Wanted : Jésus, 12 ans. Sa mère et Joseph le recherchent ! Homélie St Famille C 2012.12.30

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Dimanche 30 décembre 2012 Ste Famille C St Pierre St Paul de Colombes

Wanted : Jésus, 12 ans. Sa mère et Joseph le cherchent !

 L'enfance de Jésus Joseph Ratzinger Benoît XVINous venons d’écouter la fin de l’Evangile de « l’enfance de Jésus » (J. Ratzinger, 2012), en fait, le seul récit de son adolescence. Une famille juive vient à Jérusalem en pèlerinage. Celui-ci a lieu pour la fête de la Pâque où les juifs célèbrenLe Seigneur Dieu passe au milieu de son peuple lors de la sortie d'Egyptet le passage du Seigneur au milieu de son peuple pour le libérer de l’esclavage de Pharaon et le conduire sur la terre donnée aux patriarches. A cette occasion, Jésus y vit aussi une Pâque, un passage, un changement tant physique que psychologique et spirituel. Il cherche la juste place vis-à-vis de ceux qui l’ont éduqué et son Père du Ciel, avec les maladresses et une affection qui ne sait plus très bien comment s’exprimer.

A 12 ans, il est adolescent. Il déboussole sa mère et Joseph. Comme les ados, il n’est pas là où on l’attend. Il n’agit plus comme l’enfant qu’il était jusqu’à présent. Il ne rentre pas avec eux à Nazareth. Il resta au Temple. Il y a plus dangereux comme lieu, je vous l’accorde. Il est rare que des parents d’ados d’aujourd’hui s’inquiètent pour eux avant de les retrouver à l’église.

Jésus au milieu des docteurs de la Loi au Temple de Jérusalem [Arcabas]Jésus montre une étonnante maturité : au Temple, il fait l’admiration de tous ceux qui l’entendaient, qui ignorent pourtant tout de son Être de Fils de Dieu. Au moment des retrouvailles, il donne une leçon à Marie, celle qui sait tout de son Être de Fils de Dieu. Alors qu’elle invoquait implicitement le 5° commandement qui demande aux enfants d’honorer leur père et leur mère (Ex 20,12), son fils répond par le premier des Dix, le devoir envers Dieu (Ex 20, 3-6). S’il est devenu le fils de Marie, pleinement homme, il est aussi, antérieurement, de toute éternité, le Fils qui partage la même nature divine et la même gloire que le Créateur du ciel et de la terre, et l’Esprit d’Amour.

Ici, Marie et Joseph ne comprirent pas ce qu’il leur disait. Pour les parents des ados actuels, c’est très souvent la même chose. Et l’inverse est aussi vrai ! Jean-Marie Petitclerc 22 janvier 2013 St Pierre St Paul de Colombes Les ados à l'heure de FacebookEspérons que le père Jean-Marie Petitclerc, dans sa conférence du 22 janvier, aidera les parents dans leur responsabilité et leur mission d’éducation à cet âge si important de la vie, dans l’éducation à la liberté et à la responsabilité personnelle. Dans cette tranche de vie entre l’enfance et l’état adulte, il se joue une tension entre le désir d’autonomie et de reconnaissance, et le besoin de sécurité apporté par les parents. Il faut trouver une bonne distance entre proximité et distance. Un équilibre difficile et instable où les adolescents testent et détruisent la maison de leurs parents, pour mieux construire la leur avec, souvent, les mêmes pierres. Pour devenir eux-mêmes, loin des rêves et des projections de leurs parents.

Nous constatons que l’amour de Jésus pour Marie et Joseph ne vient pas concurrencer son amour pour son Père. Ce n’est pas l’un ou l’autre. Alors que bien des adolescents rejettent en même temps leurs parents et Dieu, Jésus replace ceux qui l’ont éduqué à leur juste place et leur rappelle celle de Dieu, la première ! Nous passons, avec Marie et Joseph, de « où est-il ? » à, avec les docteurs de la Loi et ceux qui l’ont entendu, « qui est-il ? ».

En rentrant à Nazareth, Jésus est revenu à l’obéissance du fils, en conformité à la Loi. Marie relit les paroles et relie les événements. Elle comprend que, peu à peu, un sens se dessine pour la foi. famille communionComme le concile Vatican II le dit, « la famille est en quelque sorte une école d’enrichissement humain. Mais, pour qu’elle puisse atteindre la plénitude de sa vie et de sa mission, elle exige une communion » (Gaudium et Spes 52,1) des personnes.

Jésus quitte Jérusalem. Il n’y reviendra (Lc 19,41) que plus d’une vingtaine d’années plus tard pour y vivre sa Pâque. Plusieurs indices nous font penser à cette dernière Pâque de Jésus : la fête de Pâque, la disparition de Jésus comme au tombeau, la recherche angoissée comme le matin du 1° jour de la semaine, les retrouvailles trois jours après.

Remarquons les parallèles entre Samuel et Jésus. Au cantique d’Anne (1 S 2, 1-10), la mère de Samuel, Luc répond par celui de Marie, le Magnificat (Lc 1, 46-55). A la présentation de Samuel au sanctuaire de Silo raconté dans la 1° lecture, correspond celle de Jésus au Temple, le 40° jour après sa naissance, avec les rencontres du vieillard Syméon et de la prophétesse Anne (Lc 2, 22-38). Au récit de vocation nocturne du jeune Samuel, que le prêtre Eli a aidé à reconnaître (1 S 3, 1-10), nous avons Jésus qui explique lui-même sa mission à Marie et Joseph. Ainsi, le Concile Vatican II demande « que les enfants soient éduqués de telle manière qu’une fois adultes, avec une entière conscience de leur responsabilité, ils puissent suivre leur vocation, y compris une vocation religieuse, et choisir leur état de vie, et que, s’ils se marient, ils puissent fonder leur propre famille dans des conditions morales, sociales et économiques favorables. Il appartient aux parents ou aux tuteurs de guider les jeunes par des avis prudents. » (GS 52,1)

Qui sont-ils alors ces apprentis-sorciers qui échafaudent une théorie malhonnête intellectuellement qui remet en cause ce qu’est être homme et être femme, celle du ‘gender’, celle du genre, en français ? Ils manipulent les esprits, au point qu'ils en viennent à déboussoler les enfants qui se demandent : « qui suis-je ? »

la théorie du gender nie la réalitéLes différences physique, biologique et sexuelle de la femme et l’homme ne sont pas une construction de l’esprit humain. Elles sont réelles. Les adolescents le voient bien. D’autres différences moins visibles existent : psychologique, perception du monde, rythme, sensibilité, ... Autant de différences qui peuvent faire peur mais qui trouvent en fait leur plénitude dans l’accueil de l’altérité révélé par des richesses complémentaires. Et, sans être misogyne, l’égalité et la parité ne peuvent pas tout justifier. Pas plus que le droit à l’enfant, s’il doit bafouer le droit de l’enfant. Le mariage, comme institution qui fonde la vie en société, n’est-il d’ailleurs pas une réalité qui existait avant et en dehors du judaïsme et du christianisme ?

Ecoutons, pour conclure, ce que les pères du Concile écrivaient dans leur sagesse, il y a 50 ans : la famille, lieu de rencontre de plusieurs générations qui s’aident mutuellement à acquérir une sagesse plus étendue et à harmoniser les droits des personnes avec les autres exigences de la vie sociale, constitue le fondement de la société.« Ainsi la famille, lieu de rencontre de plusieurs générations qui s’aident mutuellement à acquérir une sagesse plus étendue et à harmoniser les droits des personnes avec les autres exigences de la vie sociale, constitue-t-elle le fondement de la société. Voilà pourquoi tous ceux qui exercent une influence sur les communautés et les groupes sociaux doivent s’appliquer efficacement à promouvoir le mariage et la famille. Que le pouvoir civil considère comme un devoir sacré de reconnaître leur véritable nature, de les protéger et de les faire progresser, de défendre la moralité publique et de favoriser la prospérité des foyers. Il faut garantir le droit de procréation des parents et le droit d’élever leurs enfants au sein de la famille. Une législation prévoyante et des initiatives variées doivent également défendre et procurer l’aide qui convient à ceux qui, par malheur, sont privés d’une famille. » (GS 52,2)

Si nous nous taisons et ne faisons rien, les générations futures nous jugeront et nous en feront le reproche. A chacun de s’informer, de réfléchir au-delà du prêt-à-penser, de prier, d’écouter ce que Dieu lui dit dans sa conscience et de décider en son âme et conscience.

1 S 20-22.24-28 ; Ps 83 ; 1 Jn 3, 1-2.21-24 ; Lc 2, 41-52

P. Olivier Joncour

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