Les leçons de Jésus Dimanche du Corps et du Sang du Christ C (22.06.2019)

Dimanche 23 juin 2019 Corps et du Sang du Christ C St Bernard Colombes

Ce dimanche, le Seigneur nous donne une formation sur le don à vivre avant la fin du monde comme réponse à la faim du monde.

Donner

Dieu donne

La Bible est marquée par la logique du don et de la gratuité : Abram a donné à Melkisédek le dixième de tout ce qu’il avait pris. Dieu donne la terre, la pluie, le soleil et la chaleur pour que le grain de blé semé en terre puisse prendre racine, pousser et former des épis de blé. Dieu donne la nourriture au semeur, au moissonneur, au meunier et au boulanger la force de travailler pour semer, moissonner, moudre la farine, pétrir et cuire le pain. Dieu notre Père a donné son Fils pour que nous retrouvions la communion avec Lui, et son Esprit Saint pour que nous devenions ce qu’Il attend de nous. Jésus a donné sa vie sur la croix et il l’a annoncé au cours de son dernier repas : ceci est mon corps qui est pour vous. St Paul a transmis aux chrétiens de Corinthe ce qu’il avait reçu. « Vous avez reçu gratuitement, donnez gratuitement. » (Mt 10,8b).

En formation

Dans ce récit, nous observons que Jésus adapte son enseignement aux personnes. Il procède différemment si ce sont les foules ou les Douze.

Jésus parle et enseigne la foule qui l'écoute

Aux foules, il le fait de deux façons : d’une part, il parlait du règne de Dieu, et d’autre part, il guérissait ceux qui en avaient besoin. Il a recours à des paroles dans un discours où la foule écoute et à travers des actes qui confirment ce qu’il venait de dire.

Alors que les Douze faisaient aussi partie des auditeurs de Jésus avec les foules, ils veulent prendre en main les choses et voient bien que pour des raisons pratiques et matérielles, il est temps de conclure et de finir pour que chacun rentre chez soi, notamment pour aller manger et dormir. Comme un seul homme, ils donnent un ordre à Jésus : renvoie cette foule  Ils voulaient retrouver une intimité et une proximité avec Jésus.

Donnez-leur vous-mêmes à manger

Mais Jésus voulait autre chose. Plutôt que de leur permettre de se reposer en sa présence, il les fait travailler et les associe à sa mission. Jésus a encore autre chose pour ces anonymes, et il veut que cela passe par eux. Il leur ordonne : donnez-leur vous-mêmes à manger. Autrement dit, ils en sont capables, même avec le peu qu’ils ont, les cinq pains et deux poissons pour plus de cinq mille hommes. Cette disproportion ne fait pas peur à Jésus qui prie et qui donne ensuite ses instructions. Il organise le pique-nique géant. Ce n’est pas sans rappeler ce qui s’est passé pour les hébreux qui avaient quitté l’Egypte et à qui Dieu avait donné la manne : ils étaient dans un endroit désert, et par groupe de cinquante. Là encore, le Seigneur intervient et ne laisse pas son peuple mourir de faim. Et Jésus ne le fait pas à la place des Douze. Et là aussi, il y a plus que la quantité nécessaire.

Valérie Le Chavalier Ces fidèles qui ne pratiquent pas assez. Quelle place dans l'église? Lessius

Cette foule ressemble à nos contemporains qui ont été baptisés et qui restent attachés à la foi et à Dieu même s’ils ne viennent pas à la messe le dimanche. Ils viennent pour les Rameaux, à Pâques, le 15 août pour l’Assomption de Marie et à Noël. Ils demandent à ce que leurs enfants soient baptisés, ils inscrivent leurs enfants au catéchisme pour leur donner les bases de la foi, de la prière, de la vie en Eglise. Ils viennent demander à se préparer au mariage à l’église pour recevoir la bénédiction de Dieu. Et lors de la mort d’une personne proche qu’ils ont aimée, ils demandent la prière de l’Église.

A certains moments, il se pourrait que nous nous reconnaissions dans les Douze, et que nous regardions avec un peu de mépris ces fidèles qui ne viennent pas prier avec l’Église. Pourtant, Jésus nous demande aussi de leur donner à manger, même si nous avons l’impression d’avoir si peu, d’en savoir si peu. Au mariage à Cana, alors qu’il n’y avait plus de vin, Jésus avait demandé aux serviteurs d’aller remplir d’eau les jarres. Et pourtant, c’est un très bon vin que le maître du repas a goûté (cf Jn 2, 1-11). Observons ce que Jésus a demandé aux Douze et adaptons-le pour aujourd’hui. Laissons-Le nous dire comment faire plutôt que de penser que nous savons, nous !

La faim du monde avant la fin du monde

Notre monde a faim, et pas seulement de nourriture qui remplit le ventre, pas seulement de sport, de jeux ou de télévision, mais aussi d’absolu, de ce qui transcende l’ordinaire, de ce qui dépasse l’humain, de toute Parole de Dieu. Faim du Pain vivant descendu du Ciel (cf Jn 6), faim de l’Eucharistie, du Corps du Christ. Sinon cette foule qui se disperse et qui s’éclate court droit dans le mur, à sa perte. Cette foule a soif de l’eau qui jaillit en lui en source vivifiante (cf Jn 4).

Gn 14, 18-20 ; Ps 109 ; 1 Co 11, 23-26 ; Lc 9, 11b-17

P. Olivier Joncour

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