La loi de la progression de l'amour Homélie 7° dim TO A (23.02.2014)

7° dim TO A Dimanche 23 février 2014 St Pierre St Paul Colombes

La loi de la progression de l'amour

si on te gifle sur une joue ...Ce dimanche, nous poursuivons notre écoute du premier des cinq discours de Jésus dans l’Evangile de St Matthieu. Dans cet extrait, Jésus commente des articles de la Torah sur la justice entre les personnes : comment agir quand une personne est la victime des agissements et des pratiques d’une autre. Si on est victime d’une personne violente en étant frappé à l’œil, si on nous arrache une dent, si on reçoit une gifle sur une joue, Jésus demande de ne pas ajouter de la violence à la violence, de désarmer la violence par la non-violence et l’amour. A l’un qui a voulu abimer, maltraiter, ou détruire la relation, Jésus demande de tout faire pour la sauvegarder, pour la protéger. Et pour sauvegarder une relation, pour la préserver, cela nécessite d’être deux avant et toujours deux, après. Y compris celui qui s’est fait l’ennemi. Jésus demande de dépasser l’amour du prochain déjà prôné dans le livre du Lévitique, l’amour réciproque de celui qui s’est fait proche de moi, de celui envers qui j’ai une dette d’amour. Si vous aimez ceux qui vous aiment, les publicains n’en font-ils pas autant ? En fait, le principe que Jésus donne implicitement est lui-même, trois ans avant le vendredi saint à Jérusalem. C’est parfois cela passer pour un fou aux yeux du monde, et sage à ceux de Dieu.

Jésus a été giflé lors de sa PassionNous pouvons réentendre le récit de la Passion de Jésus autrement. Lui qui a été trahi et livré par Judas, lui qui a été renié par trois fois par Simon-Pierre, n’a pas maudit ses apôtres. Lui qui aurait pu se défendre en prenant le glaive d’un de ses disciples, il a demandé de le rengainer (Mt 26, 51-52). Lui qui a entendu des faux témoignages et de fausses accusations le concernant, il a gardé le silence. Il se tait. (26, 59b-63a). Lui à qui on a craché au visage, lui que l’on a giflé, lui à qui on a donné des coups (26,67), il s’est laissé faire. Lui qui a été comparé à un bandit, Barrabas, n’a pas dénoncé le simulacre de jugement, ni l’injustice, ni clamé son innocence lorsque Pilate proposa de libérer l’un des deux (27,15-23).

Sur quoi se fonde le respect de la dignité de n’importe quelle personne. Celui qui lit le premier chapitre de la Genèse répond que c’est en raison même qu’il est créé à l’image de Dieu (Gn 1,27). Et c’est déjà une bonne raison. Pour celui qui a lu la première lettre de St Paul aux Corinthiens, on trouve une autre raison : vous êtes le temple de Dieu et l’Esprit de Dieu habite en vous. C’est donc par respect pour cette présence de l’Esprit Saint en cette personne que nous sommes invités à dépasser les apparences pour agir et prendre notre décision. C’est un des arguments sur lequel s’appuie l’Eglise dans sa réflexion pour ce qui concerne toute question concernant le début ou la fin de vie. C’est parfois cela passer pour un fou aux yeux du monde, et sage à ceux de Dieu.

Finalement, les principes énoncés par Jésus ne concernent pas une perfection morale - soyez parfaits - mais une perfection dans la relation, dans l’amour : soyez parfaits comme votre Père céleste est parfait. Nous le savons, c’est impossible uniquement avec notre seule volonté et nos seules forces humaines. Seule la Parole de Dieu qui nous invite à changer et l’Esprit Saint qui demeure en nous peuvent nous ajuster, peuvent nous justifier sur ce que Dieu attend de nous, et nous aider à dépasser notre agir humain, trop humain. Toute une vie est nécessaire pour progresser et avancer jour après jour : c’est la loi de la progression où le Seigneur nous encourage. Aimons, parlons et agissons comme Jésus.

Lv 19, 1-2.17-18 ; Ps 102 ; 1 Co 3, 16-23 ; Mt 5, 38-48

P. Olivier Joncour

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