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Deux visites marquées par l'espérance Homélie 16° dim TO C (20.07.2025)

Dimanche 20 juillet 2025 16° dim TO C St Jean Ste MMadeleine Gennevilliers

Deux visites marquées par l'espérance

Visitation de la Vierge Marie chez sa cousine Elisabeth

Nous avons tous en tête au moins un tableau de la Visitation, lorsque la Vierge Marie va rendre visite à sa cousine Elisabeth. Cet épisode avait été précédé par la visite de l’archange St Gabriel, l’envoyé spécial du Seigneur, à Nazareth, dans la Maison de Marie. La visitée est devenue visiteuse, porteuse de tout ce qu’elle venait de vivre. Les deux récits de la Genèse et de l’évangile nous racontent aussi deux visites du Seigneur : à Abraham et Sara, à Marthe et Marie. Ce ne sera qu’en lisant la suite que nous comprendrons comment cette rencontre personnelle avec le Seigneur les a changés, les a transformés.

1) Ce qui se joue dans ces visites

A la'entrée de la tente, Abraham accueille les trois anges (Gn 18)

La tente d’Abraham nous rappelle qu’il est nomade. Lui se tient à l’entrée. Sara est sous la tente. Marthe et Marie sont dans la maison de Marthe. Quelque soit l’époque, que l’on soit nomade ou sédentaire, le Seigneur peut venir nous rendre visite et passer du temps avec nous.

Les trois anges messagers du Seigneur se dirigent vers Abraham ; Jésus entre dans un village dont nous ignorons le nom dans l’évangile selon St Luc. Dans celui de St Jean, les deux soeurs habitent un village proche de Jérusalem qui s’appelle Béthanie (cf Jn 11, 1.18). Marthe l’accueille.

A Abraham, le Seigneur a renouvelé et confirmé la promesse qu’il aurait un fils, né de Sara. A nous aussi à qui le Seigneur a peut-être fait une promesse et qui ne s’est pas encore réalisée peut-être parce que nous n’étions pas encore vraiment prêts ou parce que cela aurait été trop tôt pour d’autres aspects, Il nous invite à patienter. Il est fidèle à la promesse qu’Il a faite. Il ne l’oublie pas.

Marie est assise pour écouter Jésus

A Marthe, Jésus fait découvrir qu’on peut l’accueillir et le servir autrement que par de multiples occupations ménagères A Marie, Jésus a permis de faire l’expérience d’être assise et de l’écouter pour devenir son disciple. Nous ne savons pas ce qu’il lui a dit ni ce qui l’a marquée et nourrie pour son âme, mais comme une autre Marie, elle a retenu des paroles, des images et des points de repère pour sa vie.

A Marthe, Jésus fait découvrir qu’il y a différentes manières d’être avec Jésus, sans à se comparer, sans être jalouse de sa soeur.

Sara, qui ne voit pas les anges car elle est sous la tente, Abraham l’associe à son accueil et elle découvre aussi que le Visiteur s’assure qu’elle est toujours là, qu’elle entend ce qu’il a dit, car la réalisation passera par elle.

Ce qui s’y vit et ce qui se dit sous le chêne de Mambré, c’est comme l’arbre à palabres en Afrique

2) Le Seigneur suscite ou ressuscite l’espérance là où elle avait disparu

Le Seigneur fait une double promesse à Abraham : une terre et une descendance (Gn 12)

Le Seigneur vient confirmer sa promesse faite au chap 12 de la Genèse pour qu’Abraham reste dans l’espérance de la naissance d’un fils qui aura Sara pour mère. Comme pour lui dire que le Seigneur n’a pas oublié. Il lui demande d’être patient y compris pour ce qui de façon naturelle semble impossible, car « rien n’est impossible à Dieu » (Lc 1,37) et que « tout est possible à celui qui croit » (Mc 9,23).

L’attente de ce fils pour Abraham et Sara est comparable à celles des générations des fils d’Israël après l’annonce répétée par plusieurs prophètes de la venue du Messie.

Parce qu’il a mis sa foi dans le Seigneur, Abram n’a pas été déçu de mettre son espérance en Dieu et en sa promesse dont il savait qu’un jour, elle se réaliserait. En quittant Haran pour la terre que le Seigneur allait lui donner, Abram et Saraï ont été des pèlerins de l’espérance.

En demandant à Abram de quitter son pays, le Seigneur ne pouvait qu’espérer qu’il accepte, sans poser de condition à la si belle offre qu’il lui faisait.

En allant rendre visite à Abraham, le Seigneur en envoyant ses trois anges au chêne de Mambré, est venu raviver la seconde promesse ! A travers le célèbre épisode de la ligature d’Isaac, du sacrifice du fils unique (cf Gn 22) semblera être un Dieu pervers et se contredire. En fait, il fera découvrir qu’il n’est pas un Dieu assoiffé de sang innocent qui demande aux parents de lui sacrifier leur enfant ; ce sera annonciateur de la figure du Messie libérateur qui donne sa vie, figure que Jésus est venu accomplir pour le salut de tous. Le peuple de la première alliance espérait la venue d’un Sauveur et a attendu plusieurs générations. L’autre partie de l’humanité ne savait pas qu’elle avait besoin d’être sauvée. Et Jésus, notre espérance, est venu sauver, libérer les uns et les autres et les rassembler en une seule famille.

Abraham et Sara ont préparé un repas pour leur visiteur. Marthe aussi pour Jésus. Chaque dimanche, c’est le Seigneur qui nous invite à sa Table, ouverte, où il y a de la place pour tous. Même si nous ne pouvons pas tous communier au Corps du Christ pour des raisons différentes, le Seigneur nous visite tous, si, comme Marie, assis, nous L’écoutons.

Gn 18, 1-10a ; Ps 14 ; Col 1, 24-28 ; Lc 10, 38-42
P. Olivier Joncour

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