Invités, à l'écoute, sauvés, témoins 2° dim Carême A (1.03.2026)
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Dimanche 1° mars 2026 2° dim Carême A Ste Marie-Madeleine Gennevilliers
Invités, à l'écoute, sauvés, témoins
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Après la création et la désobéissance (Gn 2-3), dimanche dernier, nous avons une nouvelle étape : l’appel du Seigneur à Abram à quitter son pays, ses sécurités, ce qu’il connaît bien, maîtrise et contrôle, pour entrer dans une nouvelle logique : celle de la confiance, de la foi en ce Dieu inconnu qui lui deviendra de plus en plus familier et personnel. C’est ce que vivent les personnes auxquelles Il se manifeste pour la première fois. Pour elles, c’est une voix nouvelle, jamais entendue jusqu’à présent. Une voix intime, qui vient nous rejoindre dans nos blessures, dans nos chemins de mort, dans nos déséquilibres, dans nos chemins tortueux et torturés. On est dans du « un avec un » avec l’Unique. Le grand apprentissage est de faire confiance même si on ne comprend pas pourquoi il nous demande de faire quelque chose de nouveau, ou différemment. En nous parlant coeur à coeur, Il nous apprend à reconnaître sa voix, pour que nous ne la confondions pas avec celle du serpent du jardin d’Eden (cf Gn 3), ni celle du diable au désert (cf Mt 4). Il nous guide sur des terres nouvelles où il fait bon vivre, où on découvre une joie et une paix inégalée. Il nous fait des cadeaux, des grâces pour nous encourager, pour faire grandir et fortifier notre relation, notre amitié. Et jour après jour, semaine après semaine, mois après mois, nous découvrons que le chemin que le Seigneur nous propose de suivre à la suite de son Fils et bon pour nous. Et cela ne peut que donner envie de continuer car Il sait mieux que nous ce qui est bon pour nous. N’est-ce pas Lui notre Créateur ?
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Après la solitude au désert pendant 40 jours (cf Mt 4), après bien de discours et des guérisons, à certains moments, Jésus parle à la foule, comme sur la montagne, les chapitres 5, 6 et 7 de saint Matthieu, ou lors du discours en paraboles avec celle du semeur au chap 13. A d’autres moments, Jésus ne parle qu’à ses disciples notamment lorsqu’ils lui demandent qu’il leur donne des explications (Mt 13,10). A d’autres moments, Jésus qui est mis à l’épreuve par de Pharisiens doit répondre à leurs questions (cf Mt 16, 1-4). A d’autres moments, Jésus parle directement aux douze disciples qu’il a choisis et qui deviendront ses apôtres, ses envoyés, comme au chapitre 10 de saint Mt où il donne leurs prénoms (10, 2-3) puis ses consignes et ses instructions lorsqu’il les envoie deux par deux en mission auprès des brebis perdues d’Israël (10,6). A quelques moments très particuliers, parmi les Douze, Jésus a choisi un sous-groupe de trois : Pierre, Jacques et Jean. La première fois, c’est après la profession de foi de Pierre et la première annonce de la Passion, de la mort et de la résurrection de Jésus. Il les emmène à l’écart sur une haute montagne. La seconde fois, ce sera après la Cène, lorsqu’il va à Gethsémani, prier au Mont des Oliviers où il a été tenté de ne pas faire la volonté de son Père (Mt 26,37). Dans les évangiles de saint Marc (5, 37) et de saint Luc (8,51), il y a un troisième moment : Jésus les prend avec lui pour aller chez Jaïre dont la fille est morte.
Le point commun avec le baptême de Jésus par son cousin Jean-Baptiste auquel aucun des disciple n’était présent : celui-ci est mon Fils bien aimé, en qui je trouve ma joie. Et le Père ajoute le verbe qui traverse toute la Bible : écoutez. « Ecoute, Israël, le Seigneur notre Dieu et l’unique » (Dt 6,4) Ce n’est pas si facile : combien de fois les prophètes d’Israël qui sont les porte-parole de la Parole de Dieu ont-ils dit au Peuple désobéissant car il se détourne de Lui ; « Vous n’avez pas écouté ma voix. » (Jr 3,13d). Mais le Seigneur est le semeur de la parabole (cf Mt 13). Il passe et il repasse. Il veut créer cette communion avec nous, cette intimité, sans chercher à forcer notre liberté. « Voici que je me tiens à la porte et je frappe. Si quelqu’un entend ma voix et ouvre la porte, j’entrerai chez lui : je prendrai mon repas avec lui, et lui avec moi » (Ap 3,20).
Dans sa lettre à Timothée, saint Paul rappelle l’appel de tous à être saints, à partager la vie de Dieu, à nous associer à l’annonce de l’Evangile, par le style missionnaire qui est le nôtre : par de actes, en rendant service, en écoutant, en parlant, en étant aux côtés de personne fragiles ou en difficulté pour leur montrer combien chacune, chacun et important, y compris celles qui pensent qu’elles ne sont pas aimables. C’est par grâce, par don gratuit de Dieu que nous avons été sauvés, non pas à cause de nos propres actes. C’est le Seigneur qui nous a aimés le premier. Lui et lui seul a été crucifié et a donné sa vie par amour pour nous pour que nous fassions de même. Il a payé le prix. On ne pourra jamais le rembourser. « Il n’y a pas de plus grand amour que de donner a vie à ceux qu’on aime. » (Jn 15)
Finalement, chaque prière, chaque messe est cet appel, à répondre à l’invitation à sortir de chez nous, pour grandir dans la foi en écoutant la Parole de Dieu et en reconnaissant Jésus, notre sauveur, visible avec le yeux de la foi sous les signes, les apparences du pain et du vin devenus son Corps et son sang et pour que, transformés en Lui par Lui, nous soyons envoyés comme ses témoins.
Gn 12, 1-4a ; Ps 32 ; 2 Tim 1, 8b-10 ; Mt 17, 1-9
P. Olivier Joncour
