Fraternité et témoignage Homélie 5° dim Pâques C (18.05.2025)
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Dimanche 18 mai 2025 5° dim de Pâques C Ste Marie-Madeleine Gennevilliers
Fraternité et témoignage
J’ai relevé deux choses bizarres dans la Parole de Dieu que nous venons d’entendre :
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1) D’abord, l’Église a choisi un extrait de l’évangile que Jésus a vécu avant Pâques. Il n’y est nullement question de la résurrection, alors que nous sommes dans le temps de Pâques. C’est vraiment bizarre ! Pourquoi retourner en arrière ? Et si l’Église voulait que nous entendions autrement ces paroles de Jésus ?! Comment ? Avec d’autres oreilles ? Non à la lumière de la résurrection de Jésus. Ces paroles, il les prononce lors de sa dernière soirée avec les Onze : onze en effet, car Judas vient de quitter les autres. Jésus sait qu’après son arrestation, la communauté rassemblée risque d’éclater, de se disperser par peur de subir le même supplice que lui, ou désespérés de s’être trompés sur lui : en fait il n’était pas le Messie ni le Fils de Dieu que les disciples pensaient que Jésus était. A cette heure cruciale, Jésus veut les préparer à l’après. C’est pourquoi il leur donne son commandement nouveau : c’est de vous aimer les uns les autres. Comme je vous ai aimés, vous aussi aimez-vous les uns les autres. Les relations entre disciples de Jésus, ce n’est pas du sentimentalisme. C’est de la fraternité : Nous sommes tous frères et sœurs, car Il est notre grand frère, car nous reconnaissons en Dieu notre Père. Et c’est Lui le modèle de la manière d’aimer de façon divine. Rappelons-nous le premier verset du chap 13 de St Jean : « A l’heure où Jésus passait de ce monde à son Père, il les aima jusqu’au bout » !
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Ce n’est pas tout, cette fraternité vécue bien concrètement et réellement se différencie de toutes les autres formes de relations qui peuvent exister : l’amitié, les relations au travail, les relations de voisinage, … À ceci, tous reconnaîtront que vous êtes mes disciples : si vous avez de l’amour les uns pour les autres. Cette fraternité, elle se vit, elle grandit, elle se fortifie dans du temps passé et partagé ensemble ? Comment le vivre aujourd’hui ? A la fin de la messe, quand il y a un jus de fruit ou un gâteau proposé, il s’agit de s’arrêter quelques instants, non seulement pour se servir, mais aussi pour discuter avec une personne que je ne connais pas ou pas bien mais que je vois à l’église. Je connais le zèle missionnaire, mais si on part comme une flèche, on n’aide pas la fraternité entre nous à se créer, à se vivre. On reste dans une logique individualiste. C’est triste. Le commandement de Jésus est exigeant et nous oblige à sortir de nous. C’est déjà bien de venir à l’église, pour que nous écoutions le Seigneur, que nous méditions ses paroles, ses décisions, ses choix, sa manière de vivre, mais cela exige aussi que nous nous engagions fermement sur ce chemin avec lui, et que nous mettions en pratique ce qu’il demande et qu’Il a vécu. Car rien de ce qu’il propose n’est impossible. Et ce n’est pas parce que c’est difficile que c’est impossible ! Même si nous n’y arrivons pas du premier coup, il nous encourage. Comment est-ce que je favorise l’amour fraternel dans ma famille, dans le groupe de partage et de prière que je retrouve régulièrement, dans la paroisse ?
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2) Quelle est la seconde chose bizarre? Paul et Barnabé, retournèrent à Lystres, à Iconium et à Antioche de Pisidie. Pourquoi reviennent-ils là où ils sont déjà passés ? Quelle perte de temps alors qu’ils auraient pu aller ailleurs ? Pourquoi tous les 3 ans, nous entendons les 2 mêmes lectures, le psaume et l’évangile des dimanches ? Paul et Barnabé qui ont affermi le courage des disciples et qui les ont exhortés à persévérer dans la foi. Il faut répéter les choses autrement. Il faut revisiter un thème pour l’approfondir. C’est tout l’enjeu des néophytes qui n'étaient pas là il y a 3 ans, en 2022, ni en 2019, et de tout disciple de Jésus : continuer sa formation, enrichis par ce qu’on aura vécu et découvert entre temps. A nous aussi de nous encourager et de le faire en particulier avec ceux qui traversent des épreuves et des vents contraires. Comme Paul, racontons tout ce que Dieu fait avec nous et comment il vient toucher le cœur d’hommes et de femmes si nombreux, notamment ceux qui demandent à devenir les amis du Christ Jésus en se mettant à sa suite et à son école. N’ayons pas peur de raconter, de témoigner avec l’aide du St Esprit. Le Seigneur fait des merveilles dans nos vies. Vendredi soir, avec le groupe des étudiants, nous avons réfléchi au sujet : comment savoir si j’ai la foi ? Et chacune et chacun a raconté des choses toutes simples qui font du bien à celui qui les raconte, mais aussi aux autres. C’est en la partageant que notre foi grandit et se fortifie. Avec qui est-ce que je partage ma foi ?
En conclusion, n’ayons pas peur de relever ce qui semble bizarre : il y a sûrement une raisons que nous devons chercher à comprendre et une réponse à trouver, si on se place du côté de Dieu. Comme le Christ Jésus sait que notre vie humaine n’est pas facile, il nous confie les uns aux autres pour rester unis et solidaires quand tout va bien et quand il y a des épreuves. Il est vraiment avec nous, l’Esprit Saint aussi. Sachons le dire à ceux qui attendent une parole d’espérance et de réconfort, comme St Pierre le demande aux lecteurs de la première lettre : "Soyez prêts à tout moment à présenter une défense devant quiconque vous demande de rendre raison de l’espérance qui est en vous ; mais faites-le avec douceur et respect." (1 P 3, 15b-16a)
Ac 14, 21b-27 ; Ps 144 ; Ap 21, 1-5a ; Jn 13, 31-33a.34-35
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