Publicité comparative Homélie 2013.10.27 30° dim TO C

Dimanche 27 octobre 2013 30° dim TO C St Etienne St Henri Colombes

Publicité comparative

Dimanche dernier, l’Evangile était déjà sur le thème de la prière, avec ce juge qui a finalement rendu justice à la veuve (Lc 18, 1-8). Aujourd’hui,  dans la parabole de Jésus, les deux hommes montent au Temple de Jérusalem pour prier. Ce qui est déjà bien. Pour l’un comme pour l’autre, Dieu existe.

Jésus a recours à la publicité comparative en mettant en valeur une attitude qu’il approuve face à une autre qu’il désapprouve. http://idata.over-blog.com/4/30/70/12/image-maison-roc-sable.jpgC’est ce qu’il fait pour la maison bâtie sur le roc et celle sur le sable (Mt 7, 24-27), ou dans la parabole des talents entre les serviteurs qui ont compris que leur maître leur faisait confiance au point de placer l’argent qui a permis de doubler la somme du début, et celui qui, peureux, a enterré l’argent (Mt 25, 14-30). Son intention est claire : inviter les hommes qui étaient convaincus d’être justes et qui méprisaient tous les autres à changer de comportement. Comme le juge, ils méprisent les hommes. Leur cas est donc moins grave que le juge, car sous-entend Jésus, ces hommes prient. Autrement dit, tout n’est pas perdu pour eux.

Jésus, n°1 dans ma vieLa prière chrétienne nous fait nous décentrer de nous-mêmes. Cherchons, tout d’abord, un lieu calme. Puis, mettons-nous en présence de Dieu en dessinant le signe de croix, et en nous laissant accueillir par le Seigneur qui nous attendait. Nous pouvons lui dire que nous sommes disponibles, prêts à l’écouter. Nous décentrer de nous-mêmes, arrêter de nous considérer comme le centre du monde, pour nous ouvrir à Lui. « Tu es là, Seigneur. Tu m’attendais. Tu m’accueilles. Je suis là pour Toi, et Toi seul. » Je fais silence, pour écouter ce qu’Il veut me dire. Comme le dit Ste Thérèse d’Avila : « Dieu seul suffit. » Ce qui équivaut à « Dieu, 1° dans ma vie ».

En méditant sa Parole, nous regardons avant tout ce qu’Il fait, comment Il agit. L’extrait du psaume est exemplaire à ce titre : Le Seigneur regarde les justes, il écoute, attentif à leurs cris. Le Seigneur entend ceux qui l'appellent : de toutes leurs angoisses, il les délivre. Il est proche du coeur brisé, il sauve l'esprit abattu. Le Seigneur rachètera ses serviteurs : pas de châtiment pour qui trouve en lui son refuge. Caïn et Abel offrent à Dieu les fruits de leur travail.En L’écoutant, nous évitons de reproduire la comparaison assassine qui rappelle la jalousie de Caïn  par rapport à Abel (Gn 4, 1-8). Et nous évitons l’orgueil du pharisien. Et quand nous avons reconnu l’action et le travail de Dieu dans l’histoire des hommes, à notre tour, nous pouvons reconnaître des signes de son passage dans notre vie, même si c’est après que ce soit arrivé. « Mieux vaut tard que jamais », dit un proverbe.

Dessiner le signe de croix, lentenemnt, ne prenant conscience de ce que je faisIl s’agit de demander pour nous et pour les autres ce que Dieu seul peut donner. En valorisant la prière du collecteur d’impôt, Jésus nous suggère de demander à Dieu de nous donner son pardon. Logiquement, cela devrait se conclure sur l’action de grâce, car nous ne sommes pas ingrats, car nous sommes des hommes et des femmes de l’Eucharistie.

Pour conclure notre prière, nous pouvons nous laisser revêtir de la signature amoureuse et passionnée de Dieu : pas un autographe fait rapidement et mécaniquement, mais lentement, avec grâce, avec délicatesse, comme dans la gestuelle amoureuse.

En fait, dans notre vie, comme dans la prière, nous n’avons pas à chercher à nous justifier aux yeux de Dieu, à lui dire qui nous sommes jusqu’à aller à nous comparer aux autres dans des domaines où ils réussissent moins bien que nous. L'offrande de la veuve pauvre au Temple de JérusalemEt il y en a et il y en aura toujours. ‘Regarder vers les autres’ ne consiste donc pas à entretenir en soi un esprit de supériorité, comme dans le récit de l’offrande de veuve pauvre qui a mis davantage que ceux qui ne mettront que leur superflu (Lc 21, 1-4). ‘Vivre entre nous’ ne consiste pas non plus à savoir qui occupe le podium en arrivant aux trois premières places, mais à permettre à tous de franchir la ligne d’arrivée.

le pharisien rempli de lui-même, et le publicain qui laisse le Seigneur creuser sa place en luiFinalement, ne jugeons pas trop vite notre prière. Nous serons toujours dans l’erreur si nous le faisons selon nos critères. Or les nôtres ne sont pas les siens (cf Is 58,6) ! Ce sont les paradoxes du Royaume de Dieu. Le psalmiste et le Siracide l’avaient déjà si bien exprimé. Nous avons aussi remarqué combien la position du corps était révélatrice de l’état intérieur : le torse bombé, droit dans ses bottes pour l’un, courbé, sans lever les yeux vers le ciel, pour l’autre.

Si la Bonne Nouvelle est bien pour tous, s’il est possible à tous de prier, si la foi est proposée à tous, le bon élève n’est pas celui qui le croit. Le faillot est renvoyé dans ses buts. Au contraire, celui qui a le cœur brisé et l’esprit abattu est relevé et sauvé.

Seule la prière du Seigneur Jésus nous situe de façon juste face à son Père et notre Père en commençant par demander ce qui Le concerne (1° partie) avant de passer à nous (2° partie). Il s’agit de reconnaître notre pauvreté – ‘donne-nous notre pain de ce jour’ -, de reconnaître notre péché et que nous avons besoin de sa grâce pour pardonner – ‘pardonne-nous nos offenses comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés’ -, et de reconnaître notre faiblesse si nous comptons uniquement sur notre volonté ou nos forces – ‘ne nous laisse pas entrer en tentation, mais délivre-nous du mal’.

Cette parabole peut nous énerver car nous ressemblons plus souvent que nous ne le voudrions au pharisien. Pourtant, ce qui lui arrive n’est pas sans nous rappeler le Samaritain qui était revenu seul guéri de la lèpre pour rendre gloire à Dieu (Lc 17, 15-19). La parabole prépare ce qui va se passer à Jéricho où Jésus va scandaliser la foule en s’invitant chez un publicain du nom de Zachée (Lc 19, 1-10).

Si 35, 12-14.16-18 ; Ps 34 ; 2 Tim 4, 6-8.16-18 ; Lc 18, 9-14

P. Olivier Joncour

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