Aider, C dar Homélie 2013.09.28 26° dim TO C

Dimanche 29 septembre 2013 26° dim TO C St Pierre St Paul de Colombes Messe de rentrée de l’Aumônerie

Aider, C dar*

Si nous croyons que Jésus parle de ce qui arrive après la mort, si vous demandez de quel côté de l’abîme vous irez, du côté d’Abraham et de Lazare ou du côté du riche, dans la fournaise, nous sommes dans une impasse.

Avec Marie-Pierre, on a décidé de ne pas garder l’extrait du prophète Amos. Cela aurait sûrement rappelé certaines fêtes, certains anniversaires, rallyes ou 'Teuf'. A votre âge, vos parents appelaient ça une ‘boum’ ou une ‘surprise party’. C’était moins trash ! Faire la fête de façon sobre, c’est dar !

A qui Jésus raconte-t-il cette parabole ? Il faut remonter au verset 14 pour l’apprendre. Il s’adresse à des pharisiens. Je n’ai pas dit ‘des Parisiens’, au sens où les Marseillais se diraient, c’est bon que pour le PSG ou les Parigots, ni au sens où ceux de la banlieue se diraient c’est pour ceux d’au-delà du Périph’. Jésus s’adresse à des Pharisiens, c’est-à-dire à des juifs respectueux de la Loi de Moïse, dont St Luc nous dit qu’ils sont « attachés à l’argent » (16, 14)

La parabole du riche et de Lazare (Moissac)Dans la parabole, ils sont symbolisés par l’homme riche qui organise de belles fêtes. Il est aveugle et sourd. Il ne voit pas au-delà de sa porte. Il n’entend rien des bruits au-delà du mur de sa propriété. C’est comme une critique de ceux qui disent : ‘vivons heureux, vivons cachés’ (épicuriens). L’aveugle ne voit pas Lazare. Sans doute ne s’est-il même pas aperçu qu’il était mort.

Ce n’est qu’après sa mort que l’homme riche voit Lazare, car il a besoin de lui. Et il demande à Abraham de l’envoyer par deux fois : 1) d’abord pour lui car il a soif dans la fournaise ; 2) ensuite, pour ses frères pour les prévenir parce qu’il veut leur éviter la situation qu’il connaît. Ce qui est triste, c’est qu’il est toujours dans une relation de maître à esclave, de dominant à dominé. Jésus nous invite à inventer des nouveaux types de relations. Cherchons dans la direction de la fraternité. « Vous êtes tous frères ! » même si ce n’est pas facile ! cf Caïn et Abel (Gn 4), Jacob et Esaü (Gn), les 2 frères de la parabole du père qui pardonne (Lc 15,11-32). Vivre comme des frères et sœurs, c’est dar !

Construire des ponts et pas des mursLe pape François a invité les catholiques à construire des passerelles et des ponts plutôt que des murs (8 mai 2013). Les murs, en effet, isolent, séparent : il y a eu le mur de Berlin et le rideau de fer entre l’Europe de l’Est et l’Europe de l’Ouest en 1961. Il est tombé en 1989. Depuis, il y a le mur entre la Palestine et Israël. Il y a aussi des murs dans les têtes et les cœurs.

Alors, concrètement, pour nous à Colombes, il s’agit à travers la vie de l’Aumônerie de la 6° à la Terminale, où nous sommes nombreux et mélangés dans les équipes, - ce qui est une grande richesse - de construire des ponts entre les collèges de la ville, entre lycées aussi, mais aussi entre établissements publics et privés. Ou encore entre les quartiers pavillonnaires et les ‘Téci’ (cité, en verlan), entre croyants de différentes religions (comme je peux le faire lors de nos rencontres tous les 2 mois avec le rabbin, l’imam et le pasteur et quelques croyants de nos communautés respectives), entre croyants et croyants autrement, entre jeunes, parents et grands-parents, et ceux en maison de retraite. Pourquoi ? Mais sinon, nous allons tous crever les uns à côté des autres sans nous connaître, ou en restant seulement à des caricatures. Et « on vaut mieux que des caricatures », vous ne croyez pas ? [Oui/si !] Vous ne croyez pas ? [Oui/si !]

Jésus nous invite à dépasser les clichés et les jugements un peu rapides et hâtifs, les jugements caricaturaux sur les « Kaïras » et les « fils de bourges ». Voir les autres sans lunettes déformantes, c’est dar !

Ecrans de télévision, d'ordinateur, de smartphone, de tablette, de console de jeux vidéoJésus nous ouvre les yeux. Le monde ne se limite pas à la petite partie que nous connaissons. « Elargis l’espace de ta tente » (Is 54,2). Enlève tes œillères ! Le monde ne se limite pas qu’à tes écrans de TV, d’ordi, de ton lecteur MP3, à tes amis sur Facebook. Décroche de ton jeu vidéo. Enlève ton casque ou ton oreillette. Branche-toi sur la vie réelle !  

« Construire des ponts plutôt que des murs », c’est dar !

Pont réalisé avec des pinces à lingeLa pince à linge que l’on vous a demandé d’apporter, à quoi va-t-elle servir ? A nous la mettre sur le nez parce que cela ne sentirait pas bon ?  A écrire dessus son prénom ? Non, c’est pour construire un pont. Et pour y arriver, nous avons besoin de la pierre de chacun, cette pierre symbolisée par une pince à linge. Pour y arriver, nous avons besoin d’être plusieurs, nombreux. On ne peut pas y arriver seul. C’est ambitieux, mais c’est possible. C’est difficile, mais ce n’est pas impossible. Pourquoi ? S’il n’y a plus de fossé sur terre – aidons Dieu à réussir son pari – il n’y aura plus de fossé après la mort ! Aider Dieu à réussir, c’est dar ! S’entraider à réussir, c’est dar ! Aider ceux qui en ont besoin, c’est dar !

1 Tm 6, 11-16 ; Ps 145 ; Lc 16, 19-31

P. Olivier Joncour

*"Aider, C dar"** : thème de l'année 2013-14 pour l'Aumônerie, dans le prolongement de Diaconia 2013

** Pour les + de 20 ans qui ne comprennent pas la 2° partie de l'expression, demandez à un ado qui vous traduira  ;-)

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