Croix et Résurrection Homélie Croix glorieuse (14.09.2014)

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Dimanche 14 septembre 2014 Croix glorieuse St Etienne St Henri Colombes

Croix et Résurrection

Le 14 septembre est le quarantième jour après le 6 août. La fête de la Croix glorieuse est le quarantième jour après la Transfiguration de Jésus sur la montagne, devant Pierre, Jacques et Jean (Mt 17, 1-9).

Descendre et monter ; s’abaisser et être élevé

le songe de Jacob : des anges montent et descendentCela a commencé avec le songe où Jacob a vu des anges monter et descendre sur une échelle qui reliait la terre et le ciel (Gn 28,12). Cela s’est poursuivi avec les montées et les descentes de Moïse sur le Mont Sinaï (cf. Ex). Cela a pris ensuite une tournure spéciale lorsque le Fils de Dieu est descendu habiter notre humanité pour que les hommes montent vivre à hauteur de Dieu. Cela a franchi enfin une cruciale et nouvelle lorsque Jésus, une fois mis au tombeau, est descendu aux enfers chercher tous ceux qui avaient besoin d’être sauvés, avant de remonter vivant, réveillé du sommeil de la mort, puis de monter au Ciel, à la droite de Dieu son Père.

Il suffit de regarder

serpent de bronze« Tous ceux qui auront été mordus qu’ils regardent et ils vivront ! » Moïse fit un serpent de bronze et le dressa au sommet d’un mât. Quand un homme était mordu par un serpent, et qu’il regardait vers le serpent de bronze, il conservait la vie. Dieu a donné l’antidote au venin de la piqure des serpents. Cependant, certains estimeront que c’est trop simple, trop facile. Ce fut la réaction de Naaman, le général syrien lépreux, à qui il fut demandé de se plonger sept fois dans le Jourdain pour être guéri (2 R 5).

Qui n’a jamais entendu le témoignage d’une personne qui, alors qu’elle visitait une église, a été saisie par Jésus lorsqu’elle l’a vu sur la croix? Entré sans opinion, elle est sortie bouleversée, retournée, et a commencé un chemin de foi. Il faudra ensuite tout un parcours pour découvrir qui est ce Messie crucifié et souffrant, qui a été ressuscité par Dieu le Père dans la force de l’Esprit Saint.

Le sens du sacrifice

Au sujet de la croix et de la Passion de Jésus, nous entendons dans la bouche de certains enfants que Jésus s’est sacrifié. Est-ce juste de parler ainsi ?

Dieu n’a pas sacrifié son Fils, au sens où il l’aurait vendu. Dieu ne l’a pas sacrifié au sens de l’envoyer en première ligne pour affronter le mal à sa place, et se faire tuer au combat dans un geste de désespoir, comme s’il ne savait plus quoi faire d’autre. Dieu n’a pas sacrifié, mais Il l’a donné, c’est-à-dire qu’il nous a fait le plus cadeau qu’il ait jamais fait et qu’il ne pourra jamais faire plus ni mieux. Nous ne pouvons pas dire non plus que Jésus s’est sacrifié, au sens misérabiliste du terme. Celui qui s’est donné lui-même à son tour, librement, faisant la volonté de son Père, s’est donné à 100%. Il ne l’a pas fait à moitié. Jésus n’a pas fait semblant de nous aimer. Le Fils a donné sa vie : « Ma vie, nul ne la prend, c’est moi qui la donne. » (Jn 10,18) En aucun cas, le Fils n’a été puni par le Père. Ce n’est donc pas une punition, mais l’amour de Dieu le Père pour son Fils !

Les deux faces d’une même pièce

Jésus et NicodèmeCet extrait de l’Evangile vient à la fin d’un dialogue entre Jésus et Nicodème, un membre du Grand Conseil de Jérusalem. Cela se passe de nuit, de façon cachée, à l’écart, sans témoin (Jn 3,1). Après la mort de Jésus sur la croix, Nicodème a fait partie de ceux qui ont demandé au Grand Conseil le corps de Jésus pour le déposer dans un tombeau (Jn 19, 38-42). C’est dans la nuit que jaillit la lumière de l’amour. C’est de la nuit du monde lors de la mort de Jésus que jaillit la lumière de la résurrection.

Dans le vocabulaire chrétien, une expression dit bien cette réalité de la foi : le mystère pascal. Le chemin de croix devient chemin de vie. Dans cette fête de la croix glorieuse, sont associées deux réalités qui semblent opposées : d’une part, la croix, avec ce qu’elle représente : le supplice, les douleurs, la mort, et d’autre part, la Gloire, c’est-à-dire ce qui appartient en propre à Dieu : la Vie, la Joie, la Puissance d’Amour. Au-delà de la cruauté, de la méchanceté violente et gratuite, la croix n’a pas le dernier mot. La croix n’est pas une impasse sans issue. La croix n’est pas sans reverdir et porter un fuit nouveau.

Dans les moments où nous sommes à bout de force, à bout de courage, où nous râlons comme le peuple qui récriminait dans le désert, que nous sommes dégoûtés, comme disent les jeunes, continuons de nous adresser à Dieu. Etre uni à Jésus, c’est à certains moments accepter d’être cloué à la croix comme certains grands malades ou les martyrs de la foi, pour avoir part à sa résurrection et à sa Vie divine.

Nous voudrions tellement connaître, aimer et annoncer un Jésus sans la croix, un homme sage comme d’autres. Pourtant, nous voyons combien la croix a changé la perception et la compréhension que nous avons de sa vie. Nous ne pouvons pas dire que c’est l’homme qui est mort en croix et que c’est le Fils de Dieu qui a été ressuscité. Il nous faut dire que c’est le Fils de Dieu fait homme qui est mort sur la croix et que c’est l’homme crucifié, l’homme aux cinq plaies, qui a été ressuscité.

Nb 21, 4b-9 ; Ps 77 ; Ph 2, 6-11 ; Jn 3, 13-17

P. Olivier Joncour

Messe de rentrée à St Etienne St Henri

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