Voir Jésus, bien plus que Moïse et Elisée, le Pain de Vie Homélie 2012.07.29 17° dim TO B

Dimanche 29 juillet 2012 17° dim TO B St Etienne St Henri Colombes

  

Voir Jésus, bien plus que Moïse et Elisée, le Pain de Vie.

 

Durant l’été, nous faisons une pause dans notre lecture continue de l’Evangile de St Marc pour écouter pendant plusieurs dimanches des extraits du 6° chapitre de St Jean. Il s’agit pour nous d’apprendre à voir au-delà des apparences.

 

Une grande foule le suivait, parce qu'elle avait vu les signes que Jésus accomplissait en guérissant les malades. La réputation de Jésus grandit auprès de ses contemporains. Une foule en quête de merveilleux, de sensationnel. Beaucoup doivent se dire : ‘pour moi aussi, il devrait pouvoir faire quelque chose’. Cependant, ce n’est pas parce qu’il y a foule que chacun d’eux est un disciple de Jésus. A ce moment-là, Jésus est pour eux comme un de ces thaumaturges, un de ces guérisseurs itinérants qui existait à l’époque.

Jésus leva les yeux et vit qu'une foule nombreuse venait à lui. Alors que Jésus a entraîné à l’écart ses disciples sur la montagne, à l’approche de la fête juive de la Pâque où les juifs célèbrent le Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob qui a fait passer les hébreux à travers la mer Rouge à pied sec, il se rend compte qu’ils ne sont plus seuls. La foule semble grossir au fur et à mesure. On est passé d’une grande foule à une foule nombreuse.

Jésus et ses disciples rejoint par une foule nombreuseUn de ses disciples, André, le frère de Simon-Pierre, lui dit : « Il y a là un jeune garçon qui a cinq pains d'orge et deux poissons. La question que Jésus avait posée à Philippe pour le mettre à l’épreuve montre qu’il est attentif à tous les besoins de l’être humanité, à commencer par la faim. Philippe trouve chez André un soutien. Plus tard, au chapitre 12 de St Jean, rappelons-nous le 25 mars dernier « les 24h pour Dieu », c’étaient des Grecs venus en Mosaïque de Tabgahpèlerinage à Jérusalem qui lui demandaient « Nous voudrions voir Jésus » (Jn 12,21). Il était alors allé en parler à André. André ose. Même en voyant le jeune garçon avec ses cinq pains et ses deux poissons, représentés sur la célèbre mosaïque de Tabgah, il se rend bien compte que c’est bien peu pour tant de monde, pour que les cinq mille hommes aient un petit morceau de pain. Un pain d’orge pour 1000 homme, vous conviendrez que c’est peu.

A la vue du signe que Jésus avait accompli, les gens disaient : "C'est vraiment lui le grand Prophète, celui qui vient dans le monde." Le signe que Jésus vient de faire en nourrissant cette foule rappelle la manne au désert. Jésus en parlera dans la suite du chapitre 6. Jésus se présente donc comme le nouveau Moïse, celui que les juifs attendent et qui avait été annoncé par Moïse dans le livre du Deutéronome (18,15) « Le Seigneur votre Dieu vous enverra un prophète comme moi, Moïse, qui sera un membre de votre peuple : vous écouterez ce qu’il vous dira. »

Comme dans le miracle quotidien de la manne au désert, ce pain venu du ciel, chacun mangeait à sa faim. Il y a deux différences par rapport à la manne : 1) Jésus prend ce qu’on lui donne, le présente à Dieu,12 paniers avec les morceaux de pain qui restent puis le distribue. Autrement dit, si on ne lui donne pas, même le peu que nous avons, il ne fera rien, même si cela nous semble bien maigre à vue humaine. Et moi, qu’est-ce que je peux donner à Jésus qui me semble si peu et dont il pourrait le donner à tant d’autres qui en ont besoin ? 2) Il reste des morceaux, au point qu’on peut remplir douze paniers, le même nombre des apôtres et des tribus d’Israël. Autrement dit, la grâce de Dieu surpasse nos besoins. Le Seigneur nous comble au-delà de ce qui nous est nécessaire. Autant, il nous arrive de calculer pour éviter le gâchis, autant Jésus calcule en excès. Et ce qui est ramassé n’est pas perdu !

Jésus fait ici mieux que le prophète Elisée à qui on avait apporté vingt pains d’orge pour cent personnes en pleine famine. Pour Elisée, on était dans un rapport de 20 %. Pour Jésus, le rapport est de 0,1% ! Alors qu’Elisée aurait pu garder les pains pour lui seul, il demande à son serviteur de donner ce qu’il a reçu. C’est un exemple qui nous est donné et une invitation qui nous est faite de ne pas thésauriser les dons de Dieu, de ne pas les garder pour nous, mais de les transmettre à notre tour.

Jésus est le Pain de VieCependant, nous le savons, Jésus est bien plus qu’un grand prophète, bien plus qu’un roi qui vient remplir les ventres affamés. Il est « le Pain vivant descendu du ciel » dira-t-il par la suite. Dans ce que l’Eglise relira comme une formation sur le sens de l’Eucharistie et de la messe. Nous sommes alors invités à voir au-delà des apparences, à approfondir chaque dimanche le sens de la messe qu’il faut peut-être toute une vie pour assimiler tant cette réalité est grande et nous dépasse tous !

Les yeux sur toi, tous ils espèrent : tu leur sonnes la nourriture au temps voulu ; tu ouvres ta main : tu rassasies avec bonté tout ce qui vit. Sois béni, Seigneur pour tous tes bienfaits et ton Pain de Vie qui vient nourrir en nous la grâce de notre baptême et qui nous apprend à transmettre à notre tour ce que nous avons reçu.

2 R 4, 42-44 ; Ps 144 ; Ep 4, 1-6 ; Jn 6, 1-15

P. Olivier Joncour

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