Des poutres, des plumes et de l'eau Homélie 8° dim TO C (27.02.2022)

Dimanche 27 février 2022 8° dim TO C St Jean des G Gennevilliers

Des poutres, des plumes et de l'eau

Avec les lectures de ce dimanches que nous entendons rarement car il faut que la fête de Pâques tombe très tard en avril, on se croirait déjà en carême avec des critères de discernement sur le bien et le mal pour nous-mêmes et les autres.

la paille et la poutre dans l'oeil

Au sujet de la paille et de la poutre dans l'oeil, on voit que Jésus était charpentier et pas agriculteur. C’est « la tactique [préférée] du diable » (CS Lewis) : on se compare aux autres pour ne pas avoir à travailler sur nous ni à nous convertir. Qui ne s’est jamais pris en flagrant délit de dire du mal de quelqu’un, en son absence qui plus est ? Et même de reprocher à cette personne un point qui nous énerve parce que nous ne sommes pas à l’aise non plus ! Cela me rappelle le pharisien de la parabole qui, dans sa prière, s’autojustifie et souligne les limites et les insuffisances de son voisin. Au contraire, le publicain qui s’accuse devant le Seigneur (Lc 18, 9-14) s’abaisse par humilité pour Le laisser agir, pour reconnaître le besoin de sa grâce pour vivre et avancer (cf François Un temps pour changer p. 112-113).

Pour les médisances qui se propagent à grande vitesse, on raconte l’histoire d’une personne qui était experte jusqu’au jour où quelqu’un lui a donné un oreiller de plumes d’oie et lui a demandé de l’ouvrir avec un couteau. Les plumes ont commencé à en sortir et à s’envoler. Et impossible de les rattraper. « C’est la même chose avec vos médisances ! » Les mots peuvent bénir, sauver, encourager, ou blesser voire détruire, tuer. Ecoutons ce que propose Socrate avec ses 3 tamis pour discerner s’il faut parler ou se taire. A chaque tamis une question : le 1° : est-ce bon pour toi et la personne à qui tu parles ; le 2° : est-ce vrai ? Le 3° : Est-ce utile pour toi et la personne à qui tu parles ? Si c’est oui aux 3, dis-le, sinon tais-toi. C’est valable pour les fake news, les ragots, les mensonges, les insultes, …

Oliviers à Gethsémani (Jérusalem)

Quel est l’arbre important en Palestine ? Il pousse lentement au début car il a besoin d’un terrain rocailleux pour enfoncer ses racines profondément pour accéder à l’eau en pays chauds avant que ses branches ne poussent et donnent des fruits verts ou noirs. Il vit très longtemps. Pensez à moi ! Oui ! C’est l’olivier ! Avez-vous déjà vu des photos des oliviers du Jardin où Jésus a prié avec Pierre, Jacques et Jean après la Cène et avant d’être trahi et arrêté ? Ce ne sont pas ceux de l’époque de Jésus, mais ils sont très vieux avec des gros troncs. Et que fait-on avec les olives ? Une fois cueillies et mises plusieurs jours dans l’eau, on les écrase pour l’huile.

Il n’y a pas que des bons fruits. Nous faisons aussi l’expérience qu’il y a ces choix que nous posons en toute conscience, en toute liberté, en toute connaissance. Il nous faut alors demander pardon au Seigneur en allant rencontrer un prêtre. Et il arrive qu’il y ait aussi un ou plusieurs esprits mauvais qui nous fassent agir ainsi car un jour nous avons ouvert une porte que nous avons laissée ouverte si bien que d’autres se sont engouffrés dans notre maison. Cela remonte parfois à notre enfance, à ce que nous avons vécu avec nos parents sans que nous en ayons été conscients. N’ayons pas peur de demander au Seigneur d’en être libérés, délivrés au nom de Jésus, mort et ressuscité, notre Sauveur, d’y renoncer, en nous appuyant sur l’aide et la prière de quelqu’un qui saura nous aider à faire la lumière sur ce que nous vivons, à mettre des mots sur dont nous avons conscience ou pas. Cela ressemble à la réaction du fils aîné de la parabole quand il voit son jeune frère revenir et reprocher à son père de l’accueillir, de faire une fête pour lui et de ne l’avoir jamais fait pour lui : c’est du pharisaïsme, de l’orgueil, des accusations, la peur, la rancoeur, s’apitoyer sur son sort (cf Neal Lozano Délié Ed Béatitudes p. 71-73).

Les bénéfices d’une prière de délivrance ressemblent à la résurrection, celle de la chair et des corps dont parle St Paul : c’est toujours la même personne, mais elle est transformée. C’est un changement d’état : comme l’eau qui devient de la glace ou de la vapeur d’eau. Comme la chenille qui devient papillon. Comme le gland planté en terre qui devient un chêne.

Quelle parole de pardon attendez-vous ? Quelle parole de libération et de délivrance attendez-vous de Jésus le Sauveur ? Quelle parole de guérison attendez-vous de Jésus le Médecin des âmes et des corps ? Quelle parole de bénédiction attendez-vous de Lui ? Est-ce de retrouver la vue psychologiquement ou moralement ou spirituellement ? Est-ce d’être libéré de juger les autres ? Ou du regard des autres sur vous ce qui empêche d’être soi ? Ou de la jalousie de la réussite des autres en ne voyant que ses échecs ? Ou de l’esprit de comparaison qui fait rabaisser et humilier les autres pour se donner plus d’importance ? Prenons rendez-vous pour en parler. En attendant, regardez Jésus le Sauveur, le bon Berger, la Lumière du monde, la vérité et la vie le crucifié que Dieu a ressuscité par la puissance de l’Esprit St ! Ne regardez pas le malin, ne soyez pas fasciné par le mal ni votre péché. Ne quittez pas le Seigneur Jésus vainqueur du mal et de la mort ! Tenez sa main fermement, même quand ça va bien. Lui ne lâchera jamais! JAMAIS!

Si 27, 4-7 ; Ps 91 ; 1 Co 15, 54-58 ; Lc 6, 39-45

P. Olivier Joncour

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