Question d'identité et nouvelle identité Homélie 12° dim TO C (19.06.2016)

Dimanche 19 juin 2016 12° dim TO C St Bernard et St EH Colombes

Question d'identité et nouvelle identité

Nous connaissons bien ce récit de la confession de foi de St Pierre à Jésus qui interroge ses disciples sur son identité. Nous connaissons aussi la première annonce de la Passion, de la crucifixion et de la résurrection. Trop bien peut-être même ! C’est la même chose que nous avons entendue il y a trois ans. Et même il y a 2 ans chez St Mt, et même il y a un an chez Mc. Or, la version de St Luc est différente des deux autres. En effet, chez Mt et Mc, après la 1° annonce, Simon-Pierre veut dissuader Jésus d’emprunter ce chemin du rejet et de la souffrance. Avec une certaine délicatesse, pour protéger le premier des apôtres, l’auteur des Actes des apôtres ne rapporte pas cette contestation et cette opposition, ni la parole dure de Jésus : « Arrière, Satan ! » Nous verrons comment à partir d'un contrôle d'identité qui nous permet de mieux connaître Jésus, nous approfondissons le sens du baptême et notre être disciple de Jésus.

Contrôle d’identité
Contrôle d'identitéCe n'est pas un contrôle de police. Ce qui est difficile avec Jésus, c’est que pour ses contemporains, il n’a pas dit qui il était réellement. Il laisse les autres le dire pour lui à partir de ce qu’ils l’ont vu agir et parler, ayant fait le lien avec certaines annonces des prophètes. C’est le Christ, le Messie de Dieu. De notre côté, nous avons à passer des réponses des foules qui font référence à ce qu’elles connaissent du passé : Jean le Baptiste, Elie, un prophète d’autrefois ressuscité à une réponse personnelle qui tourne vers un avenir différent de ce que nous connaissons jusqu’à présent. L’enjeu est de passer du ‘on’ au ‘je’.
Jésus demande le silence aux disciples sur sa messianitéPourquoi Jésus a-t-il alors imposé le silence aux disciples ? Il sait aussi qu’il y a un risque de se faire une fausse idée sur l’idée de messianité. Car autant il a guéri des sourds, des aveugles, des lépreux, et enseigné les foules, autant la manière dont il sera aussi un Messie souffrant et rejeté, va déconcerter. En effet, en écoutant l’extrait du prophète Zacharie, nous avons tous pensé à la Passion de Jésus en arrière-plan à partir des expressions suivantes : transpercé, fils unique, premier-né. C’est renforcé par la réaction des habitants de Jérusalem : les lamentations, les pleurs, un deuil. Pourtant, Zacharie annonce aussi un renouveau : une source jaillira. C’est la dimension de salut et de pardon : elle les lavera de leur péché et de leur souillure.

Effets du baptême
Laisser Jésus grandir en soiLe baptême a uni au Christ ; appartenir au Christ Ce n’est pas sans rappeler la parole de Jean-Baptiste : « Il faut qu’il grandisse et que moi je diminue. » L’enjeu est de laisser le Christ grandir en nous pour que notre vie soit féconde.
En quoi consiste la nouveauté du baptême ? Il efface les différences qui distinguent, les différences religieuses, les différences sociales, les différences sexuelles. Par le baptême et une vraie rencontre de Jésus, nous pouvons dire : « Je ne serai plus jamais le même car je sais que Jésus m’aime. Rien ne sera plus jamais pareil. Son amour fait des merveilles. Jésus est ma vie, il m’a sauvé, il m’a libéré. Jésus est toute ma vie. » (Glorious Plus jamais le même in 1000 échos) C’est cela être son ami, son disciple.

Devenir et être disciples
Jésus pose des conditions exigeantes à ceux qui veulent le suivre, pour leur éviter de penser que c’est facile. En fait, cela devient facile, si nous devenons comme lui, si nous laissons l’Esprit St agir en nous. Renoncer à soi,La Croix de St André est en forme de X c’est faire une croix, comme celle de St André. C’est se décentrer de soi, de ses problèmes, de ses petits plaisirs. Autant la force centripète ramène au centre, à soi, autant la force centrifuge conduit vers les autres. Porter sa croix, est un plus, un + dans notre vie. Pour marcher à la suite de Jésus, nul ne peut le faire sur un autre chemin que celui où il a déjà marché.
Celui qui perdra sa vie … Comment comprendre cette phrase de Jésus ? Faut-il être martyr pour sauver sa vie ? et que signifie alors sauver sa vie ? C’est très exigeant, radical. Perdre sa vie, c’est renoncer à soi-même, se décentrer… Sauver sa vie, c’est vouloir se sauver seul comme dans la parabole de celui qui amasse du grain.et peut mourir la nuit suivante.
Jésus propose d’abord de le suivre, de prendre le chemin d’une vie donnée qui est fondamentalement une vie bonne et féconde, avant de pouvoir professer la foi en Lui qui est mort et ressuscité et dont nous bénéficions des effets encore aujourd’hui.

Offrir sa vie à Dieu et tout changeraFinalement, quel que soit notre état de vie, que nous soyons célibataires, mariés ou consacrés à Dieu, quelque soit notre âge, c’est une manière de se donner, de se décentrer. Nous avons à faire de nos vies une offrande à Dieu, une eucharistie. Présentons-Lui nos vies pour qu’il les transforme comme le pain et le vin en son Corps et son Sang. De même que le sang du cœur du Christ versé a été une source de bienfaits, de grâces, de pardon, du salut pour tous, de même « le sang des martyrs est semence de chrétiens » (Tertullien).

Za 12, 10-11a ; 13,1 ; Ps 62 ; Ga 3, 26-29 ; Lc 9, 18-24
P. Olivier Joncour

Glorious "Plus jamais le même" (1000 échos, 2016)

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