Je suis ton Père Homélie 11° dimanche du temps ordinaire B (17.06.2018)

Dimanche 17 juin 11° Dim TO B, Messe de fin d’année de l’Aumônerie

"Je suis ton Père"

"Je suis ton père", dit Dark Vador à Luke (Star wars, La guerre des étoiles)

Dans une saga intergalactique bien connue de toutes les générations, un père dit à Luke, son fils, dans une réplique devenue célèbre : « Je suis ton père ». Vous avez reconnu les paroles de Dark Vador, le chevalier Jedi qui s’est détourné du bien car il a été séduit par le côté obscur de la force. Il a voulu entraîner son fils à sa suite, le faire changer de camp. Nous savons que Luke a vécu un combat intérieur mais qu’il a toujours résisté et lutté contre cette tentation, et même qu’il a combattu physiquement contre son père. Luke avait suffisamment de discernement pour comprendre les enjeux et surtout que son père n’assumait plus son rôle d’exemple, de guide qui donne des repères qui font grandir et qui structurent la vie, pour dire ce qui est bien et le choisir et nommer le mal et le refuser. Son père n’était plus celui qui pouvait le défendre et le protéger.

Jésus demande à ses disciples d'appeler Dieu "Notre Père"

Je pense à ceux d’entre vous dont le père est parti, dont vous n’avez pas de nouvelle, qui est mort, qui a pu vous faire du mal ou qui vous a déçus très fortement : à cause de cela, il peut-être difficile d’appeler Dieu notre Père, comme Jésus nous le demande. Pourtant, c’est bien Celui qui ne déçoit pas, Celui qui est là, qui fait advenir à la vie, qui prend soin de celui ou celle qui est abandonné.

Pour le dire avec les éléments que Jésus nous donne dans les deux paraboles : il est Celui qui a envoyé un homme semé le grain de blé. Il est Celui qui fait le reste du travail, notamment par l’intermédiaire de ce qu’Il a créé au commencement : la terre, l’eau de pluie, la chaleur du soleil, selon les lois qu’Il a données à la nature. Il y a donc un travail conjoint de l’homme et de Dieu. Dans la logique divine et paternelle, cela continue : « rien sans l’homme ! Rien sans mes enfants ! » Rappelons-nous ces mots de bénédiction que dit le prêtre lorsqu’il présente le pain puis le vin : « Tu es béni, Seigneur, Dieu de l’univers, Toi qui nous donnes ce pain, fruit de la terre et du travail des hommes. » « Tu es béni, Seigneur, Dieu de l’univers, Toi qui nous donnes ce vin, fruit de la vigne et du travail des hommes. »

La graine de moutarde qui devient un grand arbre sur les branches duquel les oiseaux viennent vivre

Qu’apprenons-nous sur Dieu le Père dans la parabole de la graine de moutarde ? Il y a quelque chose de mystérieux : la graine de moutarde devient un arbre sur les branches duquel des oiseaux viennent se poser, se reposer, faire leur nid pour y vivre. Il devient un lieu de vie. Nous sommes ces oiseaux qui venons vivre sur les branches de cet arbre. Nos chants, la qualité de notre vie ensemble, le sens du service des plus petits que nous, la joie de nous rencontrer dans la diversité de nos origines, de nos manières de prier, et aussi de nous porter dans la prière les uns les autres, le goût du sel et la lumière que le Seigneur donne à nos vies et à notre témoignage peuvent donner envie à d’autres oiseaux de se rapprocher du grand arbre de la croix qui a reverdi, et surtout de Jésus, Celui qui a les bras ouverts pour nous accueillir comme nous sommes, avec bienveillance, avec simplicité, avec joie, avec bonheur, avec amour. Ce n’est pas par la force de la contrainte que l’Église grandit ainsi que chacun de ses membres, mais par le témoignage de joie d’une vie transformée par la rencontre personnelle et amicale avec Jésus, et le désir qu’il nous arrive la même chose.

Dieu le Père de Jésus n’est pas un spectateur de la vie du monde et sur terre, comme on serait dans les tribunes d’un match de football. Au contraire, comme un bon pédagogue et un bon éducateur, il le fait avec amour et tendresse, mais aussi avec fermeté et exigence. C’est pourquoi, Il regarde chacun de ses enfants parfois avec colère quand il les voit faire des bêtises et s’inquiète des conséquence plus ou moins graves. Il sait pardonner quand on vient se blottir dans ses bras et que l'on reconnaît le mal que l'on a pu faire. Il est aussi Celui qui regarde avec fierté à chaque fois que son enfant d’adoption s’est surpassé, est allé au-delà de ce qu’il pensait possible. Il est Celui qui encourage et qui met en face de ses responsabilités. Il est Celui que tous les papas de la terre peuvent prendre pour exemple dans l’éducation de leurs enfants. Il est Celui qui nourrit sa famille, notamment par sa Parole, mais aussi par le Sacrement de la Nouvelle Alliance conclue sur la croix par la vie donnée de Jésus : son corps livré pour nous sauver et son sang versé pour nous libérer du péché et de la mort. C’est cela qui est en jeu à chaque messe, le dimanche et en semaine. C’est ce que Bérénice et Enzo vont vivre pour la première fois ce soir. Heureux qui communie !

Heureux qui communie

Regardons, enfin, ce qui a grandi, ce qui s’est fortifié et développé dans nos vies de collégiens, de lycéens, d’animateurs, de responsables de niveau, de parents, de prêtre accompagnateur, à l’Aumônerie où nous avons vécu de grandes choses cette année pendant les réunions d’équipe, les différents pèlerinages, les retraites et rassemblements à Lisieux pour les 6°, à Notre Dame de l’Ouÿe pour les 5°, au Mont St Michel pour les 4°-3°, à Taizé et à Lourdes pour les lycéens. J’ai mesuré encore plus fortement combien la mission et le rôle de la responsable de l’Aumônerie nommée et envoyée par notre Evêque sont beaux, grands, précieux, utiles et nécessaires ! Rendons grâce à Dieu pour le "oui" d'Annick Nyouki !

Ez 17, 22-24 ; Ps 91 ; 2 Co 5, 6-10 ; Mc 4, 26-34

P. Olivier Joncour

1° communion d'Enzo et Bérénice

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