Dieu-homme donné à tous Homélie 7° dim TP A (28.05.2017)

Dimanche 28 mai 2017 7° dim TP A SESH Colombes, 1° communion

Dieu-homme donné à tous

Ce dimanche, nous entrons dans la prière de Jésus à son Père, juste avant sa Passion. La prière de l'Eglise, celle du Corps du Christ prend exemple sur celle de Jésus, celui qui est la Tête de l'Eglise (cf 1 Co 12). C'est ce que nous faisons pendant chaque messe dans la prière eucharistique.

En 11 versets, le verbe donner est répété 9 fois. Dieu nous a donné la vie par l’intermédiaire de l’amour de nos parents. Dieu a donné son Fils JésusDieu nous a donné son Fils Jésus grâce au Oui de Marie. Jésus s’est donné à 100% dans sa mission : il était disponible aux personnes qu’il rencontrait dont toutes les personnes qui n’avaient pas beaucoup de place dans le monde de son époque, de ceux qu’on ne voulait pas voir, les malades, les paralysés, ceux qui avaient mauvaise réputation, ceux qui s’étaient éloignés de Dieu. Il s’est donné à fond en racontant des histoires pour nous faire comprendre la logique du Royaume de Dieu. C’est Dieu-homme pour tous. Et dans son dernier repas, après avoir prié, il a partagé et donné le pain en annonçant qu’il allait donner sa vie sur la croix, alors qu’il ne le méritait pas ! « Ceci est mon corps, livré pour vous. Ceci est mon sang versé pour vous. » Et après avoir été réveillé du sommeil de la mort par Dieu son Père, il a annoncé qu’il allait donner son Esprit Saint aux apôtres pour qu’ils continuent à donner en son Nom.

Ce qui nous différencie encore de Jésus, c’est que Lui, tout ce qu’il a reçu, il ne le garde pas pour lui, mais il le donne à son tour, il nous le donne. Rappelons-nous ce qu’il fait avec de l’eau dans 6 grandes jarres lors d’un  mariage à Cana où il manquait du vin (Jn 2, 1-12). Ou encore avec les 5 pains et les 2 poissons (Jn 6) pour nourrir une foule de plus de 5000 personnes. Combien d’autres choses encore. Nous comprenons que si personne ne donne, si personne ne se donne, il ne peut rien faire. procession du pain et du vinSi nous n’apportons pas le pain et le vin qui représentent notre vie et notre travail de transformation de la création, si nous ne déposons rien sur l’autel, il ne se passera rien. Il n’y aura pas de messe, pas de 1° communion ! et je lis la déception des enfants sur leur visage. Et j’entends les pensées de certains parents : "s’il n’y a pas de 1° communion, le repas que j’ai préparé pour se retrouver en famille, cela n’a plus de sens." Pas tout à fait cependant : à travers tout le temps et l’amour qui aura été mis dans la préparation de cette fête, on est déjà entré dans la logique du don. Par contre, il manquera effectivement ce sacrement, ce signe visible de l’Amour de Dieu pour nous, lui qui se fait nourriture pour notre vie de baptisé, pour nourrir et fortifier la vie éternelle qui est déjà commencée.

Depuis notre baptême, nous savons que nous sommes en relation avec Dieu notre Père, avec Jésus dans la communion du St Esprit. Dieu notre Père nous a adoptés pour entrer dans sa famille, pour entrer pleinement dans cette relation d’amour. Et Jésus prie pour nous pour que nous devenions pleinement et totalement ce qu’il espère : ses frères et sœurs qui aiment comme Lui. Nous sommes ses préférés, « les chouchous » du Seigneur, alors que nous ne le méritons pas toujours. Et pourtant, Lui, il ne veut pas nous abandonner en route. Et la communion eucharistique permet de faire grandir notre relation avec lui, notre amitié avec lui (Jn 13). Et nous le savons, pour qu’une amitié grandisse, il faut passer du temps ensemble, s’écouter et se parler. La communion nous permet de mieux et plus l’aimer. Nous comprenons mieux pourquoi les chrétiens coptes d’Egypte, dont des enfants de votre âge, à qui des terroristes ont demandé de renier leur foi en Jésus mort et ressuscité ont refusé si bien qu’ils ont été tués : Jésus est un ami fidèlequand on a rencontré Jésus, qu’on est devenu ses amis, il est cet ami qui ne nous tourne jamais le dos, ni celui qui nous joue un mauvais tour, ni celui qui nous oublie quand nous rencontrons des difficultés, à notre tour, nous ne pouvons pas le rejeter même si c’est au prix de notre vie.

Le plus extraordinaire dans ce sacrement de l’Eucharistie, c’est que Jésus ait choisi de se rendre présent dans un moyen si simple, si ordinaire qu’est du pain. Lui qui est si grand, il est là dans ce pain "sans goût", vous me l'avez dit, les enfants, quand vous avez goûté une hostie qui n'était pas consacrée. Nous chantons : "Tu es là présent livré pour nous, toi le tout petit, le serviteur, toi le tout-puissant, humblement tu t’abaisses, fais ta demeure en nous, Seigneur." Après avoir communié, nous devons garder le silence pour continuer à vivre un cœur à cœur avec Jésus. Il est là en nous. Essayons de lui faire de la place, davantage de place, pas seulement une heure dans la semaine, pour qu'il ait la première place.

Ac 1, 1-11 ; Ps 26 ; Jn 17, 1b-11a

P. Olivier Joncour

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