Tactiques du diable et réponses de Jésus Homélie 1° dim Carême C (10.03.2019)

Dimanche 10 mars 2019 1° dim Carême C St Pierre St Paul Colombes

Tactiques du diable et réponses de Jésus

le diable porte un masque séduisant derrière lequel il se cache

Ce n’est qu’à la fin des quarante jours au désert, au moment où Jésus a faim que le diable vient à Lui pour Le tenter. Toute tentation est une proposition qui semble bonne, qui porte un masque séduisant et qui, en fait, conduit à une impasse mortelle, qui détourne du Seigneur et des autres en centrant tout à son propre profit. Juste avant sa vie publique, Jésus est confronté aux mêmes tentations que les hébreux au désert.

En principe, c’est à la fin du Carême que nous nous associons à Jésus pour méditer le Chemin de croix dans les rues de Jérusalem, jusqu’au Golgotha, et que nous le voyons souffrir sur la croix avant de mourir en ayant tout accompli (Jn 19,30).

Lettre au Peuple de Dieu, du Pape François (20.08.2018)

Or, cette année, j’ai l’impression que tout est inversé. Le Chemin de croix de l’Église, du Corps du Christ, a déjà commencé d’une façon particulière, avec la révélation de tant de scandales et d’abus. Nous souffrons de voir le péché et le mal atteindre à ce point des ministres de l’Église et des adultes – parents, éducateurs, enseignants. Nous souffrons que des personnes qui devraient être sur leur garde face aux attaques et aux séductions que le malin leur présente se soient fait piéger. « Si un membre souffre, tous les membres souffrent avec lui » (1 Co 12,26) écrivait St Paul. C’est le titre de la "Lettre au Peuple de Dieu" (20.08.2018) sur les abus de pouvoir, de conscience, et sexuels, écrite par le Pape François, et que nous voulons lire et approfondir personnellement et en petites équipes au cours du Carême.

Au désert, Jésus a faim et est sans abri

Après les quarante jours de jeûne, le corps de Jésus est en situation de vulnérabilité : c’est la souffrance physique, humaine de la faim, de l’estomac vide. Le corps faible va-t-il entraîné une faiblesse de l’esprit et de la volonté de Jésus en faisant ce qu’il aurait pu faire s’il l’avait voulu ? Le Fils de Dieu est ramené à la nature humaine qu’il a épousée. La tentation intérieure ou la suggestion est redoublée de la séduction du diable qui sait que Jésus peut le faire. La tactique du diable, c’est de mettre en doute l’identité et la filiale divine de Jésus, de toute éternité, cette identité qui lui a été rappelée alors qu’il priait après son baptême par Jean dans le Jourdain (Lc 3,21-22). Jésus répond en citant la Parole de Dieu et qui lui rappelle que l’homme est plus qu’un animal : « l’homme passe l’homme », disait Blaise Pascal (Pensées 122). Il n'est pas que conduit par des pulsions. Dans la prière du Notre Père, Jésus nous donne l’antidote : « Donne-nous notre pain de ce jour ». C’est la pauvreté de l’humain qui mendie à son Dieu aussi le Pain eucharistique.

prosternation

Dans la seconde tentation imposée à Jésus, c’est la souffrance morale de l’abus de pouvoir et de l’idolâtrie. Comment se prosterner devant le néant, devant le rien, devant ce qui est inconsistant ? Cette expression corporelle est réservée au culte à Dieu, à l’adoration devant le Très Haut, devant Celui à qui seul est réservée la louange. C’est la tentation du pouvoir par n’importe quel moyen, à n’importe quel prix, de la domination. La tactique du diable, c’est de mentir en faisant des promesses qu’il ne peut jamais tenir : ce n’est qu’un mirage qu’il veut faire prendre pour la réalité. Il n’a pas le pouvoir sur la terre. Au contraire, Jésus dit que tout pouvoir lui a été remis par le Père » (Jn 5,2). Jésus répond en citant la Parole de Dieu et en remettant chaque personne à sa place. "Rendons à Dieu ce qui est à Dieu." C’est pourquoi, dans la prière de Jésus, il nous demande à nous adresser à Celui qu’Il appelle « Père » : « Notre Père qui es aux cieux ». C’est la prière des filles et des fils de Dieu à dire avec le Fils bien aimé. Grandir dans la joie des enfants de Dieu, c’est le reconnaître comme notre Père et Le prier en le louant, en Le bénissant, en Le remerciant, en Lui demandant pardon et en Lui demandant ce qui nous est nécessaire et vital.

Carrême 2019 Grandir dans la joie des enfants de Dieu
Que ta volonté soit faite

Dans la troisième et dernière tentation à laquelle le diable soumet Jésus, c’est la souffrance spirituelle de voir détournée la Parole de Dieu à son profit, de se servir de la Parole de Dieu et non pas de La servir. La tactique du diable, c’est de citer la Parole de Dieu, le psaume 90 pour donner de l’autorité à ce qu’il demande à Jésus. Mais ce qu’il lui demande, au sommet du lieu le plus saint des juifs, n’est rien d’autre que de se suicider. Il n’est pas au service de la Parole : il se sert de la Parole. Là aussi il est question de vie ou de mort. Jésus répond à nouveau en citant la Parole de Dieu. Dans la prière du Notre Père, Jésus nous demande de dire « que ta volonté soit faite ». C’est la question de l’obéissance à ce que Dieu veut de bon, et de la désobéissance à la volonté perverse et maléfique du diable.

Jésus a remporté ce premier combat contre le diable par 3 à 0. Ce dernier reviendra plus tard à la charge. Pour le moment, nous pouvons entendre le Père dire, à propos de Jésus, avec les mots du psaume 90 : Puisqu’il s’attache à moi, je le délivre. Je le défends. Lorsque nous sommes soumis à la tentation, qu’elle qu’en soit la nature, demandons au Père : « ne nous laisse pas entrer en tentation, mais délivre-nous du mal » et malin.

Dt 26, 4-10 ; Ps 90 ; Rm 10, 8-13 ; Lc 4, 1-13

P. Olivier Joncour

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