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Les humbles à la place d'honneur Homélie 22° dim TO C (31.08.2025)

Dimanche 31 août 2025 22° dim TO C St Jean des Grésilllons et Ste Marie-Madeleine Gennevilliers

Les humbles à la place d'honneur

Des repas auxquels Jésus a participé et des paraboles de repas

Combien y a-t-il de repas racontés dans les évangiles ? Des vrais repas comme lors du mariage à Cana (Jn 2, 1-11), l’immense pique-nique où plus de 5000 personnes ont été nourries à partir de 5 pains et 2 poissons, jusqu’à la Cène (Lc 22), le dernier dîner de Jésus au Cénacle avec ses disciples, mais aussi le repas où, une fois ressuscité et avoir marché entre Jérusalem et Emmaüs il a été reconnu par ses disciples lorsqu’il a partagé le pain (Lc 24), ou des paraboles que Jésus raconte où il est question d’un repas comme dans l’évangile de ce dimanche. Certains ont reproché à Jésus d’être un glouton et un ivrogne, car il mange et il boit (cf Lc 7, 34). Les repas sont en effet très importants dans la vie humaine, pas seulement pour manger, se nourrir, reprendre des forces, mais aussi pour toute la dimension sociale, les discussions que l’on peut avoir, les rencontres que l’on peut y vivre. Repas de mariage, d’anniversaire, de fête, les dîners Table ouverte qui ont connu une fréquentation qui dépassait les 40 personnes les mercredis du mois de juillet et d’août, ou repas du quotidien, même s’il est de plus en plus rare que les personnes d’une même famille se retrouve autour de la même table pour prendre du temps pour manger ensemble, raconter ce qu’elles ont vécu et vu, partager des nouvelles.

demande de la mère de Jacques et Jean, fils de Zébédée

Jésus nous invite, ce dimanche, à observer : non pas comment les autres se comportent car le risque de tomber dans le jugement est alors grand et mais de regarder comment nous agissons, comment je me comporte vis-à-vis des autres. Nous le savons, dans toute société, il y a des codes sociaux qui définissent les places d’honneur. Le premier rang est souvent le cas. Ou près de la personne qui invite ou d’une personne très importante. On se rappelle la demande de la mère de Jacques et Jean qui a demandé à Jésus que ses deux fils soient assis l’un à droite et l’autre à gauche, dans son royaume (Mt 20, 20-23). Et Jésus de répondre que ce n’est pas lui qui choisira et il déclarera ensuite, que les apôtres ne doivent pas prendre pour modèles les chefs des peuples, mais prendre exemple sur lui qui n’est pas venu pour être servi, mais pour servir (Mt 20, 28). Nous le savons, ce sont deux brigands condamnés à mort lors de la crucifixion.

Magnificat "Il élève les humbles" après la Visitation

L’attitude intérieure que Jésus veut mettre en valeur est l’humilité. La première lecture et le psaume orientait déjà notre regard dans cette direction : Mon fils, accomplis toute choses dans l’humilité. Et le refrain du psaume « Béni soit le Seigneur, il élève les humbles » est un écho du Magnificat, la prière de Marie lors de sa visite à sa cousine Elisabeth (Lc 1,52).

Humilité et humus, la terre, le sol sont de la même famille. L’humilité, c’est choisir d’être discret, de ne pas tout ramener à soi, de ne pas chercher les compliments ni de se faire remarquer par les autres en cherchant les compliments ou être mis en avant pour des raisons d’intérêt. L’humilité, c’est souvent faire ce qu’on doit faire, dans la discrétion, sans forcément que les autres aient su qu’on l’a fait.

J’attire votre attention sur un 3° mot de la même famille : humiliation. On a trop souvent dit à des personnes : «Supporte», «tais-toi», «offre ta souffrance». Mais cela peut devenir destructeur. Je pense en particulier aux violences conjugales. Trop de femmes, car ce sont majoritairement elles, restent dans le silence. Ou dans le cadre du travail. Ou dans la cour de récréation à l'école ou dans les couloirs du collège ou du lycée. Cela prend souvent la forme du harcèlement psychologique. Le message de l’Évangile n’est pas de supporter la violence. Jésus n’appelle pas à accepter l’humiliation. Être humble, ce n’est pas se laisser écraser : c’est se savoir digne, aimé de Dieu, et refuser tout ce qui détruit la vie.

D’après la parabole que Jésus raconte, être humble, c’est surtout recevoir d’un autre sa place, et notamment de Dieu, et nous n’avons pas à nous demander pourquoi moi. Ni pourquoi lui ni pourquoi elle. Et dans certaines classes, nous savons que certains enseignants aident certains élèves à trouver leur place dans la classe, dans le groupe notamment les plus timides, les plus réservés, les plus calmes ou celles et ceux qui manquent de confiance en eux. Ecoutons la « Lettre à nos élèves » que des enseignants ont écrite mercredi dernier et qu’on pourrait transposer à d’autres contextes : la famille, la paroisse, …

Cher élève,

Nous allons vivre une nouvelle année ensemble.

Nous savons que toi ou certains de tes camarades peuvent être déjà très motivés. Garde ce que tu as vécu de bon des années précédentes.

Nous voyons que tu as avancé dans la vie, alors continue de bien grandir. Ne subis pas la vie. Deviens acteur, avec enthousiasme et générosité. Nous allons vivre une nouvelle étape pour continuer ta croissance humaine, physique, intellectuelle, émotionnelle, psychologique. Nous sommes là pour t’aider.

Nous savons aussi que pour certains d’entre vous, la vie n’est pas toujours facile à la maison ou dans l’établissement, et nous sommes là pour t’accompagner.

Si nous sommes exigeants avec toi, c’est bien parce que nous croyons que tu es capable de progresser, de donner le meilleur de toi-même, et nous avons à cœur de nous adapter à tes besoins différents et à tes capacités. Nous voulons valoriser tes talents.

Pour tes parents, ce n’est peut-être pas toujours facile de te soutenir, de dialoguer. N’hésite pas à leur transmettre tes propres souhaits pour l’avenir. N’oublie pas que tu travailles pour toi et pour ton épanouissement personnel.

Dans les moments les plus difficiles, nous serons à tes côtés, nous continuerons à espérer avec toi et pour toi que ça puisse s’améliorer. 

Bonne rentrée, souris à la vie !

place dernier rang église

« Heureux les invités au repas du Seigneur. » A l'église et dans l'Eglise, nous avons tous notre place, y compris les nouveaux arrivés, ceux qui reviennent à l'église ou celles et ceux qui par curiosité se mettent au dernier rang pour regarder comment ça se passe avant d'avancer dans les semaines suivantes pour laisser leur place à d'autres qui vivront le même parcours. Et si nous changions de place pour découvrir de nouveaux voisins. Cela me perturbera moi aussi car j'étais habitué à vous voir souvent à la même place. Et si en arrivant votre place à laquelle vous aviez pensé est occupée - Grrrr ! - soyons souples et choisissons-en une qui est libre ! C'est aussi une place que le Seigneur a préparée !

Si 3, 17-18.20.28-29 ; Ps 67 ; He 12, 18-19.22-24a ; Lc 14, 1a.7-14

P. Olivier Joncour

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