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Un loup dans la crèche? Homélie Noël (24-25.12.2025)

Mercredi 24 décembre Nuit de Noël St Jean et NDA Gennevilliers

Un loup dans la crèche?

le loup de la pub intermarché devenue virale sur les réseaux sociaux

Nous avons été nombreux à découvrir la publicité devenue virale dans le monde entier pour des supermarchés : le dessin animé d’un loup mal aimé qui a une mauvaise réputation. Forcément, son rôle est de manger le agneaux, les moutons et autres animaux qui se méfient de lui : c’est naturel. Quand il arrive avec un plat de légumes à partager avec les autres, on se dit qu’il y a eu un changement en lui. Ce qui provoque aussi un changement pour les autres animaux autour de la table.

le loup de Gubbio

Cela n’est pas sans nous rappeler l’histoire du loup de Gubbio auquel St François d’Assise a parlé, ce grand saint qui a été un artisan de paix et de dialogue avec le Seigneur, avec des personnes qui ne croyaient pas comme lui et avec toute la création : on se souvient du célèbre sermon aux oiseaux et de son célèbre cantique des Créatures qu’il a écrit il y a 800 ans. St François avait compris que le loup était devenu agressif car les habitants du village lui jetaient des pierres. Ils ne voyaient en lui que le côté sanguinaire et violent. En le regardant autrement et en ayant un regard plein d’espérance, voyant au-delà des apparences et des premières impressions.

le loup et l'agneau Isaïe 11

Si on remonte un peu plus loin dans le temps, on croirait voir la vision que le Seigneur avait donnée au prophète Isaïe et que nous avons entendue le 2° dimanche de l’Avent A, le 7 décembre dernier : « Le loup habitera avec l’agneau, le léopard se couchera près du chevreau, le veau et le lionceau seront nourris ensemble, un petit garçon les conduira. » (Is 11,6). Cette vision de la création réconciliée est apaisante, surtout en cette période d’inquiétudes et d’incertitudes pour beaucoup d’entre nous. Dans notre monde marqué par la violence verbale, psychologique, physique, morale, nous avons besoin de trouver des oasis de paix et de réconciliation. Et cette période du temps de Noël a quelque chose de prophétique : le Prince de la Paix vient de naître. Pour lui, personne n’est trop loin de Dieu. Il est le berger qui est parti chercher chacune des brebis et des agneaux que nous sommes, éloignés du troupeau, parfois distraits, parfois en révolte, parfois en rejet, parfois désarçonnés, parfois déboussolés, parfois rejetés, parfois nous croyant indignes d’être proches de Lui, alors c’est Lui qui vient à nous !

Comment la naissance d’un enfant est-elle remplie de tant d’espérance? De quoi est-elle la promesse? En Jésus, vrai Dieu pour être totalement un homme sur notre terre, au milieu de la descendance d’Abraham, notamment les plus pauvres qui sont représentés par les bergers de Bethléem et en allant à la rencontre du reste de l’humanité, à travers les mages venus d’orient (Mt 2,1), c’est la fin des oppositions, des conflits, des différences qui opposent, qui font peur. Alors que nous sommes souvent dans la logique du prendre, voire du voler, ici le Dieu qui se laisse découvrir en Jésus, l’enfant de la crèche, que personne n’a accueilli car toutes les portes étaient fermées à Marie et Joseph, le Seigneur est dans la logique du don, de la gratuité : la grâce de Dieu s’est manifestée pour le salut de tous les hommes. […] Notre Sauveur, Jésus Christ s’est donné pour nous afin de nous racheter de toutes nos fautes, et de nous purifier pour faire de nous son peuple, un peuple ardent à faire le bien. Pour le dire avec les mots de St Jean : « Dieu a tellement aimé le monde qu’il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ait la vie éternelle. » (Jn 3,16)

Ce soir, ayant pris conscience que nous étions solidaires de ce peuple qui marche dans les ténèbres du mal, de la mort, de l’égoïsme, du manque d’amour pour le Seigneur, pour celles et ceux que nous ne choisissons pas, ou que nous sommes un de ces habitants du pays de l’ombre, préférant les ténèbres à la lumière, la mort à la vie, ou vivant dans les ténèbres de certaines maladies mentales ou psychiques dont nous ne pouvons pas guérir seuls, toutes les propositions ne sont pas forcément équivalentes ni bonnes ! Nous avons à discerner, à choisir en fonction de ce qui nous fait vraiment grandir et qui rend heureux. C'est pourquoi, en connaissant de plus en plus Jésus de Nazareth, nous pouvons faire l’expérience qu’au-delà de la curiosité, il est digne de confiance, il est fiable.

[Devant la crèche : ] « Jésus, j’ai confiance en toi ! Même si je ne sais pas jusqu’où tu me conduiras, je sais que c’est pour mon bien et celui des autres. Il y a tellement de témoignages à ton sujet, que toutes mes résistances peuvent tomber, tous mes freins peuvent disparaître. Jésus, j’ai confiance en toi, toi l’enfant silencieux de la crèche, toi Jésus le Guérisseur des lépreux des aveugles, des muets, ..., toi Jésus l’enseignant aux paraboles savoureuses, Jésus toi le Serviteur de tous. Toi Jésus, le Sauveur crucifié que le Père a ressuscité et qui qui ne fais pas de différence entre les personnes, Jésus qui as donné ta vie pour moi. Jésus, toi qui donnes un sens à ma vie. Jésus toi qui m’as pardonné tous mes péchés. Sois béni d'avoir accepté la demande du Père d'être notre Sauveur. »

Is 9, 1-6 ; Ps 95 ; Tt 2, 11-14 ; Lc 2, 1-12

P. Olivier Joncour

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