un enfant à six mois d’écart. Pour chacune, cet enfant est un don de Dieu. Pour Elisabeth, la femme stérile, Jean est un don de Dieu dans sa vieillesse, comme ce fut le cas pour Sara, l’épouse d’Abraham. Pour Marie, la jeune femme promise à Joseph, Jésus est conçu du St Esprit. Ces deux enfants se retrouveront une trentaine d’années plus tard sur les bords du Jourdain. Je n’oublie pas les femmes au tombeau de Jésus, le premier jour de la semaine. Elles pensaient s’occuper d’un mort. Et c’est un vivant qui va s’occuper d’elles. L’une d’elles sera l’apôtre des apôtres. En confiant ce message à des femmes, nous découvrons que quelque chose a changé. Avec la naissance de l’enfant, Dieu est vainqueur du dragon qui n’a pas réussi son projet.

un nouveau-néNaissance, enfin. C’est une bonne nouvelle qui vient de Dieu. C’est la vie qui est donnée par Dieu. C’est la joie. C’est une promesse. C’est un appel. C’est un à-venir. C’est un don. C’est la nouveauté, une nouveauté qui peut parfois faire peur, parce que nous préférons tout contrôler dans notre vie. Mais on ne peut pas contrôler un enfant qui va grandir, sinon, on en fait une marionnette, sa chose. Tout le contraire de ce que Dieu fait avec nous !

Le baptême, c’est la naissance « de l’eau et de l’Esprit » (Jn 3,5). La résurrection, c’est notre dernière naissance : tous revivront. La résurrection, c’est la destruction de la mort, son engloutissement, sa noyade. La mort aura le souffle coupé. Elle sera asphyxiée. Elle va s’étrangler définitivement, irrémé-diable-ment.

Finalement, en célébrant l’Assomption de Marie au ciel avec son corps et son âme, c’est une triple bonne nouvelle pour l’humanité : 1) Jésus est plus fort que la mort, il est vraiment ressuscité. Il a rouvert le ciel. Et 2) sa mère en est la première à en profiter, avant que 3) ce soit notre tour.

Ap 11,19a . 12,1-6a.10ab ; Ps 44 ; 1 Co 15, 20-27a; Lc 1, 39-56

P. Olivier Joncour

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