L'homélie du 1° janvier (Marie, Mère de Dieu et Journée Mondiale de la Paix)

Dimanche 1° janvier 2012 Ste Marie, Mère de Dieu St Pierre St Paul, St Etienne St Henri

 

Un  garçon demanda à sa mère : 'maman, sait-on si Marie travaillait ?' 'Non', mon fils, lui répondit-elle. Marie met Jésus à la crècheD'ailleurs, la question ne lui était jamais venue à l'esprit. En fait, les 4 évangiles restent discrets sur son quotidien. Mais au moins, grâce à la perspicacité de son fils, elle le saurait. 'Facile, maman ! quand Marie allait travailler, elle mettait Jésus à la crèche.'

 

Les évangiles nous en disent peu sur Marie, mais c'est l'essentiel :

Même comme catholiques, on a parfois du mal à se situer par rapport à Marie. Il nous faut apprendre à le faire dans un juste milieu, entre des deux extrêmes : d'une part, considérer Marie comme une déesse ou une divinité, comme si elle était la figure féminine qui serait le complément de Dieu le Père. Nous savons tous que Marie est une femme, la fille d'Anne et Joachim. Si elle a eu un rôle spécial dans l'histoire du salut, il y a un vocabulaire que nous ne devons pas utiliser pour elle. Par exemple, pour bien montrer la différence avec Dieu ou Jésus ou l'Esprit Saint, on ne peut pas dire qu'on prie Marie. D'ailleurs elle est trop humble pour le revendiquer. Ne dit-elle pas, « je suis la servante du Seigneur » ? Par contre, on parle de dévotion ou d'intercession. L'Eglise le propose pour tous les saints à partir de ce que nous croyons de la communion des saints. Nous pouvons confier à un saint une prière qu'il présentera à Dieu de notre part. On parle alors de dévotion à Marie. On n'adore pas non plus Marie, on la vénère.

chapelet, rosaireCeux qui méditent le chapelet ou le Rosaire savent qu'ils méditent sur ces 20 événements de la vie de Jésus avec le regard de Marie, sa mère. Cette pratique vient de l'Evangile. C'est un développement de l'extrait que nous avons entendu : Marie retenait tous ces événements et les méditait dans son cœur. De plus, il existe « 2 principes bibliques : d'abord, en tant qu'homme, Jésus a accompli parfaitement la loi de Dieu, y compris celui d'honorer son père et sa mère. […] Le second principe est l'imitation du Christ. Nous ne faisons qu'imiter Jésus en honorant sa mère, mais aussi notre propre mère [à qui il nous a confié au pied de la croix] (cf Jn 19), mais en honorant aussi toute personne que Jésus honore. » (Rome, sweet home p. 70)

L'autre extrême serait de plaquer les mythologies de l'antiquité sur ce qui s'est passé pour Marie au moment Annonce à Marie (Luc)Annonce à Joseph (Matthieu) de la conception de Jésus par l'Esprit Saint. En effet, grâce aux deux récits concordant de l'annonciation à Marie dans l'évangile de Luc d'une part, et à Joseph par Matthieu, d'autre part, tout montre que l'on n'est pas dans l'union d'une divinité et d'une femme qui aurait conçu un demi-dieu, comme dans les mythologies grecques et latines.

Comment faut-il comprendre le titre de « Mère de Dieu » attribué à Marie, au concile d'Ephèse, en 431 ? Il y a, en effet, un risque d'erreur. Le titre de Théotokos, en grec, est la contraction de Marie, Mère du Fils de Dieu. En effet, « elle n'a pas procréé Dieu ni donné vie à Dieu au sens où elle aurait précédé Dieu. » Par ce titre, les évêques ont voulu souligner 2 vérités : 1) le Christ Jésus est Dieu, et 2) il est réellement né d'une femme, comme tout homme, comme l'écrivait déjà Paul aux Galates. Ainsi, on préservait en Jésus l'union de son humanité et de sa divinité. Donc, même si la définition porte sur Marie, celle-ci concernait essentiellement Jésus

Le 1° janvier n'est pas seulement la fête de Marie, c'est aussi la Journée mondiale de la Paix, pour la 45° année. Et je vous invite à lire le Message du St Père qui a pour titre : « Eduquer les jeunes à la justice et à la paix. » Le Pape éduque notre regard : « Avec quelle attitude allons-nous envisager la nouvelle année? Dans le Psaume 130, nous trouvons une très belle image. Le psalmiste dit que l’homme de foi attend le Seigneur « plus que les veilleurs l’aurore » (v. 6), il l’attend avec une ferme espérance, parce qu’il sait qu’elle apportera lumière, miséricorde, salut. Cette attente naît de l’expéri-ence du peuple élu, qui reconnaît que Dieu l’éduque à regarder le monde tel qu’il est en vérité et à ne pas se laisser abattre par les tribulations. Je vous invite à considérer l’année 2012 avec cette attitude confiante. Il est vrai qu’au cours de l’année qui s’achève, le sentiment de frustration suscité par la crise qui frappe la société, le monde du travail et l’économie a augmenté; une crise dont les racines sont avant tout culturelles et anthropologiques. Il semble presque qu’une chape d’obscurité soit venue recouvrir notre temps et ne permette pas de voir avec clarté la lumière du jour.

Dans cette obscurité, le cœur de l’homme ne cesse toutefois d’attendre l’aurore dont parle le psalmiste. Cette attente est particulièrement vive et visible chez les jeunes, et c’est pourquoi ma pensée va vers eux en considérant la contribution qu’ils peuvent et doivent offrir à la société. »

Finalement, choisissons de vivre cette année 2012 avec Marie celle qui croie et espère, en lui demandant qu'elle nous apprenne à mieux connaître et aimer son Fils envoyé par Dieu notre Père, qui nous invite à vivre ensemble dans la justice et la paix.

Nb 6, 22-27 ; Ps 66 ; Ga 4, 4-7 ; Lc 2, 16-21

P. Olivier Joncour

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