Nous sommes les prochains de l'amour du Christ Homélie 15° dim TO C (13;07.2025)
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Dimanche 13 juillet 2025 15° dim TO C St Jean et Ste Marie-Madeleine Gennevilliers
Nous sommes les prochains de l'amour du Christ
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Le docteur de la Loi pose de bonnes questions à Jésus. Heureusement qui les lui a posées, sinon Jésus n’aurait peut-être jamais raconté cette parabole du Samaritain qui prend soin de l’homme blessé. Ce docteur de la Loi est un spécialiste de la Torah, les 5 premiers livres de la Bible juive que les juifs écoutent à la synagogue, non pas dimanche après dimanche, mais sabbat après sabbat, pendant un an. Il cherche à mettre Jésus en difficulté, pour le déstabiliser comme dans un procès avec une question inattendue. Et pourtant, à la fin, c’est sans doute lui qui a perdu une forme d’équilibre confortable et qui a avancé s’il passe de la théorie à la pratique.
D’après la dernière question de Jésus - Lequel des trois, à ton avis, a été le prochain de l’homme tombé aux mains des bandits ? - , l’amour du prochain est cet amour pour la personne qui s’est fait proche de moi alors que j’étais dans une situation où elle m’a aidé. On pourrait aussi l’entendre comme l’amour pour celui qui vient après, pour cet inconnu ou ce connu que nous allons bientôt rencontrer et qu’on n’a pas choisi. Ainsi Dieu a aimé Adam qui a aimé Eve (cf Gn 2), etc
Combien de fois avons-nous été cet homme agressé, blessé gratuitement, pour rien, par le mal, par des actes qui défigurent, par des paroles qui blessent, par des rumeurs, par des mensonges ?
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Combien de fois avons-nous été relevés par le pardon du Seigneur ou par un de ses envoyés auxquels nous ne pensions pas du tout, mais pas du tout !
Combien de fois avons-nous expérimenté que la Parole du Seigneur était tout près de nous, dans notre bouche, et dans notre coeur afin que nous la mettions en pratique ?
Combien de fois celui qui est l’image du Dieu invisible s’est-il penché sur nous qui étions tombés, qui avions péché, qui avions trébuché sur une pierre ? Combien de fois a-t-il été celui qui s’est mis à genoux pas seulement pour nous laver les pieds (cf Jn 13), mais aussi celui qui a veillé sur nous alors que nous étions malades comme des parents le font pour leurs enfants ?
Combien de fois a-t-il été celui qui nous a demandé « Que veux-tu que je fasse pour toi ? »
Combien de fois nous a-t-il dit « Confiance » (Lc 10,49) ?
Combien de fois a-t-il été Parole d’encouragement ?
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Combien de fois nous a-t-il accueilli comme l’aubergiste qui nous a permis de reprendre des forces, dans une convalescence parfois longue pour accompagner notre retour à la vie humaine et spirituelle ?
Combien de fois a-t-Il été le bon berger qui a laissé les 99 brebis de son troupeau pour aller nous chercher alors que nous étions perdus ? Combien de fois nous a-t-il portés sur ses épaules pour nous ramener auprès des 99 autres brebis ? (cf Lc 15, 1-7)
Combien de fois nous a-t-il montré le Chemin de la Vie à sa suite, le chemin des béatitudes, de l’amour de Dieu, du prochain et de nous ? Combien de fois nous a-t-il la Vérité sur la relation avec Dieu le Père et l’Esprit qui sanctifie ? Combien de fois nous a-t-il donné le choix entre la mort et la Vie, entre le malheur et la bénédiction et combien de fois nous a-t-il dit « Choisis la vie ! » (Dt 30,19)
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Combien de fois Jésus nous a-t-il dit et montré qu’il nous aime : « je vous appelle mes amis » (Jn 15,15b) « il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime » (Jn 15,13), et sur la croix où il manifeste en actes ce qu’il n’a cessé de vivre et de dire : son amour passionné, crucifié, crucifiant, son coeur transpercé dont le sang et l’eau qui coulent après le coup de lance du soldat romain (cf Jn 19,34) ne sont que l’aspect visible de l’invisible. « Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne se perde pas mais obtienne la vie éternelle. - [La vie éternelle, c'était la demande initiale du docteur de la Loi : "Que dois-je faire pour avoir part à la vie étérenelle?"] - Car Dieu a envoyé son Fils dans le monde, non pas pour juger le monde, mais pour que, par lui, le monde soit sauvé. » (Jn 3, 16-17).
Et il n’a fallu qu’une fois seulement, une fois pour toutes pour qu’il soit Celui qui a sacrifié sa vie pour nous donner la vie divine, la vie éternelle ! Chacune et chacun de nous, nous sommes les prochains de Jésus.
Avec ce « Dieu [qui n’]est [qu’]Amour » (cf 1 Jn 4,8b), qui fait grandir, qui nous aime le premier, Jésus nous donne le seul moyen d’aimer comme Lui : « Comme le Père m’a aimé, moi aussi je vous ai aimés. Demeurez dans mon amour. » (Jn 15,9) En nous laissant aimer par le Seigneur, ce n’est pas pour faire des provisions de cet amour, pour le garder dans un coffre-fort, il s’agit de le laisser nous transformer pour vivre comme ses filles et ses fils, comme sœurs et frères du Christ.
Je pense à toutes les personnes qui manquent de confiance en elles, d’estime de soi. Le Seigneur ne vous aime pas pour ce que vous faites, vos réussites ou vos échecs. Il vous aime pour qui vous êtes : son fils, sa fille. Cet amour du prochain est à articuler avec l’amour de Dieu et de soi, s’enrichissant mutuellement et sans concurrence !
Dt 30, 10-14 ; Ps 18 ; Col 1, 15-20 ; Lc 10, 25-37
OJ+
