Porteurs de la joie de l'Evangile Homélie 29° dim TO A (19.10.2014)

Dimanche 19 octobre 2014 29° dim TO A Colombes

Porteurs de la joie de l'Evangile

Les extraits de la Bible que nous venons d’écouter proposent, à travers les siècles, trois visages différents de ceux qui portent une bonne nouvelle : le roi perse Cyrus, Jésus et St Paul.

Cylindre de Cyrus : ... Pour ce qui est des citoyens de Babylone, auxquels Nabonide avait imposé une corvée n'étant pas le souhait des dieux et ne [...] convenant guère [aux citoyens], je soulageai leur lassitude et les libérai de leur service. ...Cyrus, le roi de l’empire perse a pris Babylone en -539. Alors que le peuple juif est en exil à Babylone depuis – 597, un an plus tard, Cyrus publie un édit autorisant les exilés à rentrer à Jérusalem. Nous savons que ce retour fut plus facile et rapide que pour la sortie d’Egypte. Rappelons-nous Moïse qui avait essayé de convaincre pharaon, le roi d’Egypte, de laisser partir les douze tributs d’Israël. Le cœur de pharaon s’endurcissait de plus en plus après chacune des dix plaies d’Egypte (Ex 7-11). Ici, au contraire tout se fait en douceur ! Personne ne vient demander à Cyrus le retour dans la Ville sainte. Celui-ci le décide de lui-même ! Le prophète Isaïe le raconte à la manière d’une vocation. Dieu l’a consacré. C’est un terme très fort. Dieu l’a choisi pour faire de lui son serviteur, même s’il n’en a pas conscience en lui donnant pouvoir sur bien des rois et d’autres peuples. Ce qui est vraiment extra-ordinaire, c’est que Cyrus qui n’est pas juif, agit pour le peuple juif ! Alors que Cyrus ne connaissait pas le Dieu d’Israël, - c’est répété deux fois ! -, il agit dans son sens et comme s’il était à son service.

Autrement dit, l’action de Dieu ne connaît pas de frontières. Le psalmiste veut le raconter au plus grand nombre, à toutes les nations, à tous les peuples de la terre. Le Dieu d’Israël n’est pas un Dieu exclusif. Tout converge vers le rassemblement de l’humanité

http://kaganof.com/kagablog/wp-content/uploads/2008/10/jesuschrist.jpgJésus, « l’image du Dieu invisible » (Col 1,15), révèle aux hommes le vrai visage du Dieu-Père. En distinguant César, l’empereur de Rome, et le Dieu du Ciel, Jésus met une distinction et une hiérarchie entre le visible et l’Invisible, entre le créé et le Créateur, entre ce qui passe et Celui qui ne passe pas, entre celui qui oblige qu’on lui rende un culte à cause de sa fonction et Celui qui se laisse choisir pour qu’on Le prie.

Jésus rappelle qu’il est important de payer l’impôt, parce que c’est un acte civique. C’est tout le contraire de l’inscription1 apparue cette semaine sur le mur de la Trésorerie principale de Colombes, dans le passage Prévert et que je m’interdis de vous rapporter. Or, nous le savons, dans la loi de Moïse, il est interdit de représenter Dieu. César, tout empereur de Rome qu’il soit, et à qui les habitants de l’empire romain devaient rendre un culte, même si les juifs en étaient exemptés à titre exceptionnel, n’est qu’un homme !

Jésus vient souligner un autre trait de la création : il nous montre Celui à l’image de Qui nous avons été créés et à la ressemblance de Qui nous devons tendre ! Car tel est l’enjeu de la vie chrétienne : imprimer et graver l’image de Dieu en nous.

la foi (croix), l'espérance (ancre) et la charité(coeur)St Paul dans sa 1° lettre aux Thessaloniciens commence par reconnaître ce qu’ils vivent déjà : eux qui ont été choisis par Dieu vivent déjà de la foi, de la charité et de l’espérance qu’on appelle les trois vertus théologales, au sens où elles nous connectent sur Dieu et nous font ressembler de plus en plus à Lui. Les premiers mots de la plus ancienne lettre de St Paul, le plus vieil écrit chrétien du Nouveau Testament, sont le fruit d’une relecture du travail de Dieu dans leurs vies humaines qui prend la forme d’une prière d’action de grâce à Dieu.

la joie de l'EvangilePour conclure, comme nous le rappelle le thème de la journée mondiale des missions, nous sommes appelés à porter la Bonne Nouvelle de la joie. Au temps de l’exil à Babylone, c’est Cyrus, un roi païen qui annonçait la Bonne Nouvelle du retour en Israël aux déportés. Sous le règne de Ponce Pilate, c’est Jésus, le Fils de Dieu en personne, en chair et en os, qui est la Bonne Nouvelle de la proximité divine auprès de son peuple et de l’humanité par sa Parole et ses signes de guérison et de puissance. Moins de 20 ans après sa résurrection et la Pentecôte, c’est Saul, un ancien persécuteur des chrétiens qui annonçait la foi en Jésus mort et ressuscité, ne comptant pas sur sa simple parole mais sur l’action de l’Esprit Saint qui authentifie ce qu’il annonçait de la part de Dieu le Père et qui permettait d’accueillir son témoignage à tous ceux qui voulaient bien l’écouter. En ces jours qui sont les nôtres, au début de ce III° millénaire, Dieu compte sur nous pour être les porteurs de l’Evangile de la joie : « Ne nous laissons pas voler l’enthousiasme missionnaire (François La joie de l’Evangile 78-80), ni la joie de l’évangélisation (81-83), ni l’espérance (84-86), ni la vie en communauté (87-92), ni l’Evangile (93-97), ni l’idéal de l’amour fraternel (98-101), ni la force missionnaire (102-109) » Comme St Paul l'a fait pour les Thessalonissiens, d'ici la Toussaint, nous pouvons relire le travail de l'Esprit en nous et en rendre grâce à Dieu.

Is 45, 1.4-6a ; Ps 95 ; 1 Th 1, 1-5b ; Mt 22, 15-21

P. Olivier Joncour

1 "Je baise l'Etat et je le dis"

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
DiMails © 2006 -  Hébergé par Overblog