Dieu soutient ceux qu'il a séduits Homélie 22° dim TO A (31.08.2014)

Dimanche 31 août 2014 22° dim TO A Colombes

Dieu soutient ceux qu'il a séduits

Le cœur de l’homme peut passer d’un extrême à l’autre. Pour rappeler l’épisode précédent, Simon-Pierre qui venait de reconnaître que Jésus était « le Messie, le Fils du Dieu vivant » (Mt 16) s’oppose et refuse que Jésus souffre et meurt. Le prophète Jérémie se rappelle qu’il avait été séduit par Dieu le Père, et maintenant qu’il est rejeté, il veut renoncer à sa vocation de prophète. Après avoir été séduit, nous sommes appelés à persévérer dans l’épreuve quitte à offrir notre vie.

Séduction divine.

Ce n’est pas à force de gros muscles ou de décolletés généreux que Jérémie, Simon-Pierre ou Paul ont été séduits par le Seigneur. Cette séduction est comme une attraction qui est plus forte que la personne qui la vit. Cependant, Dieu n’est pas un Don Juan qui séduirait et ensuite, parvenu à ses fins, rejetterait sa proie prise dans ses filets. Au contraire, c’est comme dans un coup de foudre : un feu dévorant, au plus profond de mon être. La Bien-Aimé et sa Bien-Aimée du Cantique des cantiques (Marc Chagall)Proche de ce qu’écrit l’auteur du Cantique des cantiques en parle, entre le Bien-Aimé et sa bien-aimée. « L’amour est fort comme la mort. La passion est implacable comme l’abîme. Ses flammes sont des flammes brûlantes, c’est un feu divin. Les torrents ne peuvent éteindre l’amour. » (Ct 8, 6-7a)C’est plus fort que nous. Ce n’est pas un amour qui cherche à contrôler, mais à donner le meilleur pour les autres.

Persévérer dans l’épreuve et l’adversité

A l’heure où on se demande à quoi sert ce qu’on fait, si cela en vaut encore la peine, quand on a l’impression que rien ne marche, de ne pas être compris, d’être abandonné y compris de ses derniers amis, le prophète Jérémie, mais déjà Elie (cf 1 R 19)il y a 3 semaines, nous montrent que, même si le Seigneur nous demande de persévérer, Il donne aussi les moyens de durer et de patienter lorsque l’on voudrait baisser les bras, de tout laisser tomber, de tout abandonner, à commencer par Dieu. Cela me rappelle ce que racontait un prêtre lors d’un dîner vendredi soir. Pendant sa huitième année, il a connu une très forte épreuve au point de vouloir arrêter d’être prêtre. Et c’est finalement, en se mettant au creux des mains du Père, dans la prière y compris la nuit, qu’il a été réconforté et que Dieu l’a confirmé dans sa vocation au point que ce prêtre peut aujourd’hui dire, comme St Paul : « Rien ne pourra me séparer de l’amour de Dieu qui est en Jésus-Christ. » (Rm) Il est donc possible de rebondir après une épreuve.

Passe derrière moi, SatanNous nous reconnaissons dans l’objection de Simon-Pierre, lorsque nous avons eu peur pour nous, ou pour quelqu’un que l’on aime. Ce « non ! » est un réflexe vital. Cela traduit un « ce n’est pas juste ! Cela n’est pas normal ! Pas à toi ! » Lorsque ce cri humain ne va pas dans le sens du Royaume, nous ne devons pas faire obstacle à la volonté du Seigneur pour ne pas être l’Adversaire, l’Opposant, le Satan.

La dernière demande du Notre Père « Délivre-nous du mal » peut se traduire ‘libère-nous du mal que je subis’, mais aussi ‘libère-nous du malin’. Dans ces circonstances, nous redécouvrons que le Dieu de la Bible vient nous libérer du chaos initial et du désordre : Il a séparé la lumière des ténèbres (Gn 1) ; Il a libéré les hébreux de l’esclavage (Ex) ; Il a fait passer Jésus de la mort à la Vie. (cf L. Basset Oser la bienveillance p. 211-222) 

Autel.

AutelL’autel est le lieu de l’offrande. Offrande du pain et du vin. Mais aussi plus largement de toute la création, et aussi notre vie et toute l’humanité. Pour quoi ? Je vois quatre raisons :

1- pour présenter au Seigneur ce qu’Il nous donne, pour reconnaître tous ses bienfaits. Pour Lui dire que nous savons que c’est Lui l’Origine.

2- pour Lui demander de transformer ce qu’Il donne et qu’Il le fasse accéder à une nouvelle dimension : d’une dimension naturelle, ordinaire et première, à une dimension divine, extraordinaire et dernière.

3- pour apprendre à faire de notre vie un cadeau à Dieu et aux autres, comme Jésus l’a fait sur l’autel de la croix.

4- pour monter d’une marche en vue de conduire à son achèvement : dans la prière eucharistique, nous demandons deux fois à Dieu le Père qu’il envoie l’Esprit Saint : une première fois sur le pain et le vin, et une seconde fois sur l’assemblée, le Corps du Christ rassemblé.

Pour conclure, parce que le Seigneur nous a séduits et que nous voulons lui rester fidèles et crédibles jusqu’au bout, nous aurons peut-être à offrir notre vie comme certains frères dans la foi le vivent en refusant de renier leur foi en notre ami Jésus, en nous rappelant ce qu’a écrit Tertullien, un Père de l’Eglise : « Le sang des martyrs est semence de chrétiens », car on ne donne pas sa vie pour n’importe qui !

Jr 20, 7-9 ; Ps 62 ; Rm 12, 1-2 ; Mt 16, 21-27

P. Olivier Joncour

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