Formation du coeur des disciples-missionnaires de Jésus Homélie 8° dim TO C (3.03.2019)

Dimanche 3 mars 2019 8° dim TO C St Pierre St Paul et Sacré Coeur, Colombes

Formation du coeur des disciples-missionnaires de Jésus

Jésus poursuit son enseignement qu’il avait commencé les dimanches précédents en commençant notamment pas les béatitudes. Nous voyons que l’enjeu de ce jour, c’est quels disciples Jésus veut former, au-delà de notre formation initiale, en famille et dans nos premières années de catéchisme, comment cette formation se poursuit en formation permanente à l’âge adulte, en formation continue comme dans les entreprises aujourd’hui.

Jésus nous invite à être attentifs au maître qui nous a choisis et appelés pour être ses disciples. En effet, nous le savons, nous sommes un peu aveugles. C’est pourquoi nous avons besoin d’être accompagnés, nous avons besoin de quelqu’un plus assuré, de quelqu’un de plus expérimenté qui va nous faire partager son expérience spirituelle, l’expérience qu’il a pu accumuler dans la vie chrétienne pour que nous continuions à grandir.

Formation permanente des disciples-missionnaires de Jésus

Nous voyons alors que notre vie chrétienne se fait étape après étape, dimanche après dimanche, année après année et que nous pouvons vraiment progresser jour après jour ? A quelles conditions ? Pas uniquement parce que nous suivrions des cours de théologie ou sur la Bible avec les meilleurs spécialistes. Il ne suffit pas seulement d’écouter, ni de nous laisser séduire par cet enseignement de Jésus, mais Jésus nous le redit ailleurs, il faut mettre en pratique, le mettre en œuvre (cf Mt 7, 24-25), l’incarner, vivre ce que nous avons entendu, médité et compris. Et cela quelque soit notre âge. C’est cela qui est intéressant, sinon on se dit tout est joué à 20 ans, ou tout est joué à 30 ans, ou à 50 ans, et alors quand on en a 80, on a l’impression de rabâcher, on a l’impression de répéter. Au contraire, comme Pâques est très tard cette année, le 21 avril, on entend très rarement cet évangile et les autres lectures de ce 8° dimanche du temps ordinaire de l’année C. On entend rarement en effet la première lecture, ce passage de Ben Sira le sage qui présente la sagesse divine que Dieu veut nous communiquer.

Cèdre du Liban

L’image de l’arbre revient et traverse les différentes lectures et l’évangile. Et ce sont les fruits qui manifestent la qualité de l’arbre. Dans le psaume, nous entendions : le juste grandira comme un palmier, il poussera comme un cèdre du Liban. Nous avons tous en tête l’image d’un cèdre, majestueux, qui s’élève dans les airs. Ce n’est pas un petit arbre rabougri. Ces arbres me font penser au psaume qui ouvre le psautier : le juste est comparé à un arbre dont les racines viennent plonger dans un ruisseau et il a les feuilles vertes car il n’est pas comme le méchant qui vient détourner le sage, le juste, de la foi, de sa relation avec le Seigneur (cf Ps 1). Un petit conseil pour les anciens : vieillissant, il fructifie encore. Il porte du fruit car il se laisse renouveler car il n’a pas l’impression de radoter. Le Seigneur donne ce qui nous est nécessaire, quelque soit notre âge, jour après jour, année après année.

La 2° lecture peut nous aider à travers cette transformation que nous attendons tous : passer de l’être mortel à l’être immortel – il ne parle pas d’entrer à l’Académie française pour devenir des Immortels – mais quelque chose de bien plus important, pour quitter cet être périssable pour revêtir cet être impérissable. Ce qui se passera à la fin des temps, à la résurrection des morts, nous quitterons notre enveloppe charnelle pour revêtir ce corps de lumière, ce corps de ressuscité, comme ce corps du Christ ressuscité : à la fois le même car il portait les marques de la Passion (le coup de lance dans le côté, les pieds et les mains transpercés), et en même temps différent, transformé puisque ceux qui le connaissaient, ceux qui avaient vécu avec lui, ses apôtres et ses disciples ne le reconnaissaient pas immédiatement lorsqu’il se manifeste à eux. Son corps a été transformé par la puissance divine de vie nouvelle. C’est cela que nous préparons, ce passage.

Le coeur de l'homme dans la Bible

Nous l’avons entendu dans l’évangile, il est question du coeur. Si nous demandions à un médecin ce que c’est que le coeur, il va nous apporter une réponse médicale : c’est ce muscle qui récupère le sang et qui, comme une pompe, va renvoyer le sang riche en oxygène dans tout le corps pour que notre corps soit un corps de vivants. Nous le savons, si le coeur s’arrête de battre, la personne meurt. Dans la Bible, le coeur, c’est bien plus que cela : c’est le lieu intime de la rencontre de chaque personne avec le Seigneur, avec son Seigneur. C’est donc en fréquentant des personnes qui sont motivées par de belles choses, par des choses qui les font grandir, motivées par des raisons de vivre, par la Parole de Dieu qui les a transformées, c’est en étant proches de saints qui sont parmi nous, qui restent pécheurs avec leurs limites, leurs pauvretés, leurs blessures.

cartes à jouer : coeur, trèfle, pique, carreau

La question n’est pas comme quand on joue aux cartes « as-tu du coeur ? », comme on pourrait avoir dans son jeu du trèfle, du carreau ou du pique, mais que faisons-nous de notre coeur ? Allons-nous le muscler comme un sportif pour gagner en endurance, en persévérance pour lui permettre de faire jaillir autour de lui ce qu’il peut y avoir de meilleur en se laissant habiter par cette Parole et l’Esprit saint. Pour La laisser demeurer dans nos pensées, dans notre bouche, pour que nous la laissions nous transformer. C’est cela que nous pouvons demander en ce dimanche. Et nous ne verrons plus la paille ou la poutre qui est chez l’autre mais nous comprendrons que le Seigneur est venu nous montrer la paille ou la poutre que nous avons dans notre œil, dans notre vie. Et c’est cette poutre que Jésus a portée et sur laquelle il a été cloué. Et c’est cette même poutre qui peut participer à notre salut : ce qui semblait un poids mort de notre vie, le Seigneur peut en faire quelque chose de bon, un tremplin, une occasion de nous ressaisir.

A quelques jours du Carême, demandons au Seigneur : « Montre-moi la paille ou la poutre qui est dans ma vie, qui m’empêche d’être complètement libre, d’être en relation vraie avec les autres. Et que ce chemin de carême soit un chemin de conversion, non pas pour que j’enlève moi-même cette paille ou cette poutre car je n’y arriverai pas, mais avec ton aide, avec ta grâce, avec l’aide des autres et leur prière, avec le sacrement du pardon, tu m’aideras à progresser et à redevenir un de tes enfants pour que nous puissions grandir dans la joie des enfants de Dieu »

Si 27, 4-7 ; Ps 91 ; 1 Co 15, 54-58 ; Lc 6, 39-45

P. Olivier Joncour

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