David, l'aveugle-né et les catéchumènes Homélie 4° dim Carême A (15.03.2026)
-
Dimanche 15 mars 2026 4° dim Carême A saint Jean des Grésillons Gennevilliers
David, l'aveugle-né et les catéchumènes
Après la création et la désobéissance le 1° dimanche, l’appel d’Abram le 2°, la soif à Réphidim le 3°, c’est l’onction de David comme futur roi pour prendre la suite de Saül.
Le Seigneur demande à Samuel un travail de discernement pour découvrir qui Il a choisi parmi les fils de Jessé. D’ailleurs, il ne sera pas le roi du peuple, mais celui du Seigneur, mon roi. Son rôle sera de guider le peuple, d’en prendre soin. Le choix est tombé sur celui qui n’était pas avec les aînés, le plus jeune, David qui était berger.
/image%2F1489074%2F20260316%2Fob_72d8d2_4fefd7940b0c9601dc2784f091e94329.jpg)
Un dessin animé intitulé "David" va sortir sur sa vie au cinéma mercredi 18 mars. Il a un peu d’expérience. Le Seigneur le fera grandir, prendre de la carrure.
Au sujet des catéchumènes, comme pour le jeune David, nous sommes à chaque fois étonnés par la diversité des histoires, des situations des personnes de tous âges qui arrivent à l’église après un temps plus ou moins long de recherche, d’observation.
Les accompagnateurs reçoivent de l’Église la mission d’être le grand frère ou la grande sœur dans la foi pour marcher à ses côtés. Il faut trouver le bon rythme. A certains moments, la demande est forte. A d’autres, ça freine ou on passe en mode « pause » avant de redémarrer. Il faut accompagner les besoins de changements, de renoncements : « Que faut-il arrêter ? » Il faut aider à repérer ce qui empêche d’être libre, heureux, en paix. Ils pourront passer des ténèbres à la lumière. Il faut reconnaître ce qui est bon.
Tout cela demande du temps : c’est un chemin de croissance qui est balisé par les étapes jusqu’à Pâques, depuis la première demande à une sortie de messe ou à un autre moment, le début de la formation, puis l’entrée en Eglise, l’appel décisif par l’évêque, et les trois scrutins pendant le Carême. Comme pour David, l’Esprit descend sur eux, même avant le baptême et la confirmation. La vie de prière commence déjà pendant la préparation, avec d’autres et seul. C’est aussi l’occasion de vivre un service des plus fragiles.
Après les trois tentations au désert et la mise au défi de son être de Fils de Dieu le 1° dimanche, sa confirmation au 2°, la Samaritaine qui a découvert plusieurs titres qui sont donnés à Jésus le 3°, Jésus va à la rencontre d’un homme aveugle depuis sa naissance. Il apporte l’éclairage divin sur la maladie ou le handicap : cela ne vient pas de Dieu, ce n’est pas Dieu qui punit car cette personne ou ses ancêtres auraient péché gravement.
Jésus tient compte de la situation de l’aveugle mendiant. Lui, le médecin des corps et des âmes, fait de la boue qu’il met sur les yeux. Ce n’est sans rappeler un geste dans le parcours des enfants, des jeunes et des adultes qui se préparent au baptême, lors de la première étape, après la demande à l’entrée de l’église, l’accompagnateur dessine le signe de la croix sur plusieurs sens dont la vue, lorsque le prêtre dit : « Que vos yeux soient marqués de la croix pour que vous voyiez la lumière de Dieu … » (RICA n°90).
/image%2F1489074%2F20260316%2Fob_57957a_israel-jerusalem-piscine-de-siloe-inte.png)
Jésus demande à l’homme d’aller se laver à la piscine de Siloé, construite au temps du roi Ezéchias (2 R 20,20). S’il n’y va pas, il aura l’air ridicule avec de la boue séchée sur les yeux. S’il y va, il n’a rien à perdre après tout ! L’homme qui a fait cela pour lui a dit à ses amis qui étaient avec lui que les œuvres de Dieu [allaient] se manifester en lui. Jésus le rend acteur. Il se lève et marche. Il participe à sa guérison en allant à la piscine. De la même manière qu’il avait franchi deux lignes blanches avec la Samaritaine, un homme parlant avec une femme d’une part, un Juif et une Samaritaine d’autre part, Jésus sort du cadre : il le fait le jour du repos de l’homme pour prier Dieu, le sabbat, du vendredi à la tombée de la nuit au samedi fin d’après-midi. La bonne nouvelle est que sa guérison sera un don de Dieu, un cadeau, une grâce.
L’Envoyé du Père y envoie cet homme pour voir. Il témoigne aux Pharisiens de la transformation physique qu’il a vécue, mais aussi de sa vie changée depuis. Il répond à leurs questions pièges. Au fur et à mesure, il gagne en confiance en lui. Il parle ouvertement de Jésus qui a fait cela pour lui. Avec sa simplicité, il les prend presque à défaut. L’homme s’en sort très bien, avec de l’humour. Les catéchumènes témoignent facilement de leur vie qui a changé, transformée. C’est également le constat des proches, famille et amis. Ils parlent de leur joie intérieure liée à cette rencontre du Christ, de paix du coeur, de relations plus ouvertes. Et cela suscite souvent la curiosité et un questionnement. Le témoignage est en actes et en paroles. Le Nom de Jésus est dans chacune de leurs phrases.
Jeudi, c’était la mi-carême. Pour ceux qui n’ont pas commencé, saisissez cette occasion pour vous lancer. Pour ceux qui sont éprouvés ou tentés de baisser le bras ou même d’arrêter, regardez vos progrès. Demandons à Jésus, notre Lumière intérieure de nous éclairer dans nos choix, de faire taire nos ténèbres, afin d’accueillir son amour, de vivre une démarche de réconciliation, de demander le pardon de Dieu, de donner son pardon à une personne qui nous en a fait la demande il y a bien longtemps, avant Pâques.
1 S 16, 1.6-7.10-13a ; Ps 22 ; Ép 5, 8-14 ; Jn 9, 1-41
P. Olivier Joncour
Bassine d’eau à bénir [A la fin de la messe, pour vivre la démarche après le chant d'envoi] :
Pour celles et ceux qui ont besoin de voir plus clair ce que le Seigneur leur demande, ceux qui ne voient pas leurs péchés, ceux qui ne refusent de voir une personne avec laquelle ils sont fâchés ou en conflit peut-être depuis très longtemps, mais qui savent que par ta grâce, eux aussi ils peuvent retrouver la vue, Seigneur, nous Te prions : bénis (+) cette eau qui nous rappelle celle du baptême. Accorde aux baptisés, aux catéchumènes et à ceux que tu attires à Toi et qui ont besoin de ta grâce au cours de ce carême, qu’en se lavant les yeux comme l’aveugle-né à la Piscine de Siloé, ils reçoivent de Toi la guérison, la claire vision de ce qu’il doivent faire ainsi que la force de l’accomplir
Par JC
