Jésus présent en filigrane Homélie 4° dimanche de Carême A (30.03.2014)

Dimanche 30 mars 2014 4° dim Carême A St Pierre St Paul Colombes

24h pour Dieu « J’étais aveugle, maintenant je vois »

Jésus présent en filigrane

Dans notre chemin de carême, nous avançons jour après jour, dimanche après dimanche. Dans ce récit, où il est question d’aveuglement et d’illumination, d'éclaircissement, les pharisiens deviennent de plus en plus aveugles, alors que l’aveugle de naissance devient clairvoyant et croyant parce qu’il a commencé à mettre sa confiance en Jésus, éternel présent, en filigrane.

Les pharisiens deviennent de plus en plus aveugles

http://idata.over-blog.com/1/17/04/62/aigle/pharisiens.jpgAlors qu’ils sont les plus formés et très attachés à la Bible, ils refusent de reconnaître le signe de la guérison de l’aveugle-né : ils doutent que l’homme guéri était l’aveugle. Ils ne veulent pas porter de crédit au témoignage de l’homme guéri, tant au niveau des faits qu’au niveau de ce qu’il dit sur ce Jésus qui l’a guéri. Ils ne voient que les apparences, mais se durcissent et sont de plus en plus aveuglés sur l’auteur d’un tel acte. Ils sont enfermés dans leur savoir et sont incapables de s’ouvrir à la nouveauté de Dieu et de son action au milieu d’eux. Ils enferment le Seigneur à ce qu’ils en ont déjà et seulement compris !

Jésus, éternel présent, en filigrane.

http://www.cursillos.ca/images/jesus-guerit-aveugle.jpgDans ce récit, Jésus est très peu présent : quelques versets au début, dans le geste de la boue qui rappelle la création d’Adam (Gn 2,7), quelques autres, dans le dialogue final avec celui qui devient son disciple. Au début, il dialogue avec l’aveugle et, à la fin, il lui permet de le reconnaître comme le Fils de l’Homme et le Seigneur, ce titre divin donné à Jésus par les disciples après sa résurrection. Pourtant, même si Jésus a disparu de la scène, il n’est en fait que question de lui tout au long de la controverse entre les pharisiens et l’homme guéri : l’homme qu’on appelle Jésus, un prophète, si cet homme ne venait pas de Dieu, il ne pourrait rien faire, ...

L’aveugle devient clairvoyant et croyant

Il est aveugle, mais il n’est pas sourd. Il a très bien entendu ce que Jésus lui a demandé. Il n’est pas muet non plus. Même si sa cécité le mettait à l’écart de la vie sociale, quitte à ne pas être entendu, sa parole, une fois guéri, a toujours du mal à se faire entendre.

Piscine de SiloéCet aveugle guéri est le disciple que Jésus attend que nous soyons. Nous sommes aveugles sur nous-mêmes, par rapport aux autres – ceux que nous ne voulons pas voir – et par rapport à Dieu. Pourtant, au début de cette messe, en ayant été aspergés lorsque nous nous sommes reconnus pécheurs, cette eau qui vient du baptistère est comme celle de la piscine de Siloé. Elle nous permet de mieux nous accepter sous le regard du Seigneur, jusqu’à devenir ses envoyés en racontant ce qu’il a fait pour nous et en le nommant avec différents titres.

Parce que je me sais infiniment et absolument aimé par Dieu, je n’ai plus peur. Je me connais mieux : mes dons et mes talents, et aussi mes limites, mes faiblesses, mes péchés, par rapport aux autres et par rapport à Dieu. Et Dieu sait si c’est important, sinon comment pourrions-nous « regarder vers les autres » ? Sinon, comment « vivre entre nous » si nous ne faisons pas confiance à la parole des autres ou si nous ne pouvons pas leur faire confiance car ils manquent de fiabilité ? A fortiori, comme vous mes amis qui avez été appelés par Mgr Daucourt au début du carême*, il n’est pas toujours facile ni simple de ne pas être compris ou soutenu par ses parents, des proches ou des amis, dans votre démarche.

A tel ou tel moment de notre vie, nous sommes comme l’aveugle, mis à l’écart, à nous faire de fausses idées sur les croyants, sur notre différence. Et un jour, nous avons rencontré Jésus qui nous a ouvert les yeux. Nous avons tous notre piscine de Siloé. Personne ne doit nous voler la joie d’avoir rencontré Jésus, ni d’être guéri et pardonné. Personne ne doit nous voler la joie de pouvoir raconter ce que Jésus a fait pour nous et de témoigner de ce qu’il est pour nous. Mes amis, n’ayez pas peur de déconcerter et déstabiliser vos proches, amis et familles. Ce qui vous est arrivé, ce n’est pas rien, mais c’est une rencontre réelle et personnelle qui, comme dans une rencontre amoureuse, nous fait changer et donner le meilleur de nous.

Nous ne devons pas avoir peur de la confrontation avec ceux qui pensent autrement. Nous devons continuer à défendre l’importance du dialogue qui s’appuie sur le Dieu qui venu entrer en conversation avec les hommes qui le veulent. En effet, c’est dans la confrontation entre les pharisiens et l’homme qui voit maintenant que celui-ci peut raconter ce qui lui est arrivé, en s’en tenant aux faits, avant de pouvoir témoigner de sa foi en Jésus.

Finalement,  avec le Christ Jésus qui est la Lumière du monde et dont la Parole nous éclaire, nous devenons lumière pour éclairer les autres. Nous étions ténèbres ; maintenant, dans le Seigneur, nous sommes devenus lumière. Et pourtant, il y a encore en nous la tentation de nous laisser séduire par les activités des ténèbres. La tentation de ce dimanche serait de croire que je peux me passer de Jésus pour être guéri et pardonné, que je n’ai pas besoin de l’Esprit Saint pour témoigner, que je n’ai pas besoin d’un Dieu Père qui m’aime sans condition.

1 S 16, 1b.6-7.10-13a ; Ps 22 ; Ep 5, 8-14 ; Jn 9, 1.6-9.13-17.34-38

P. Olivier Joncour

*Samedi 29.03 : 2° scrutin des catéchumènes appelés

Dimanche 30.03 : Demande de baptême des enfants du catéchisme

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