Des cendres au feu pascal Homélie Mercredi des cendres (18.02.2026)
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Mercredi des cendres 18 février 2026 NDA Gennevilliers
Des cendres au feu pascal
Nous avons 40 jours pour passer des cendres au feu de la veillée pascale. Jésus revisite des pratiques de la vie et de la foi juive qui existent aussi dans d’autres religions : la prière, le jeûne et l’aumône.
Pour commencer, évitons des expressions malheureuses : faire le carême, faire la prière, faire le jeûne, faire l’aumône ; ce ne sont pas des actes, pas des efforts pour marquer des points avec un dieu comptable qui enregistrerait ce qui est bien à l’actif et nos péchés au passif. Par contre, ayons recours à la richesse de la langue française :
- à la place de faire le carême, « vivre le carême », car ces 40 jours doivent nous aider à revitaliser le aspects de nos vies de baptisés qui sont secs, qui sont durs, qui sont centrés sur nous ;
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- à la place de faire la prière, « prier le seigneur » : nous laisser remplir de son amour, de sa paix sans comparaison, nourrir notre âme avec sa Parole, notre corps avec de bons aliments, notre esprit et notre intelligence avec de bonnes lectures par exemple une vie de saint, comme saint François d’Assise dont c’est cette année le 800° anniversaire de la mort. Je vous recommande « Le Très-bas » de Christian Bobin, ou « St François d’Assise Retour à l’Evangile » d’Eloi Leclerc.
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- à la place de faire le jeûne, « se priver de bonnes choses » pour retrouver une juste distance avec soi ! Dans ce domaine, il faut éviter le piège de l’orgueil et de faire du jeûne un exploit, un résultat, alors que ce n’est qu’un moyen. En effet, jeûner non pas pour économiser de l’argent, mais pour porter une intention de prière comme les évêques de France le proposent vendredi prochain pour éclairer les consciences sur le projet de loi sur la fin de vie.
- à la place de faire l’aumône, « partager notre argent », notre temps, notre écoute, nos talents, notre espérance, nos paroles bienveillantes, notre amitié, ce dont nous avons comme richesses
Ce carême, c’est une manière de relancer notre élan de vie et l’appel à la sainteté pour apprendre à ressembler de plus en plus au seigneur.
Sur la croix du décor devant l’autel : qu’y a-t-il écrit ? « mort, souffrance sur la barre de gauche ; Dieu et amour sur la partie haute de la barre verticale ; partage, prière, lumière sur la basse ; paix, joie et pardon sur le bras droit.
Continuons en prenant ou reprenant le chemin de la Randonnée biblique avec les 40 chapitres du livre de l’Exode pour voir comment ce peuple qui était esclave en Egypte a été entendu par Dieu dans sa misère a été guidé par le seigneur qui ne l’a pas abandonné à sa condition, la conduit jusqu’à la Mer Rouge qu’Il a ouverte pour les faire passer d’une rive à l’autre, qui les a guidés au désert, qui a conclu l’Alliance en leur donnant sa Loi, qui leur a donné à boire alors qu’ils avaient soif, et à manger les cailles et la manne alors qu’ils avaient faim, qui les a accompagnés de sa présence, de sa nuée y compris dans les moments d’incompréhensions, dans les tentations y compris de revenir en Egypte ou de se faire son petit dieu en fondant le veau d’or.
Pendant ce 40 ans, le seigneur a éduqué son peuple : il n’est en effet pas facile de retrouver la liberté ! c’est plein de pièges. Dans le désert, il y a des oasis pour se reposer à l’ombre, pour faire des réserves eau. Il y a aussi des mirages. Chaque jour, trouvons un oasis où nous pouvons prier : dans notre chambre, dans une église, … Dans le désert, il y a aussi des serpents qui piquent. Dieu demandera à Moïse de faire une statue de bronze sur un mat de telle sorte que les personnes qui étaient piquée et qui regardaient le serpent de bronze étaient guéries et sauvées (Nb 21, 6-9).
Demandons au seigneur de nous accompagner jour après jour dans ce travail de libération intérieure, par l’écoute de sa Parole et en demandant à recevoir le Pardon de Dieu pour nos péchés avant Pâques, pour tout ce qui nous empêche d’être de disciples-missionnaires, de vivre les béatitudes, d’être le sel de la terre et la lumière du monde.
Jl 2, 12-18 ; Ps 50 ; 2 Co 5,28 - 6,2 ; Mt 6, 1-6.16-18
P. Olivier Joncour
