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Pèlerins de l'espérance dans les épreuves Homélie 33° dim TO C (16.11.2025)

Dimanche 16 novembre 33° dim TO C Ste Marie-Madeleine Gennevilliers ; Familles en deuil

Pèlerins de l'espérance dans les épreuves

Nous sommes à la fin de l’année liturgique chrétienne et nous entendons un extrait de la Bible qui parle du Jour du Seigneur. Voici que vient le jour du Seigneur, brûlant comme la fournaise.

Le Jour du Seigneur (France 2) JDS.TV

De quoi s’agit-il ? Ce n'est pas l'émission du dimanche matin, sur France 2. C’est le Jour de la venue de Dieu sur terre, à la fin de temps. Et nous entendons qu’il opère un tri entre les arrogants, tous ceux qui font le mal, d’une part, et ceux qui respectent Dieu et surtout qui font sa volonté en suivant les lois qu’Il donne, non pas pour asservir ou écraser ou montrer son autorité ou sa puissance, mais pour vivre vraiment et surtout porter des fruits pour les autres, d’autre part. D’un côté, la vie de ceux qui ne pesaient pas lourd car elle manquait déjà de densité, de profondeur spirituelle car ayant coupé toute relation avec Dieu, des relations avec les autres en détruisant, en humiliant, en blessant, en répondant au mal par le mal, en insultant, en choisissant la pente qui endurcit le coeur. Tout cela assèche et dessèche les coeurs et les esprits. Au contraire, une vie faite de relations, de pardon demandé et donné, qui cherche à rendre heureux, qui donne, est comme un feu de cheminée qui rayonne non seulement par la chaleur mai aussi par la lumière.

Et lorsque nous venons de perdre un parent, un frère ou une sœur, un ami ou un voisin, nous aimons nous souvenir des belles choses vécues ensemble. C’est tout ce que le Seigneur a pu faire grandir dans la logique de son royaume de justice, de paix, de joie, de fraternité et d’amitié. C’est tout cela qu’il va ressusciter, tout le bien : tout ce qui fait grandir et rend profondément heureux et joyeux.

Nous avons aussi écouté un extrait du dernier livre de la Bible et du Nouveau Testament, l’Apocalypse, qui est proposé pour la célébration de obsèques à l’église (Ap 21, 1-5a.6b-7). Il n’est jamais choisi malheureusement ! Que veut dire le premier mot grec de ce livre ? Apocalypse peut se traduire par « révélation ». A la fin du I° siècle où les disciples de Jésus sont persécutés pour leur foi, Dieu rèvèle à l’Église que malgré les attaques, les agressions, les meurtres, les chrétiens qui meurent martyrs parce qu’ils ne voulaient pas renier leur foi en Jésus mort et ressuscité, vrai homme et vrai Dieu, malgré tous le événements qui devraient nous faire désespérer et avoir peur du futur, Dieu dit à l’Église : tout donne l’impression que ce sont les adversaires qui sont vainqueurs, je suis avec vous, je ne vous abandonne pas. Contrairement à toutes les idées reçues, à la fin, c’est moi qui vais engloutir les forces du mal pour faire surgir un monde nouveau. Comment est-ce possible ? Fais-moi confiance ! Les disciples et les apôtres n’ont-ils pas été surpris par la résurrection de Jésus qui avait été crucifié et mis au tombeau ? J’ai vu un ciel nouveau et une terre nouvelle. […] Voici que je fais toutes choses nouvelles.

Dans l’Evangile, Jésus parle de la destruction du 2nd Temple de Jérusalem qui avait été construit au retour de l’exil à Babylone et qui a eu lieu en l’an 70 par les Romains. Une catastrophe pour les juifs de l’époque. Et il parle ensuite d’autres catastrophes et bouleversements : dans la création qui est déréglée : les grands tremblements de terre, de famines, des épidémies, des phénomènes effrayants, des grands signe dans le ciel. Et aussi contre les chrétiens : des persécutions, des trahisons, des arrestations, des mises à mort. Et Jésus d’annoncer que malgré cela, il va y avoir du positif : ce contexte dramatique sera l’occasion de témoigner. Non pas avec nos pauvres mots, mais en laissant notre Avocat, notre Défenseur (cf Jn 14,16.26 . 15,26 . 16,7), l’Esprit du Seigneur, parler à travers notre bouche. C’est Lui qui nous inspirera ce qu’il faut dire pour nous défendre.

Que devons-nous retenir ? Dans les pires épreuves, le Seigneur reste à nos côtés et nous demande de rester dans la foi en Lui comme Jésus l’a fait aux heures les plus sombres de sa vie, en particulier sur la croix. Surtout, Il nous permet de continuer à être encore plus des pèlerins de l’espérance, pour nous lorsque nous sommes directement concernés pour rester des vivants jusqu’au bout y compris dans la maladie et la fin de vie, ou indirectement lorsque nous devons accompagner des proches.

Cela me fait penser à un homme très malade qui habite à 300 m de ND des Agnettes qui est hospitalisé chez lui et qui a des visites à l’hôpital plusieurs fois par semaine. Il a téléphoné à l’accueil et m’a demandé d’aller le voir pour discuter avec lui. Nous ne nous connaissions pas pas mais très vite la discussion a été à l’essentiel. Il m’a parlé de sa foi et de la prière qu’il redécouvrait. Même s’il avait l’impression de ne se souvenir du Seigneur et de faire appel à Lui que lorsque les choses allaient mal, très mal. C’est un peu vrai, et pourtant, nous le savons, le Seigneur regarde le coeur, la sincérité de sa démarche, de sa demande. Il a compris qu’il pouvait tout Lui dire avec ses mots de tous les jours. Prions aussi pour cet homme dont le retour au Seigneur Le réjouit.

Ml 3, 19-20a ; Ps 97 ; Ap 21, 1-5a.6b-7 ; Lc 21, 5-19

P. Olivier Joncour

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