Comme des pingouins dérivant sur un iceberg ? Homélie 2013.04.28 5° dim Pâques C

    Dimanche 28 avril 2013 5° dim de Pâques C St Pierre St Paul Colombes

Comme des pingouins dérivant sur un iceberg ?

Eglise en croissanceL’extrait des Actes des apôtres raconte le travail missionnaire de Paul et Barnabé. Pour le dire autrement, comment l’Eglise grandit grâce au témoignage de Paul et Barnabé d’une part, grâce à l’accueil de la foi chez de nouveaux disciples dans les différentes villes et régions qu’ils traversent. A travers les uns et les autres, c’est le ciel nouveau et la terre nouvelle dont parle St Jean dans l’Apocalypse qui est visible dans la vie de ces personnes. la Porte de la FoiC’est la nouveauté de Jésus ressuscité dans la vie des uns et des autres qui se donne à voir, pas seulement dans une vision, mais surtout dans le cœur d’hommes et de femmes. Ils font l’expérience que Dieu est réellement avec eux. Ceux qui ne faisaient pas partie de la descendance d’Abraham le sont devenus. Ils le sont devenus par la foi et le baptême. Ils ont franchi la porte de la foi.
Ce qu’ont vécu Paul et Barnabé au cours de leur voyage missionnaire, ils ne le gardent pas pour eux. Ils le racontent à la communauté de leurs frères d’Antioche de Syrie ce que Dieu avait fait avec eux.

Ce qui montrera à tous les hommes que vous êtes mes disciples, c'est l'amour que vous aurez les uns pour les autres.
Que donnons-nous à voir personnellement ? Que donnons-nous à voir dans la manière de vivre ensemble comme chrétiens ? Imaginons qu’une personne qui ne soit pas baptisée qui ignore tout de la religion catholique entre dans cette église, s’installe au dernier rang et regarde ce qui se passe au cours de cette messe de 9h. Que voit-elle ? Ce qu’elle voit en premier et ce qui la frappe en premier, ce sont des personnes qui sont tournées dans la même direction, vers le chœur de l’église, vers l'autel. Mais ce qui la choque le plus, c’est que les personnes sont assises loin les unes des autres, comme si elles ne se connaissaient pas, comme si elles n’avaient pas envie d’être ensemble ni d’être dérangées par leur voisin ou leur voisine. Sommes-nous contaminés par l’esprit généralisé d’individualisme du monde ? C’est peut-être une fausse impression, pourtant nous savons combien ce qui est vu est important et combien la première impression compte pour nous tous, d’autant plus que nous ne voyons pas Celui que nous prions. Aujourd’hui, ce n’est peut-être pas seulement cet inconnu qui nous pose la question, c’est aussi Jésus qui nous donne ce commandement nouveau. C’est Jésus devant qui nous devons nous demander : "Nous aimons-nous les uns les autres ?" Sommes-nous comme des pingouins dérivant sur un iceberg ?Et cet amour dont Jésus parle, ce n’est pas un simple sentiment, c’est au contraire cet amour dont Dieu nous aime. Et en nous aimant les uns les autres, c’est Dieu que nous glorifions, c’est le Seigneur de nos vies que nous prenons au sérieux, c’est l’Esprit Saint que nous laissons agir en nous. Je ne dis pas pour autant qu’il faudrait que nous soyons serrés et collés les uns aux autres comme des pingouins sur un iceberg qui s’est détaché de la banquise et qui dérive.  

Finalement, Jésus nous fait découvrir que par nos relations les uns avec l’autres nous révélons ou non Jésus : sommes désunis ou en communion ensemble ? Donnons-nous envie de connaître Jésus si nous vivons entre nous comme si Jésus ne nous avait pas aimés jusqu’au bout sur la croix ? Quelle est cette spécificité chrétienne que l’on devrait observer et qui manque peut-être ? A quelle conversion, à quel changement, nous sentons-nous appelés par Jésus ce dimanche ?

Ac 14, 21b-27 ; Ps 144 ; Ap 21, 1-5a ; Jn 13, 31-33a.34-35

P. Olivier Joncour

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