Ressources pour temps de crise Homélie 4° dim Carême A (22.03.20120)

  • OJ+

Dimanche 22 mars 2020 4° dim Carême A St JP2 Colombes sans assemblée Laetare

Ressources pour temps de crise

Dieu a choisit le jeune David et Samuel lui fait l'onction d'huile

Après le dimanche la désobéissance d’Adam et Eve (1), celui de l’appel d’Abraham par Dieu (2), celui de Moïse avec la soif et la faim (3), nous en arrivons dans la chronologie de l’histoire du salut à celui de David, le plus jeune des fils de Jessé, qui est choisi par le Seigneur comme futur successeur du roi Saül. Et nous découvrons que les critères de Dieu ne sont pas ceux des hommes. Alors, je pense à toi que Dieu est venu chercher alors que tu ne t’y attendais pas, toi qu’il appelle à changer les plans et les projets que tu avais fait pour ton avenir : laisse-toi bousculer par ce chemin de bonheur et de vie à son service et celui des hommes, dans l’Église et pour le monde, comme religieuse, religieux, consacré, prêtre.

Qui a péché, lui ou ses parents, pour qu’il soit né aveugle ?

L'arc-en-ciel rappelle l'alliance entre le ciel et la terre, entre Dieu et les humains

Avec cette pandémie mondiale, nous pourrions nous demander si, comme certaines personnes le disent, Dieu ne voudrait pas nous punir, quitte à nous voir tous disparaître car il serait en colère. Ce serait oublier la promesse qu’il a faite à la fin du déluge au temps de Noé au moment où il décide de conclure une alliance entre le ciel et la terre, entre Lui et tous les hommes, et dont l’arc en ciel est le rappel : « Oui, j’établis mon alliance avec vous : aucun être de chair ne sera plus détruit par les eaux du déluge, il n’y aura plus de déluge pour ravager la terre. […] Je me souviendrai de mon alliance qui est entre moi et vous, et tous les êtres vivants : les eaux ne se changeront plus en déluge pour détruire tout être de chair. » (Gn 9, 11.15)

Jésus crache et fait de la boue qu'il va mettre sur les yeux de l'aveugle de naissance

Jésus fait tout ce qu’on n’a pas le droit de faire dans le contexte actuel de confinement et de pandémie : sortir de chez soi pour aller prier au Temple, cracher par terre, faire de la boue avec sa salive et en mettre sur les yeux de l’aveugle. Il est forcément tout proche de lui, très proche. Il fait sa part et il demande à l’aveugle de faire la sienne. Moitié, moitié. Il y a tout au plus un kilomètre entre la sortie du Temple où a lieu leur rencontre et la piscine de Siloé, en contre-bas de la Cité de David. Et quel chemin de fois impressionnant

Nous sommes comme cet aveugle qui ne voit rien. Nous sommes obligés de faire avec la part de fragilité qui est en nous. Malgré les immenses progrès de la science, nous sommes obligés de tenir compte d’un facteur ignorance face à ce virus qui se déclare de façon très forte pour certains, alors que pour d’autres c’est d’une façon bénigne. Notre monde cherche et avoue ses limites. Il avance avec sa canne sur un terrain inconnu.

médecin fatigué, désespéré

Je pense aux soignants qui sont désemparés par ce qui arrive, par l’ampleur du nombre de malades, du rythme et de la forte croissance du nombre de malades, qui sont épuisés physiquement et très éprouvés par ce qu’ils voient et vivent. Rappelons-nous les paroles de Paul aux Corinthiens : « Ce que nous proclamons, ce n’est pas nous-mêmes ; c’est ceci : Jésus Christ est le Seigneur ; et nous sommes vos serviteurs, à cause de Jésus. Car Dieu qui a dit : Du milieu des ténèbres brillera la lumière, a lui-même brillé dans nos cœurs pour faire resplendir la connaissance de sa gloire qui rayonne sur le visage du Christ. […] En toute circonstance, nous sommes dans la détresse, mais sans être angoissés ; nous sommes déconcertés, mais non désemparés ; nous sommes pourchassés, mais non pas abandonnés ; terrassés, mais non pas anéantis. Toujours nous portons, dans notre corps, la mort de Jésus, afin que la vie de Jésus, elle aussi, soit manifestée dans notre corps. En effet, nous, les vivants, nous sommes continuellement livrés à la mort à cause de Jésus, afin que la vie de Jésus, elle aussi, soit manifestée dans notre condition charnelle vouée à la mort. Ainsi la mort fait son œuvre en nous, et la vie en vous. » (2 Co 4, 5-12)

Jésus n’a pas guéri tous les aveugles, ni tous les sourds-muets de son temps, ni tous les lépreux. Et pourtant, c’est Lui le Sauveur. Il aurait pu le faire s’il l’avait voulu. Reprenons le psaume où le bon berger qui marche à nos côtés trace un chemin nouveau.

Ecoutons le témoignage d’un médecin athée italien de 38 ans en Lombardie : « Jamais dans les cauchemars les plus sombres je n'ai imaginé que je pourrais voir et vivre ce qui se passe ici dans notre hôpital depuis trois semaines. Le cauchemar coule, la rivière devient toujours plus grande. Au début, certains sont venus, puis des dizaines puis des centaines  et maintenant nous ne sommes plus médecins mais nous sommes devenus des trieurs sur la bande et nous décidons qui devrait vivre et qui devrait être renvoyé chez lui pour mourir, même si tous ces gens ont payé des impôts italiens à vie. Jusqu'à il y a deux semaines, mes collègues et moi étions athées; c'était normal parce que nous sommes médecins et nous avons appris que la science exclut la présence de Dieu. J'ai toujours ri de mes parents qui allaient à l'église. Il y a neuf jours, un homme de 75 ans est venu nous voir. C'était un homme gentil, il avait de graves problèmes respiratoires mais avait une Bible avec lui et il nous a impressionnés parce qu'il l'a lue aux mourants et les a tenus par la main. Nous étions tous des médecins fatigués, découragés, psychologiquement et physiquement finis, quand nous avons eu le temps de l'écouter. Maintenant, nous devons admettre que nous, en tant qu'êtres humains, avons atteint nos limites, nous ne pouvons pas faire plus. Il y a de plus en plus de gens qui meurent chaque jour… Et nous sommes épuisés, nous avons deux collègues qui sont morts et d'autres ont été infectés. Nous avons réalisé que là où fini ce que l'homme peut faire, nous avons besoin de Dieu et nous avons commencé à Lui demander de l'aide quand nous avons quelques minutes de libres; Nous nous parlons entre nous et nous ne pouvons pas croire qu'en tant qu'athées féroces, nous sommes maintenant chaque jour à la recherche de notre paix, demandant au Seigneur de nous aider à résister afin que nous puissions prendre soin des malades.  Hier, le pasteur de 75 ans est décédé;  qu'à ce jour, malgré plus de 120 morts en 3 semaines ici et que nous étions tous épuisés, détruits, il avait réussi, malgré ses conditions et nos difficultés, à nous apporter une PAIX que nous n'espérions plus retrouver. Le berger est allé vers le Seigneur et bientôt nous le suivrons aussi si ça continue comme ça. Je ne suis pas rentré chez moi depuis 6 jours, je ne sais pas quand j'ai mangé pour la dernière fois, et je me rends compte de mon inutilité sur cette terre et je veux prendre mon dernier souffle pour aider les autres. Je suis heureux d'être revenu à Dieu pendant que je suis entouré par la souffrance et la mort de mes semblables."

Bible Parole de Dieu

Si vous êtes hospitalisé, partez avec votre Bible. Nos frères et sœur malades ont besoin de personnes qui écoutent, soignent, qui leur annoncent la proximité de Dieu en Jésus-Christ. Nous n’avons pas d’autre possibilité que de vivre en enfants de lumière

Eglise Paroisse en sortie missionnaire

Pour cette année que nous avions placée sous le signe de la sortie missionnaire, ce confinement strict nous oblige à réfléchir autrement Il y a peut-être d’autres manières de sortir que le Seigneur nous appelle à découvrir. Sortir de nos habitudes, sortir de notre train train quotidien. Sortir de nos canapés et de la Télévision pour prendre du temps pour téléphoner à de vieux amis que nous n’avons pas vus depuis longtemps. Sortir de nos aveuglements pour demander au Seigneur de faire la lumière sur nos relations, notre histoire sainte personnelle.

1 S 16, 1.6-7.10-13a ; Ps 22 ; Ep 5, 8-14 ; Jn 9, 1-41

P. Olivier Joncour

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
DiMails © 2006 -  Hébergé par Overblog