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Le Dieu qui (se) donne permet de se donner Homélie 11° dim TO A (14.06.2026)

Dimanche 14 juin 2026 11° dim TO A St Jean des Grésillons

Le Dieu qui (se) donne permet de se donner

Le Seigneur nous habitue à sa présence. Au-delà des promesses qu’il peut faire, Il veut que nous passions du temps avec Lui.

Avec Abraham, autant Il lui a donné rapidement une terre où il l’a conduit, autant ce fut après plusieurs années qu’il lui a donné un fils, Isaac.

Moïse a passé 40 jours et 40 nuits sur le Mont Sinaï pour le préparer avant que le Seigneur ne lui donne les Dix Commandements. Si Moïse était prêt, ce n’était pas du tout le cas du peuple resté dans la plaine, oubliant Moïse et le Dieu qui l’avait fait sortir d’Egypte et de l’esclavage. Rappelons-nous le célèbre épisode du Veau d’or à la descente de Moïse ! Le peuple, lui, n’avait pas été préparé. Et il avait la mémoire courte.

Il a fallu 3 années pour que Jésus forme des disciples et en fasse des apôtres. Partageant son quotidien, sa prière, ses enseignements, témoins des guérisons. Et l’Esprit saint a continué après la Pentecôte (cf Ac 2).

Voilà pourquoi la préparation au baptême des adultes, des jeunes, des adolescents demande du temps et se déploie sur plusieurs années et même toute la vie. Et après le baptême, il faut persévérer, durer. C’est comme dans une relation amoureuse où tout a commencé par un coup de foudre. après avoir été séduit voire aveuglé par tel ou tel aspect de l’autre, on découvre aussi la réalité, les faiblesses, les limites, les blessures, … S’ils décident de continuer ensemble, ce sont alors deux boiteux qui marchent côte à côte et qui s’entraident, se soutiennent, s’encouragent, font face ensemble aux épreuves et difficultés.

Notre Dieu est un Dieu de relations, un Dieu personnel, qui veut vivre une rencontre avec chacune et chacun de nous comme avec Moïse au Mont Sinaï.

Le Seigneur Jésus nous fait confiance. Il passe du temps avec nous pour que nous soyons de plus en plus proches de Lui et à l’aise avec Lui. Et plus nous passons du temps avec Lui, à L’écouter, à Le prier, à Le voir guérir des personnes, plus nous comprenons qu’il est à nos côtés, Dieu avec nous, Emmanuel, Dieu pour nous. Il nous connaît chacune et chacun par notre prénom. Et s’Il nous attire à Lui, c’est parce qu’Il veut partager notre quotidien, notre vie ordinaire pour en faire de vies extraordinaires, hors du commun. Il veut que nous soyons ses amis (cf Jn 15,15b) !

Et s’Il nous appelle, ce n’est pas pour nous tendre un piège, ou nous oublier 5 min après. Et si nous ne nous en sentons pas dignes ou incapables ou pas à la hauteur, ce n’est pas étonnant. En fait, c’est Lui qui va nous former : Il connaît nos limites, nos faiblesses pour nous faire grandir, pour nous montrer comment progresser pour que ce soit sa force qui agisse en nous, à travers nous, pour les autres. Et rappelons-nous que Jésus n’est pas un Directeur de Ressources humaines : il a des critères différents des nôtres : qui a sauvé tous ses frères et leur père Jacob de la famine? L’aîné des frères? Non! Joseph qui avait été vendu par ses frères à des marchands? Qui le Seigneur a-t-il choisi parmi les fils de Jessé pour prendre la suite de Saül comme roi d’Israël? L’aîné? Les plus âgés? Non, le plus jeune, David qui gardait les moutons ! (1 S 16, 3-16). Et parmi les Douze qu’il a choisis,

Simon-Pierre a renié Jésus trois fois (cf Mt 26, 69-74),

Jacques et Jean voulaient les places d’honneur (cf Mc 10,35) et

Thomas n’a pas cru le témoignage des autres apôtres (cf Jn 20,25)

Nous sommes tous des bras cassés. Et pourtant, le Seigneur continue de nous faire confiance. Alors, Léo, bienvenue dans la famille des bras cassés !

« Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime. » (Jn 15,13)

Ce que je vis aujourd’hui dans la chair, je le vis dans la foi au Fils de Dieu qui m’a aimé et s’est livré lui-même pour moi. (Galates 2,20)

C’est le résumé avec les mots de l’Evangile de St Jean où Jésus explicite le sens de sa vie offerte sur la croix pour le salut de tous ! Donner notre vie pour le suivre qui est un homme bien ce n’est pas toujours facile. C’est dire la grandeur de son amour divin pour chacune et chacun de nous. Et cela ne peut pas nous laisser indifférents. Cela a fait écrire l’apôtre Paul dans la lettre aux Galates : « Ce que je vis aujourd’hui dans la chair, je le vis dans la foi au Fils de Dieu qui m’a aimé et s’est livré lui-même pour moi. » (Ga 2,20)

D’autres ont donné leur vie pour des inconnus : souvenons-nous de saint Maximilien Kolbe qui, en camp, a proposé de prendre la place d’un père de famille qui faisait partie du groupe de prisonniers choisis en représailles après l’évasion d’un détenu. Dans le cachot de la faim, il a prié avec les autres, chanté avec eux, fortifié leur foi et encouragé l’espérance de ses codétenus.

Arnaud Beltrame gendarme

Arnaud Beltrame, un gendarme, a proposé de se livrer en otage contre la vie d’une caissière de supermarché, avec le projet de neutraliser et d'arrêter le terroriste.

Hier, Sylvain et Stéphanie ont échangé leurs consentements et se sont donnés le sacrement de mariage. Ils se donnent corps, coeurs et âmes l’un à l’autre.

Nous avons reçu la vie biologique de nos parents, et la divine qui commence lors de l’adoption baptismale et est nourrie lors de prière et de l'Eucharistie.

Ex 19, 2-6a ; Ps 99 ; Rm 5, 6-11 ; Mt 9,36 - 10,8

Père Olivier Joncour

Maximilen Kolbe Une vie donnée (film Saje distribution)

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