Logique divine et nouveau paradigme Homélie Dim Baptême Christ A (11.01.2026)
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Dimanche 11 janvier 2026 Dim Baptême du Christ A ND de Agnettes Gennevilliers
Logique divine et nouveau paradigme
Jésus fut baptisé par son cousin de 6 mois plus âgé que lui dans les eaux du Jourdain, cette rivière qui prend sa source près de Césarée de Philippe. Jean, le dernier prophète d’Israël, propose une plongée dans l’eau comme signe de conversion et de retour à Dieu, en raison de la proximité du Messie. Mais quel est ce baptême dans l’eau qu’il donne et que tout Jérusalem et la Judée voulaient recevoir. Baptiser vient du verbe grec « baptizô », qui se traduit « plonger dans ». Ce plongeon dans les eaux du Jourdain nettoie les corps, mais aussi purifie l’âme et le coeur. Il annonce déjà que Celui qui est plus grand que Lui purifie donnera un autre baptême : « dans l’Esprit saint et le feu » (Mt 3,11d). Et c’est dans le sixième chapitre de la Lettre de saint Paul que nous écoutons pendant la veillée pascale nous est donné le sens du baptême chrétien : être plongé dans les eaux de la mort avec Jésus pour perdre souffle avant d'être ressuscités avec le Christ Jésus en sortant la tête de l’eau. « Nous tous qui par le baptême avons été unis au Christ Jésus, c’est à sa mort que nous avons été unis par le baptême. Si donc, par le baptême qui nous unit à sa mort, nous avons été mis au tombeau avec lui, c’est pour que nous menions une vie nouvelle, nous aussi, comme le Christ qui, par la toute-puissance du Père, est ressuscité d’entre les morts. » (Rm 6, 3-4)
Revenons au baptême de Jésus : Jésus demande à Jean d’accepter de le baptiser alors que Jésus n’en avait pas besoin, pour deux raisons : 1) Fils de Dieu, il n’a jamais péché et n’avait donc pas besoin de se convertir ; 2) Il était lui-même la raison pour laquelle les pécheurs devaient se préparer pour sa venue. Jean doit donc accomplir la mission que le Seigneur lui avait confiée, autrement dit de le baptiser même s’il ne comprenait pas avant pourquoi. C’est en le faisant qu’il comprendrait plus tard. A certains moments, comme Abraham auquel il a demandé de lui faire confiance en quittant Harane pour lui donner une terre et une descendance (cf Gn 12,1-4), le Seigneur nous demande de lui faire confiance, de faire sa volonté, même si nous ne savons pas ce que nous allons vivre. En principe, c’est pour notre bien. Le Christ Jésus n’a-t-Il pas dit à Simon-Pierre : « Ce que je veux faire, tu ne le sais pas maintenant ; plus tard, tu comprendras. » (Jn 13,7).
Ensuite, Jésus qui prendra souvent ses contemporains à contre-pied, n’a pas peur d’inverser les rôles : effectivement, alors que Jésus aurait dû baptiser Jean, son cousin, et les autres juifs qui voulaient se préparer à sa venue - ce que Jean lui a dit – comme vraiment juif et humain, il a voulu se rendre solidaire de tout son peuple, alors qu’il n’était pas pécheur. Il en sera de même le dernier soir qu’il passe avec ses disciples : alors qu’il est « le Maître et le Seigneur », il a été le serviteur en leur lavant les pieds (Jn 13, 3-15).
Passons maintenant au chapitre 10 des Actes de apôtres si important : le Seigneur demande à Pierre de revoir un de ses points de repère : Il fait bouger les lignes. Jusqu’à présent, pour Pierre et les autres juifs, la ligne rouge à ne pas franchir, c’était de ne pas fréquenter les païens, les non-juifs, de ne pas aller dans leurs maisons. Sauf que le Seigneur veut être le Dieu de tous. Au cours de son dernier repas, la Cène, Jésus a dit en présentant la coupe de vin : « Ceci et mon sang, le sang de l’Alliance, versé pour la multitude en rémission des péchés. » (Mt 26,28) C’est donc le salut pour tous les humains qui est offert en Jésus, juifs ou pas.
Et dans ses dernières paroles, avant son ascension, sa montée au ciel, Jésus envoie les Onze apôtres : « Allez ! De toutes les nations, faites des disciples » (Mt 28,19). Ces consignes, Jésus ne les a pas données à Jérusalem, ni dans le Temple, mais en Galilée, plus au nord, dans cette région multireligieuse, où vivent côte à côte des juifs et des croyants d’autres religions.
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Et dans cette rencontre que Pierre vit chez un centurion romain chez qui l’Esprit St l’a envoyé, il a dû revoir toutes ses idées et manières de vivre après une vision que le Seigneur lui a donnée : une grande nappe avec des aliments purs, c’est-à-dire autorisés à être manger selon la loi des juifs, et d’autres, interdits. Même les interdits, Dieu lui a demandé, par trois fois, de les manger : « Mange » « Je n’y ai pas droit » « Mange ! » Il lui a fait comprendre que, de même qu’il n’y avait plus de séparation entre les aliments interdits et autorisés, Il ne faisait plus de différence entre les personnes : par la foi en Lui et en Jésus mort et ressuscité, tous peuvent être sauvés. Chrétiens d’origine juive ou païenne pourraient ainsi manger à la même table, le même menu !
Is 42, 1-4.6-7; Ps 28; Ac 10, 34-38; Mt 3, 13-17
P. Olivier Joncour
