La foi à l'épreuve Homélie 19° dim TO A (10.08.2014)

Dimanche 10 août 2014 19° dim TO A St PP Colombes

La foi à l'épreuve

Sans que ce soient des vacances pour Elie et Jésus, ils vont à la montagne. C’est l’occasion d’une part pour le Seigneur de s’y manifester de façons nouvelles, et pour les disciples de choisir entre la foi ou la perte de la confiance.

Elie et Jésus vont dans la montagne

Elie demande à Dieu de mourirPersécuté par la reine Jézabel, Elie demande à Dieu de mourir car il n'a plus la force de vivre sa mission. Dieu le réconforte. Il lui donne à manger pour lui permettre de reprendre des forces. Il a marché 40 jours jusqu’à l'Horeb, la montagne de Dieu.

Jésus prie sur une montagneAprès avoir renvoyé les foules, Jésus ne rejoint pas directement les disciples, mais il se rendit dans la montagne, à l’écart pour prier, pour rendre grâce pour ce qui s’est passé, les guérisons et la foule nourrie à partir des cinq pains et deux poissons, pour préparer ce qui va se passer.

Dans la Bible, la montagne est le lieu de la rencontré privilégiée avec Dieu le Père. Prenons exemple sur Moïse au Sinaï, Elie à l’Horeb, et à plus forte raison Jésus qui vont dans un lieu pour rencontrer le Seigneur dans le silence, loin des bruits du monde et du flot ininterrompu des images de nos écrans de télévision. Pour certains, ce sera une chapelle, pour d’autres une église ou un coin prière de leur lieu de vie.

Le Seigneur Dieu vient vers nous de façons nouvelles. Pour Elie, ce ne fut pas d’une manière fracassante et violente dans l’ouragan, un tremblement de terre ou le feu, mais dans le murmure d’une brise légère, dans la douceur, dans la discrétion. Jésus se rend présent au milieu de son Eglise sous les signes du pain et du vin, aliment et boisson ordinaires et quotidiens, devenus son corps et son sang parce qu’il l’a voulu et qu’il l’a demandé à l’Eglise : « vous ferez cela en mémoire de moi jusqu’à mon retour ».

Jésus marche sur les eaux du lac de TibériadePour les disciples dans la barque secouée par les grosses vagues de la mer, Jésus ne les a pas rejoints de façon spectaculaire en hors-bord, ou en volant au en dessus de la mer, mais en marchant sur la mer. C’est lui qui va vers eux. Plus il s’approche, plus les disciples de la barque reconnaissent sa silhouette. C’est lui qui se fait reconnaître : « c’est moi. » Il se fait aussi reconnaître au son de sa voix. « Confiance. N’ayez pas peur » dit-il. Puis le Seigneur ordonne à Pierre qui le met à l’épreuve : « Viens ! ».

Foi et perte de confiance.

Simon-Pierre commence à marcher sur l'eauPierre perd confiance en Jésus au moment où marchant sur les eaux, ce qui n’était finalement possible que parce que Jésus le lui permettait, car comme Jésus il est soumis à la loi de la pesanteur, il est pris de vertige. Il se regarde, il prend conscience qu’il est en train de faire ce qui va contre les lois de la physique. Alors qu’il s’était abandonné, il a voulu reprendre la main, ce qui l’a fait couler.

Il suffit souvent de quelques secondes seulement pour que nous perdions confiance en quelqu’un à la suite d’une trahison, d’un secret confié qui a été répété, d’une infidélité, … Cette perte de foi de Pierre en Jésus préfigure son triple reniement lors de la Passion (Mt 26, 69-75). Jésus ne lui retira pas pour autant sa confiance à la tête des Douze, mais une fois ressuscité, Jésus l’a confirmé dans sa mission d’être le pasteur de l’Eglise (Jn 21, 15-17). Nous aussi, nous faisons l’expérience que notre foi reste fragile, qu’elle peut vaciller. Pourtant, Jésus nous garde sa confiance. Il nous laisse le temps de lui crier : « Seigneur, sauve-moi ! Fais grandir en moi la foi ! » Et, la méfiance est un fléau de notre société : on commence par « se méfier. On finit dans la hantise de ‘se faire avoir’ et on se met à suspecter tout comportement altruiste. » (Litta Basset Oser la bienveillance p. 82) Cet épisode n’empêche pas ceux qui étaient dans la barque de confesser la divinité de Jésus pour la première fois : Vraiment, tu es le Fils de Dieu.

Les regrets d’Elie et de Saul

Elie désespère du Peuple d’Israël qui a oublié que Dieu avait conclu avec lui une alliance en se détournant du Seigneur vers des idoles, des faux dieux. Un peu comme Moïse avait désespéré des hébreux qui avaient fondu le veau d’or alors que le Dieu d’Abraham, le Dieu d’Isaac et le Dieu de Jacob donnait les Tables de la Loi sur le Sinaï (cf Ex 32). 

Paul, l’apôtre des non-juifs, confie aux chrétiens de Rome sa tristesse et sa déception par rapport à ses frères de sang qui ne reconnaissent pas en Jésus le Messie, alors que Dieu leur avait donné tant de privilèges pour les aider à le reconnaître : les alliances, la Loi, le culte, les promesses de Dieu, les patriarches.

En conclusion, même dans les périodes difficiles ou les crises, gardons foi dans le Père, le Fils et l’Esprit Saint qui nous soutiennent dans notre vie et la mission : c’est l’occasion de lâcher prise et de nous abandonner en Dieu

1 R 19, 9a.11-13a; Ps 84; Rm 9, 1-5; Mt 14, 22-33

P. Olivier Joncour

DiMails © 2006 -  Hébergé par Overblog