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Les malades, pèlerins de l'espérance Homélie 28° dim TO C (12.10.2025)

Dimanche 12 octobre 28° dim TO C St Jean des G Gennevilliers

Les malades, pèlerins de l'espérance

Naaman marche. Jésus vers Jérusalem. 10 lépreux vers lui. Et nous, sommes-nous en marche ?

Naaman se plonge sept fois dans le Jourdain

Le général syrien Naaman est malade : il a la lèpre. Il a marché jusqu’au Jourdain pour faire ce qu'Elisée lui avait demandé : se plonger 7 fois pour être purifié. Avant ce que nous avons écouté, Naaman avait trouvé que ce qu’on lui demande n’était pas assez difficile pour lui qui est si fort. Cependant une jeune fille juive lui a conseillé de commencer par faire ce qui lui était demandé même si cela semblait facile : croit-il que son Dieu peut agir en faveur de lui qui est un étranger?

10 lépreux devant Jésus : "Jésus, maître, prends pitié de nous !"

Les dix lépreux vont à la rencontre de Jésus à l’entrée ou à la sortie du village. Viennent-ils l’accueillir parce que personne ne l’a fait? Non. Pensent-ils qu’il pourrait faire quelque chose pour eux? Certainement. Ils sont contagieux : ils lui parlent à distance. Ils connaissent son nom et l’implorent. Jésus, littéralement le Seigneur sauve, maître, rabbi, prends pitié de nous. « Fais quelque chose pour nous, toi qui as un coeur compatissant. » Jésus leur ordonne d’aller se montrer aux prêtres. Donc au Temple à Jérusalem. Même s’ils sont loin, ils le font. Ils reprennent leur marche.

Commençons donc par faire ce qui est facile et nous monterons la première marche qui nous permettra de franchir la suivante, et ainsi de suite. Le Seigneur nous fait avancer petit pas après petit pas. Ce qui paraît simple et facile est un encouragement pour le faire et donc réussir. Encore faut-il y aller. Si l’aveugle de naissance auquel Jésus avait mis de la boue sur les yeux n’était pas allé à la piscine de Siloé, pour s’y laver les yeux, il n’aurait pas retrouver la vue (cf. Jn 9,7) : comme pour les dix lépreux partis voir les prêtres sans être purifiés, Jésus a guéri à distance. L’histoire aurait pu s’arrêter là : ils ont fait ce que Jésus leur a demandé, car c’est ce que le Loi de Moïse demande dans le livre du Lévitique (13,6.9 . 14, 2-4). Jésus respecte donc la Loi de Moïse. Tous ont constaté leur guérison. Neuf ont continué jusqu’au Temple pour offrir le sacrifice prescrit lorsque la lèpre a disparu. Ils respectent la Loi.

La guérison transforme : pour Naaman qui retourne chez le prophète Elisée qui a succédé à Elie, il choisit le Dieu qui a fait quelque chose pour lui, le Dieu unique, le Dieu d’Elisée, le Dieu des vivants. Renonçant à tous ses dieux, ceux de son pays, ceux de sa famille, il décide de ne plus offrir ni holocauste ni sacrifice à d’autres dieux qu’au Seigneur Dieu d’Israël. Il ne devient pas juif, mais un Craignant Dieu.

Le lépreux Samaritain guéri se prosterne devant Jésus et rend grâce à Dieu

L’un des dix, de son côté, ne fait pas ce que pourtant la Loi l’oblige. Rappelons-nous que les Samaritains n’ont gardé que les 5 premiers livres de la Bible juive. Il fait demi-tour pour retrouver Jésus. Ce qu’il fait est énorme : non seulement il glorifie Dieu à pleine voix, mais il se prosterne devant lui, à genoux et le remercie. Il rend grâce. Il exprime sa gratitude. Savons-nous en faire autant après avoir été exaucés par le Seigneur ? En Le lui disant dans notre coeur. En demandant à un prêtre de célébrer une messe à cette intention en faisant une offrande de 18E, non pas que la messe ait un prix, mais parce que cela fait partie de l’argent que reçoit un prêtre chaque mois pour vivre.

Relève-toi ! Va ta foi t'a sauvé !

St Luc nous informe que c’est un Samaritain. Je vous rappelle que le village se situe dans une zone un peu frontière : dans la région située entre la Samarie et la Galilée. Autrement dit, l’action du Seigneur ne connaît pas de frontière : Naaman l’étranger est guéri, le Samaritain aussi. Et alors que les 9 autres guéris restent attachés à l’application de la Loi de Moïse, le dixième passe du régime de la Loi à celui de la grâce de Dieu. Le Samaritain guéri franchit une frontière invisible en entrant dans le Royaume en aimant son prochain, Jésus, car ce dernier s’est fait proche de lui. Jésus, vrai Dieu et vrai homme, ne reproche pas à l’homme de lui exprimer avec son corps ce que son coeur veut dire. Relève-toi, ressuscite, c’est le même verbe en grec. « Sois un homme nouveau, debout, vivant ! » Va, c’est un envoi en mission. Non seulement disciple mais missionnaire, envoyé ! Ta foi t’a sauvé. Une fois de plus, le nom de Jésus est son programme : c’est la foi qui sauve et non les actes.

Avez-vous remarqué que ce récit est une école de prières où nous retrouvons les ingrédients de la messe : la demande, la louange dans l’épreuve, le chant du Gloire de Dieu et le remerciement. C’est aussi un chemin de prières : après la prière pénitentielle, « Seigneur, prends pité », le Seigneur nous parle. Nous L’écoutons et Lui faisons confiance. Une fois transformés, nous Lui disons meerciiii, c’est l’Eucharistie, avant d’être envoyés témoigner des merveilles que le Seigneur a fait : « Allez dans la paix du Christ ». Comme ces lépreux, soyons des pèlerins de l’espérance, mis en mouvement avant d’être exaucés par le Seigneur.

Maintenant, écoutons Marie-Jo, une cousine de Léa qui l’a hébergée. Arrivée malade, elle est venue prier avec nous, elle a été hospitalisée, a reçu le sacrement des malades, avec les médecins et ses traitements, elle s’est battue : aujourd’hui, elle est venue rendre grâce et témoigner.

2 R 5, 14-17 ; Ps 97 ; 2 Tim 2, 8-13 ; Lc 17, 11-19

P. Olivier Joncour

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